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Sao Tomé et Principe : Préserver la diversité culturelle

La célébration du 36e anniversaire de l'indépendance de Sao Tomé et Principe le 12 juillet a donné lieu à des manifestations culturelles et traditionnelles dans tout le pays. Ces manifestation reflètent les cinq siècles de domination coloniale de Sao Tomé, au cours de laquelle de nombreux travailleurs s'y sont installés pour travailler dans la production de sucre, de cacao et de café. Par ailleurs, ayant joué le rôle de “point de transit pour les navires engagés dans le commerce des esclaves entre l'Occident et l'Afrique continentale”, les influences étrangères dans les traditions locales persistent à ce jour.

Bien que la présence de Sao Tomé en ligne soit encore assez faible, le blog Património de São Tomé (Patrimoine de Sao Tomé), créé en 2008 et qui a publié pendant seulement une année scolaire dans le cadre d'un travail sur le patrimoine historique pour un programme sur le tourisme, a joué un rôle très important pour illustrer des traditions particulières au pays. La coordinatrice de la classe, l'enseignante Marta Gomes, a expliqué [en portugais] :
São Tomé e Príncipe constitui um centro de congregação de vários povos. Como resultado desta mistura, temos a assimilação de várias tradições, costumes e culturas trazidas essencialmente pelas pessoas que vieram trabalhar nas ilhas a título de trabalho contratado.
Sao Tomé et Principe a été un centre de rencontre et de mélange de divers peuples. En conséquence, nous avons assimilé différentes traditions, coutumes et cultures apportées essentiellement par des gens qui sont venus travailler sous contrat sur les îles .

Tchiloli by Grupo Forrmiguinha da Boa Morte - São Tomé, August    2009. Video by Alexandra Dumas on YouTube.

Tchiloli du Grupo Formiguinha da Boa Morte, São Tomé, Août 2009. Vidéo d'Alexandre Dumas sur YouTube.

Un port d'entrée pour des influences culturelles

Sao Tomé a inspiré de nombreux artistes étrangers et des créations liées à la diaspora lusophone. Tel est le cas de la célèbre chanson de la Capverdienne Cesaria Evora avec la chanson Sodade (Nostalgie) et l'évocation de la famine  de 1947 au Cap Vert (Fome 47 par Simentera), qui a conduit l'administration coloniale portugaise à transférer des centaines de personnes à Sao Tomé. Mais les colons ne sont pas venus à Sao Tomé en provenance seulement de pays de langue portugaise. Les relations internationales avec de nombreux coins du monde sont devenus partie intégrante de la culture santoméenne elle-même.

Un des exemples les plus originaux d'influences étrangères dans le pays – qui conduit certains à soutenir [en italien] qu'il est le plus important – est appelé Tchiloli. L'origine de son auteur [portugais] et comment il a été introduit [portugais] à Sao Tomé est incertaine: “Est-il venu de France, en passant par l'Espagne, et peut-être par le Portugal”, ou bien a-t-il été écrit par un poète portugais aveugle de l'île de Madère, appelé Baltazar Dias ou même est-il arrivé du Brésil, les opinions divergent. Ce qui est sûr , c'est que Tchiloli :

est effectué par des hommes éminents de certains quartiers de l'île (…). Les rôles principaux sont transmis de génération en génération. Vêtus de vêtements européens (principalement des costumes de femmes ) et portant des masques, des acteurs de sexe masculin récitent des récits de la Renaissance avec musique et danse, en transformant ce spectacle en une manifestation culturelle extravagante du patrimoine de l'héritage africain et européen.

Il existe des collections de vidéos et de photos disponibles en ligne, ainsi qu'un documentaire datant de 1988. Dans cette  interview intitulée “Les masques et les mythes” par Mar Filmes (avec sous-titres anglais), l'un des acteurs explique ce qu'il faut pour faire partie du casting de Tchiloli :

Danço Congo (Je danse Congo), également connu comme la Danse du capitaine, est aussi l'une des grandes traditions culturelles et a été introduit à Sao Tomé et Principe depuis le Congo par des travailleurs à l'époque coloniale. Il est bien décrit [portugais] par la danseuse et chercheuse angolaise Miriam Machado comme une “frénétique, colorée, spectaculaire, danse théâtrale avec une forte – presque violente – chorégraphie”, qui peut être vue dans une vidéo réalisée par Alexandre Dumas sur YouTube.

Danco Congo, on the blog Patrimonio de Sao Tome
Danco Congo, photo du blog Patrimonio de Sao Tome

Danço Congo est souvent exécuté lors des célébrations de la fête de l'indépendance, et Miriam nous en raconte un aspect intéressant :

O Danço Congo foi proibido na época colonial porque as autoridades alegavam que o seu ritmo frenético extenuava os dançarinos, diminuindo o seu rendimento no trabalho.

Danço Congo était interdite pendant la période coloniale parce que les autorités soutenaient que son rythme frénétique fatiguait les danseurs  et réduisait leur rendement au travail.
Une autre version complète de son histoire [en portugais] est publiée sur le blog Patrimonio de Sao Tome, celle du Président de l'association culturelle Danço Congo Mine-Carocel de Almeirim, Libiano Frota, qui regrette que la tradition soit entrain de “disparaitre” à cause du manque de soutien de la part des autorités culturelles mais pas seulement:

se eu morresse agora, o Danço de Congo morreria no mesmo instante, isto porque os jovens só querem saber de jaca, safu, mangas, cartas e futebol, nada de Danço de Congo.

Si je mourais maintenant, Danço Congo disparaitrait exactement au même moment, comme la jeunesse s'intéresse seulement aux jaca, safu, mangos, cartes et football – pas au Danço Congo.

Un appel pour préserver la culture

Dans un billet sur le blog de Spirito Santo décrivant Danço Congo comme une forme d'expression culturelle “d'une incroyable résistance”, Helder D'ava, un citoyen de Sao Tome et Principe (STP) commente [portugais] :

É pena que em S.T.P.(terra minha), tanto por parte das autoridades como das comunidades locais, estas actuações não são reconhecidas os seus potenciais valores, o que vem resultando no seu desaparecimento a cada dia que passa.

C'est une honte qu'à STP (ma terre), tant les autorités que les collectivités locales ne reconnaissent pas ces danses pour leur valeur potentielle, ce qui entraîne leur disparition à la longue.
Danço Congo, a screenshot of Alxandra Dumas video taken from the    blog Spirito Santo
Danço Congo, arrêt sur image d'une vidéo d'Alxandra Dumas, sur le blog Spirito Santo

Les étudiants du cours sur le patrimoine historique suggèrent [portugais] certaines solutions pour “préserver l'histoire de Sao Tomé pour que les générations futures aient un héritage méritant le respect et l'appréciation” :

os escritores deviam dedicarem-se mais à escrita da história (…) de todas as manifestações culturais;

a televisão São-tomense devia ter um espaço aberto para expor estas manifestações culturais;

o Estado devia actuar de forma mais activa e directa para a promoção destes grupos culturais.

Apelamos, também, à população em geral a respeitar os saberes e as tradições ancestrais como parte do património colectivo de uma nação, lançando campanhas de educação patrimonial, consciencializando as pessoas a valorizarem as suas tradições e o respeito pela diversidade cultural.

les écrivains doivent se consacrer davantage à l'écriture de l'histoire (…) de tous les spectacles culturels ;

La télévision de Sao Tomé devrait avoir un espace ouvert à l'expression de ces cultures ;

l'État doit agir plus activement et plus directement pour la promotion de ces groupes culturels.

Nous invitons également le grand public au respect des connaissances et des traditions ancestrales comme faisant partie du patrimoine collectif d'une nation en lançant des campagnes d'éducation sur le patrimoine pour sensibiliser les gens à la valeur des traditions et [favoriser] le respect de la culture, pour une plus grande diversité culturelle.

Ce billet a été révisédans sa version anglaise par Janet Gunter.

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