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Myanmar (Birmanie) : Après le tremblement de terre, récits de sauveteurs

Après le séisme de magnitude 6,8 qui a secoué jeudi l'Etat Shan au nord du Myanmar (Birmanie), selon une information de la télévision publique le nombre de morts est passé à 74, et celui des blessés dépasse la centaine [en anglais].

D'après des informations plus récentes [en birman] de Weekly Eleven, plusieurs répliques ont été enregistrées dans le nord de l'Etat Shan, semant l'effroi parmi les habitants. Un villageois de Oak Kyin indiquait le 26 mars vers minuit :

Il y a eu un nouveau tremblement de terre la nuit dernière et aussi un ce matin. Je n'ose plus rester dans ma maison. Les secousses se sentent davantage parce que ma maison n'a pas de fondations. On ne peut rien prédire car c'est un événement de la nature. Je laisse décider le destin.

Les habitants ont aussi dit que du fait du séisme, le nombre de morts à Tarchileik, Tarle, et dans les villages de Nar Yaung, Mine Lin et Mine Koe est évalué à une centaine, le plus grand nombre de victimes étant à Mine Lin.

Dégâts après le tremblement de terre au Myanmar. Photo du blog de akm-kunta

Dans le même article de Weekly Eleven, un sauveteur décrit la situation à Tarle :

Les blessés ont été dirigés sur les hôpitaux de Tarchileik et Mine Phyat. Les équipes de sauveteurs de Tarchileik et Kyaing Tong ont basé leurs camps à Tarle. Je peux dire que la situation s'est un petit peu calmée. Les reconstructions ont commencé. Des camps de réhabilitation ont ouvert dans les villages de Tarle et Nar Yaung.

Un sauveteur qui s'est rendu à Tarle, une des zones les plus durement touchées, a été interviewé par The Irrawaddy [en birman]:

Je suis arrivé à Tarle vers 10 heures du matin. La plupart des bâtiments de 3 étages au bord de la route n'en ont plus que 2. Beaucoup de constructions de 2 étages se sont également écroulées. Les monastères étaient aussi au nombre des bâtiments effondrés. Certains bâtiments ont plus de 20 ans, ce qui a aggravé les choses.

Non seulement les habitants de Tarle, mais aussi ceux de Tarchileik ont dû dormir sur les tarmacs. A mon arrivée à Tarle, j'ai vu des gens déblayer eux-même leurs maisons. Certains pleuraient devant les maisons de membres de leur famille. J'en ai aussi vu pleurer la perte de parents. Je ne pouvais rien leur demander. Je devrais dire que certains avaient de la chance d'être vivants.

Les autorités n'ont encore rien fait. Certains ont été envoyés dans les hôpitaux. Mais je ne suis pas allé à l'hôpital alors je ne sais pas ce qui s'y passe. Ce que j'ai vu, c'est qu'il y a une soixantaine de morts à Tachileik. Il y en a eu entre 20 et 30 ici (à Tarle). Le nombre de morts serait de plus que cela.

J'ai donné un peu de produits, des nouilles instantanées et de l'eau. J'ai donné ça entièrement aux responsables locaux. Je ne sais pas ce qu'ils en feront. Ils ont ouvert des abris provisoires. Ceux qui ont de la famille partent habiter chez elle.

A présent, la grande route a été fermée provisoirement. Ils ont dit qu'il y aura des réparations.

Un autre sauveteur de Tarchileik a raconté [en birman] :

Le séisme s'est produit le 24 mars à 20h25. Quelques heures après, des responsables de Tarchileik sont venus et m'ont demandé d'être volontaire et je suis allé avec eux. Je suis arrivé à Tarle à minuit.

Sur la route de Tarle, il y a un grand pont. Arrivés à cet endroit, notre voiture ne peut plus aller plus loin. Nous avons donc dû traverser le pont à pied et continuer vers Tarle. La route à la jonction du pont était descendue d'environ 1,60 mètres. Il y avait énormément de destruction. A certaines maisons, on ne voyait plus que le toit et toute la maison était engloutie dans le sol.

Ce que je devais faire là, c'était envoyer les blessés à l'hôpital de Tarchileik. Il y a un hôpital à Tarle, mais qui s'est aussi écroulé. Alors, il fallait d'abord installer les patients dans la cour vide devant l'hôpital et les soigner, après quoi ils étaient transportés en civière jusqu'à la voiture de l'autre côté du pont. C'est à environ 15 minutes de marche.

Quand nous arrivons de l'autre côté du pont, nous ne pouvons pas immédiatement envoyer les patients à l'hôpital. Comme nous n'avions pas beaucoup de civières disponibles, il fallait rapporter celle-ci à l'hôpital et transporter un autre patient. Il n'y avait pas assez de voitures, nous ne pouvions donc pas transporter un seul malade à l'hôpital de Tarchileik avec une seule voiture. C'est pourquoi le patient amené le premier à la voiture devait attendre l'arrivée des suivants.

Autre chose, nous devions attendre l'autorisation de départ de nombreux échelons de fonctionnaires pour que la voiture puisse partir pour l'hôpital. Ce qui fait perdre beaucoup de temps précieux. Dans la voiture que je devais conduire, un patient est mort quand nous étions presque arrivés à l'hôpital de Tarchileik. Des gens qui avaient survécu au tremblement de terre sont morts inutilement, parce qu'ils nont pas été soignés à temps de leurs blessures. Cela m'attriste profondément.

U Win Swe, le président de la Société Géologique du Myanmar, a déclaré à Weekly Eleven [en birman] :

Dans le passé, de violents séismes se sont produits dans des zones de l'Etat Shan, mais cela fait longtemps. Les tremblements de terre se reproduisent habituellement dans les zones précédemment frappées. C'était juste une question de fréquence. Dans les zones de la ligne de faille, il y a une tendance aux répliques après un fort séisme.

Il a aussi mis en garde qu'en raison de la poussée continue de la plaque indienne contre l'Asie, le Myanmar devrait rester en alerte sismique à l'avenir.

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