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Egypte : l'information passe, malgré la coupure d'Internet

Ce billet fait partie de notre dossier sur l’ Egypte.

[Liens en anglais ou en français] Hier jeudi 27 janvier, les autorités égyptienne ont coupé l'accès à Internet et ordonné la suspension des réseaux de téléphonie mobile, pour se préparer aux manifestations d'aujourd'hui vendredi. La coupure a sérieusement réduit le flux d'informations reçues à travers ces canaux de communication. Les quatre principaux fournisseurs d'accès ne fonctionnent pas au moment de la publication. Seule les salles de marchés de la bourse égyptienne ont une connexion à Internet. Les communications par Blackberry fonctionnent par intermittence, et la plupart des téléphones portables sont déconnectés.

Les spécialistes de la censure sur Internet rappellent aussi aux Égyptiens que Internet tout comme les téléphones mobiles sont surveillés pour pister  les utilisateurs, et que prendre des mesures de sécurité est de la plus grande importance. Eva Galperin, de l'Electronic Fronteer Foundation, dans un billet republié sur notre site Global Voices Advocacy, rappelle :

Il est absolument essentiel que les manifestants égyptiens prennent des précautions quand ils communiquent en ligne. Rappelons que les médias sociaux ont porté la voix  des militants, qui peut être entendue en dehors de l'Égypte, mais ils doivent aussi se souvenir que le gouvernement égyptien peut se servir des mêmes outils pour les identifier et engager des poursuites contre eux.

Malgré cela,  des témoins continuent à utiliser les médias numériques pour faire passer leurs messages à l'étranger. Des activistes ont trouvé des moyens de contourner le black-out.

Tout autour du monde, ceux qui suivent les événements en Egypte se rabattent sur la radio, la télévision, et la presse. En Egypte, les Égyptiens appellent depuis les lignes de téléphone fixes leurs collègues, amis et parents à l'étranger, qui transmettent ensuite leurs messages en leur nom, ou utilisent les lignes fixes pour se connecter à des services d'accès à Internet via des modem 56k en dehors d'Égypte.

Nora Shalaby, par exemple, explique :

Je tweete au nom de ma sœur, depuis les États-Unis ! 2 personnes vues en train de verser de l'essence sur des voitures, au centre du Caire, auj., avec des policiers non loin ..#jan25

Jan25 Voices, (@Jan25voices) a mis en place un flux créé spécifiquement pour contourner le blocage d'Internet. Ils ont commencé à publier des messages le 28 janvier, et ont vite réuni plus de 700 abonnés. Leur message d'accueil annonce :

Nous utilisons les communications par téléphones et d'autres moyens pour communiquer avec les Égyptiens derrière l'Internet bloqué, et nous tweetons leurs mots en temps réel. contact : jan25voices(at)gmail.com

Ils tentent de citer la source de chaque message. Un message parmi d'autres :

Appel téléphone direct : une information non confirmée de quelqu'un à Suez qui dit qu'un bulldozer a été utilisé contre un commissariat.  #jan25 #jan28 #Egypt

Beaucoup d'autres se nourrissent des images de la chaine Al Jazeera en anglais, qui diffuse des images en continu, même si leurs images sont brouillées en Egypte. CNN a diffusé en continu les images de la chaine d'état égyptienne. Voici une capture d'écran d'un reportage :

Des manifestants s'interrompent pour prier. Capture d'écran d'un reportage de Al Jazeera en anglais,28 janvier, 2010

Al Jazeera a annoncé durant une émission en direct qu'on tente de réduire au silence les médias, que leurs reporters, ainsi que d'autres journalistes de médias égyptiens ou étrangers, ont reçu des avertissements,  qu'ils risquent d'être fermés.

Les correspondants étrangers et les journalistes ayant accès à d'autres moyens de communiquer continuent à se connecter et utilisent leur bureaux à l'étranger comme relais.

Par certains aspects, la façon dont les Égyptiens utilisent Internet et les téléphones mobile est à l'exact opposé de celle observée durant les manifestations en Iran en juin 2009. Dans le cas présent, les médias ont continué à diffuser, au moins pour leur audience à l'extérieur de l'Égypte, mais les médias en réseau ont été considérablement réduits. Malgré le black-out d'internet, la nature en réseau de la société égyptienne permet aux Égyptiens de rester en contact et fait de cette coupure d'Internet une sanction réactionnelle. Les manifestations suivront maintenant leur propre dynamique.

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