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Afrique du Sud : FEEFA 2.010, ou comment contourner l'interdiction d'utiliser les marques de la FIFA 2010

Ce jeu a commencé au début de l'année 2009. Le café Eastwood Tavern à Pretoria, en Afrique du Sud, avait mis en place un panneau où l'on pouvait lire “World Cup 2010”, ainsi que des bannières, parmi lesquelles les drapeaux des pays participant à la Coupe et les mots  “deux mille dix Afrique du sud”. La FIFA a réagi en l'accusant d'utilisation abusive de marques déposées et en déposant plainte devant la Haute cour de Pretoria pour enfreinte à la section 15A de la loi sud-africaine sur les marques commerciales. La FIFA a obtenu gain de cause et des dommages et intérêts du café Eastwood Tavern. Le jugement a été motivé par le fait que la publicité empruntait sans autorisation les marques déposées World Cup 2010, South Africa 2010 et Twenty Ten South Africa.

Photo sur www.managingip.com

Zoom sur février 2010. Même jeu, mais avec des joueurs un peu différents. Cette foi, c'est FIFA contre Kulula [en anglais, comme tous les liens], une compagnie aérienne low-cost d'Afrique du sud. La compagnie aérienne, qui n'est pas l'un des sponsors officiels de la Coupe du monde, a fait paraitre une publicité dans un journal local, avec le slogan : “Compagnie aérienne partenaire non officielle de vous-savez-qui”. A nouveau, cela a entrainé le dépôt d'une plainte de la part de la FIFA, qui cette fois-ci trouvait à redire au fait que la publicité pour Kulula présentait comme les siennes des vuvuzelas (en français) et le drapeau national sud-africain.

Le blog World Cup blog a vite choisi son camp :

En premier lieu, est-ce que je m'avance trop si je pense ne pas être le seul à trouver que cette pub est drôle à hurler ? Plutôt que d'essayer de tirer profit de la Coupe du monde d'une façon cheap et détournée, Kulula a fait un gag drôle et futé aux dépens de la FIFA et de sa lourde et sévère politique de copyright et de licences.

Pas découragée le moins du monde, la compagnie aérienne Kulula est allée encore plus loin, avec cette publicité.

"Pas l'année dernière, pas l'année prochaine, mais quelque par entre les deux" (photo sur marklives.co)

Les Sud-africains se régalent à suivre cette bataille à la David et Goliath. Pour Chris Moerdyk :

Cette partie vraiment très amusante de “Je te tire, tu me tires, par la barbichette” entre la FIFA et Kulula est l'illustration de toutes sortes de leçons merveilleuses sur le marketing. La première est que FIFA fait exactement le jeu de Kulula en appliquant de façon si primaire ses règles draconiennes, et ensuite, qu'il y a vraiment deux façons de voir les pratiques déloyales, en matière de marketing.

Il va plus loin :

Ce que le Général Blatter [président de la FIFA] et ses gardes suisses ne semblent pas comprendre, c'est que plus ils s'indignent et grommellent, plus ils font de la publicité, et plus la compagnie Kulula est contente.  Là, en ce moment, Kulula a remporté le premier prix de la publicité. Elle a attiré l'attention de tout le monde. Et on me dit qu'elle vend des sièges d'avion grâce à cette affaire.

Le jeu ne s'est pas arrêté là. Soccerway.com a annoncé le 11 mai 2010 :

De nombreux Sud-africains ont exprimé leur irritation envers les règles que la FIFA impose au pays qui accueille la Coupe du monde, ils se sentent floués de leur Coupe, qui commence le 11 juin. L'institution mondiale du foot a déposé plus de 451 plaintes pour utilisation abusive de marques et logos déposés, pour protéger les intérêts de ses partenaires officiels qui ont dépensé des fortunes pour avoir l'exclusivité de l'utilisation de ces marques déposées.

Il aborde un autre problème :

“Toutes les publicités visuelles, dans certaines zones urbaines, sont globalement interdites, à moins d'avoir une autorisation spéciale de la mairie. C'est une règlementation autoritaire et à application extrêmement large,” selon l'avocat en droit constitutionnel Pierre de Vos.

“Si les règles sont appliquée sévèrement, il va y avoir des problèmes d'atteinte au droit à la liberté d'expression,” a-t-il dit. “Ces restrictions sont vraiment draconiennes.”

“Il y a des restrictions extrêmement contraignantes sur le commerce, pas seulement aux abords immédiat du stade, mais également aux alentours, dans les parcs et les lieux de rassemblement des fans, qui me semblent assez excessives.”

“Beaucoup de ces règles ont été fixées pour protéger les intérêts commerciaux de la FIFA. Cela n'a rien a voir avoir une bonne organisation de la Coupe du monde.”

Et pour finir, il y a les résistants, comme hayibo, qui appelle avec emphase les Sud-africains à

Rejoindre la résistance, pour rappeler à un certain Suisse mégalo-maniaque que l'Afrique du sud est un pays libre.

avec la mise en vente d'un T-shirt :

www.hayibo.com

On ne sait pas à ce jour qui va gagner ce jeu, mais  DR4AWARD résume, sur Twitter :

Vous n'êtes pas partenaire officiel de la FIFA ? Vous risquez d'écoper de la version commerciale d'un carton rouge en football.

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