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Bangladesh : Le projet d'aéroport international se heurte à une controverse environnementale

Ceci est le premier volet d'une série en deux parties sur le débat dans la blogosphère bangladaise sur les manifestations contre le projet d'aéroport international au Arial Beel, un vaste marais en-dessous du niveau de la mer au milieu du Bangladesh.

[Liens en anglais sauf mention contraire] En août 2010, le gouvernement du Bangladesh appuyait un ambitieux projet d'infrastructure, à savoir la construction d'un nouvel aéroport international, moderne et de classe mondiale. Il s'agissait d'une entreprise de partenariat public-privé (PPP) [en français], le coût initial du projet était estimé à 500 milliards de takas [environ 6 milliards d'euros]. Le terrain requis pour le projet était estimé d'environ 3 000 hectares.

Un beel dans le district de Tangail. Image de P. K. Niyogi. Avec l'aimable autorisation de Wikimedia.

Initialement, trois sites possibles furent explorés – deux à Madhupur dans le district de Tangail et un à Trishal dans le district de Mymensingh — Trishal apparaissant comme le choix favori. Cependant, en réalisant qu'à Trishal il aurait la tâche de déplacer un large nombre de personnes, le gouvernement, craignant une résistance, changea d'avis et sans mener aucune sorte d'étude de faisabilité ou d'estimation de l'impact sur l'environnement, désigna comme lieu sélectionné le vaste marais en-dessous du niveau de la mer, le Aria Beel (actuellement le 3e plus large beel [en français] du Bangladesh qui s'étend sur des parties de Sreenagar du district de Munshiganj, et Dohar et Nawabganj du district de Dhaka) situé 6 km au sud de la ville de Dhaka. De façon intéressante, le projet proposé avait depuis pris de l'ampleur pour inclure également une ville satellite, portant le terrain requis des 3 000 hectares du début à 12 500 hectares. (Voir quelques images du Arial Beel de Lonely Traveler).

La polémique

A peine le projet annoncé, de vifs débats surgirent parmi les habitants de ces localités. Beaucoup craignaient d'être déplacés et opposèrent une ferme résistance à la décision du gouvernement et à sa volonté de sacrifier les marais dans sa quête pour construire un aéroport flambant neuf et sa ville. Des militants écologistes firent remarquer que la décision de faire disparaître les marais aurait un sérieux impact à la fois sur l'environnement et sur les moyens d'existence des populations locales vivant dans la zone du beel. Il y eut des inquiétudes sur le fait que le gouvernement avait arrêté sa décision sur le lieu en se basant sur des registres des terrains vieux de plus de 100 ans, sans prendre en compte: a) les changements intervenus au cours du temps en termes d'habitations, d'utilisation des terres et la superficie globale du pays et b) le rôle critique joué par les marais dans le réapprovisionnement des eaux souterraines.

Cependant, d'autres saluèrent l'initiative, espérant que le projet marque le début d'opportunités dans le secteur de l'emploi et d'un développement global dans la zone concernée. Hormis pour les résidents locaux, il y eut aussi de l'enthousiasme pour le projet [en bengali] parmi une partie des Bangladais non résidents. Après tout, le projet promettait un aéroport et une ville de classe mondiale, une plaque tournante des technologies de l'information, un centre textile et beaucoup d'autres initiatives et une nouvelle autoroute ainsi qu'un nouveau système monorail qui connecteraient l'aéroport à la ville de Dhaka. Le ministre du développement urbain, M. Abdul Mannan Khan a déclaré [en bengali] qu'une fois que le projet serait bien avancé, les actuels propriétaires légaux des terrains obtiendraient 5 à 10 kathas [335 à 670 m²] de terres dans la zone du projet, qui vaudraient alors autant qu'une mine de diamants – bien plus que sa valeur actuelle. Il a déclaré que les gens ne pouvaient même pas imaginer combien leur niveau de vie serait métamorphosé une fois le projet matérialisé.

Manifestations contre le projet d'aéroport international au Arial Beel. Image publiée avec l'aimable autorisation de www.move4world.com. Cliquez dessus pour en apprendre plus.

Les deux groupes (pour et contre le projet présenté pour Aria Beel) commencèrent à s'organiser [en bengali]. Bientôt cependant, le problème se politisa, avec le premier parti de l'opposition, le BNP [en français], se joignant aux manifestants et élevant le niveau des protestations et de l'agitation pour contrecarrer l'acquisition du terrain choisi. Bientôt les troubles se répandirent et quand le gouvernement essaya d'utiliser les forces de police pour contrôler les manifestations, la violence éclata dans la zone, tuant un policier et faisant plus de 100 blessés.

Le débat en ligne

Le débat ‘protection contre acquisition du terrain’ s'est rapidement étendu en ligne et a alimenté la blogosphère. Les blogueurs ont réagi sur différents points liés à la question.

Pour ceux s'OPPOSANT au projet, leurs arguments comportaient principalement deux volets: a) l'importance écologique de préserver le Arial Beel et b) se demander si un nouvel aéroport est en effet nécessaire en ce moment. Dans ce billet, nous examinons les arguments écologiques avancés par les blogueurs en exprimant leur opposition au projet.

Arial Beel – Un écosystème critique qui maintient la biodiversité & les moyens d'existence

A la Conférence Internationale des Communes à l'IASC 2011 à Hyderabad, en Inde, les communautés sont venues ensemble réaffirmer l'importance de conserver et protéger les ressources en eau du monde. Leurs inquiétudes se réflétaient parmi les blogueurs bangladais qui ont présenté de forts arguments pour protéger le Aria Beel.

A.B.M Mohsin de Amarblog écrit [en bengali]:

এমনিতেই জলবায়ুর বিরূপ প্রভাব আর মানুষের অপরিকল্পিত বাঁধ এদেশের জলাভূমিকে ধ্বংসের কিনারে নিয়ে এসেছে। এর সাথে যদি এমন অযাচিত অধিগ্রহণের মত ঘটনা চলতে থাকে তবে জীববৈচিত্র্যে ভরপুর আর ছোট মাছের প্রাকৃতিক প্রজননভূমি এই আড়িয়াল বিলের মত ধীরে ধীরে সব জলজসম্পদ ধ্বংস হয়ে যাবে।

Vu la situation, le changement climatique et la construction mal organisée de large réservoirs ont mené nos eaux de surface et nos marais au bord de l'extinction. En plus de cela si des exemples d'une telle acquisition de terres injustifiée continuent, alors les marais tels que le Aria Beel, qui est riche en biodiversité et qui est le vivier de variétés de petits poissons, seront perdus pour toujours.

Dans une lettre ouverte au premier ministre Sheikh Hasina [en français], le blogueur Tanvir Rabbani de Sachalayatan, fait remarquer [en bengali]:

মাননীয় প্রধান মন্ত্রী…আপনার পরিকল্পনা কমিটির কেউ কি জানেন না যে বিলটি প্রতিবছর বন্যায় ১৫-২৫ ফুট পানিতে তলিয়ে যায় এবং এই এলাকার মাটিতে পিট কয়লার গভীর স্তর আছে যা বিমান বন্দর সহ যেকোন ভারী স্থাপনার জন্যেই হুমকিস্বরুপ?

[…]মাননীয় প্রধান মন্ত্রী, আপনি হয়ত জানেন তবু আরেকবার বলি; আপনাদের অধিগ্রহন করতে চাওয়া আড়িয়াল বিলের ২৫,০০০ একর জমি থেকে বর্তমানে ৪০,০০০ মেট্রিক টন ধান (প্রায়),১০,০০০ মেট্রিক রবিশস্য (প্রায়) , ৭০০ মেট্রক টন মাছ (প্রায়) উৎপাদিত হয় এবং এই জমি অধিগ্রহন করলে স্থানীয় বেকারত্বের সংখ্যা দাঁড়াবে ১১ লক্ষ।জমি অধিগ্রহনের পর কিভাবে পূরন করবেন এই খাদ্যশষ্যের ঘাটতি? তার চেয়ে বড়কথা কোথায় যাবে এই মানুষগুলো?কি হবে তাদের বাসস্থান,জীবিকা কিংবা স্বপ্নের? জানি আপনারা জানেননা, আর জানেনা বলেই তারা আজ পথে নেমে এসেছে।প্রতিরোধের দেয়াল বানিয়ে সেখানে রক্তের ছোপে লিখে দিয়েছে “আড়িয়াল বিল শাসকের নয়, এই বিল বিলমানুষদের”।

Cher premier ministre… les membres de votre comité organisateur ne savent-ils pas que chaque année au cours des moussons importantes le beel est inondé et submergé sous 4,5 à 7,5m d'eau et que dans cette région il y a une tourbière sous la surface qui s'avèrera être un grand danger pour n'importe quelle lourde structure hors-sol tel qu'un aéroport? […] Cher premier ministre, peut-être que vous en êtes déjà consciente mais laissez-moi le répéter, les 12 500 hectares du Arial Beel que vous proposez de reprendre, produisent environ 40 000 tonnes de riz, environ 10 000 tonnes de récoltes printannières, environ 700 tonnes de poissons et après la reprise le nombre de sans-emploi locaux augmentera jusqu'à atteindre environ 11 lakhs [1 100 000]. Comment ferez-vous pour combler ce déficit alimentaire? Plus important, où iront ces gens? Que sera le futur de leurs abris, de leurs moyens d'existence et de leurs rêves? Je sais que vous n'y avez pas accordé une pensée et que vous n'avez pas de réponse et c'est pourquoi ces gens sont sur les routes aujourd'hui, protestant, créant un mur de résistance et écrivant avec leur sang que le Arial Beel appartient aux communautés locales et non aux dirigeants”

Sur son blog Somewherein, le blogueur Roder Chele se demande comment le gouvernement pourrait outrepasser sa propre Politique Nationale de l'Eau qui impose des lois de conservation spécifiques restreignant le comblement de masses d'eau naturelles telles que le Arial Beel. Faisant remarquer (à travers des photos) la différence de classe entre les gens faisant campagne pour et contre le Beel, le blogueur conclut que les gens ordinaires et locaux rejettent tous le projet alors qu'une partie des élites en faisaient la promotion. Il écrit [en bengali]:

আড়িয়াল বিল হচ্ছে বাংলাদেশে পরিকল্পিত চাষাবাদের অন্যতম বিল। এখানে সেচের সমস্যা নেই। পুরো বিলে আছে পর্যাপ্ত ডেঙ্গা (বড় পুকুর)। যেখানে মাছ এবং ফসলের চাষে পানির যোগান হয় সমান তালে। মাটির যে উৎপাদন উত্তেজনা, কৃষকের শৃঙ্গারে তার ষোলআনা উসুল হয় এখানে। আড়িয়াল বিলের চেহারা আর বাংলাদেশের চেহারা একই রকম। আমরা সবুজের আধুনিকায়ন লাল দিয়ে করতে চাই না। সবুজ আরো সবুজ হবে, বিস্তৃত সবুজ। মাটির গায়ে মার্বেল পাথর দিয়ে আমাদের মাটিসভ্যতা ধর্ষন করতে চাই না। এ মাটি পরিত্যক্ত নয়, এ মাটি অহেতুক নয়। এ মাটিতে ফসল এবং শ্রমের যে সংগম, তা অভূতপূর্ব।

Le Arial Beel est une bénédiction pour l'agriculture. Il n'y a pas de manque d'eau pour l'irrigation ici. Le beel entier a beaucoup de larges plans d'eau qui fournissent de l'eau aux champs toute l'année. L'excitation d'une bonne récolte est toujours visible parmi les paysans ici. Le Arial Beel est un symbole du Bangladesh agraire. Nous ne voulons pas un développement qui convertit nos terres vertes en terres rouges. Nous voulons plus de terres vertes (agriculture, renaissance de ressources naturelles abondantes). Nous ne voulons pas cacher notre Terre avec des plaques de marbre. Ce n'est pas une terre en friche. Ce n'est pas une terre vide. Sur cette terre il y a un rassemblement sans précédent d'efforts et de récoltes riches, de moyens d'existence durables.

Beaucoup d'autres blogueurs discutent aussi de comment le gouvernement pourrait annihiler sa propre Politique Nationale de l'Eau, faisant remarquer que cela montre qu'il n'est pas sérieux à propos de la conservation et de la protection [de l'environnement].

Ce billet se conclut dans une autre partie. Pour en lire plus sur le débat en ligne ‘Aéroport contre Arial Beel’, préparez-vous pour la deuxième partie, qui viendra bientôt.

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