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Pakistan : Les sinistrés oubliés des nouvelles inondations

En 2010, des inondations [en anglais] ont touché le Pakistan, entraînant le déplacement de millions d'habitants et endommageant l'économie nationale. Elles ont ravagé les provinces de Khyber Pakhtunkhwa, Punjab et Sind, et causé la mort de plusieurs centaines de personnes. Malgré les nombreuses promesses du gouvernement, aucune mesure pratique n'a été prise pour prévenir des futures inondations. Résultat de cette négligence : des inondations dévastent à nouveau le pays cette année.

Contrairement à l'année passée, le cœur du sinistre se situe cette année dans la province du Sind [en anglais], où les eaux torrentielles ont rasé plusieurs villages et entrainé le déplacement de millions de sinistrés. L’Asian Human Rights Commission estime que les dommages liés à la perte des récoltes s'élèvent à 5,6 milliards de roupies. Sur les 23 districts du Sind, 22 ont été directement ou indirectement touchés par le déluge.

 

Aerial view of Shahdadpur, which has been inundated by widespread flooding. Image by Rajput Yasir, copyright Demotix (18/9/2011).

Vue aérienne de Shahdadpur, ville touchée par l'inondation. Photo de Rajput Yasir, copyright Demotix (18/9/2011).

Déplorant le manque d'efficacité du gouvernement à gérer la situation, l'Asian Human Rights Commission déclare :

Ce n'est que maintenant que le gouvernement examine l'état des digues et des levées, alors qu'elles arrivent à peine à retenir les flux torrentiels. En attendant, des centaines de milliers de personnes se retrouvent prisonnières à cause des routes coupées. Les femmes et les enfant sont les premières victimes du manque d'eau potable, de lait et de nourriture. Comme lors de la dernière catastrophe, le gouvernement met assez longtemps à réagir à cause de l'absence d'un véritable système d'aide et de secours.

Comme l'année passée, un certain nombre d'initiatives ont été lancées afin d'aider les victimes. L'une a été créée par Faisal Kapadia et Dr Awab Alvi, deux activistes, blogueurs qui font partie des auteurs de  Global Voices.

Sur son blog, Faisal décrit les objectifs [en anglais] de leur initiative :

Notre but initial est de leur fournir des repas chauds pour les quinze prochains jours, afin de leur faciliter le retour à la vie normale une fois les inondations terminées.

A man with his children under the water moving towards a safe place. Image by Rajput Yasir, copyright Demotix (16/9/2011).

Un homme avec ses enfants, bravant les eaux pour se diriger vers un endroit plus sûr. Photo de Rajput Yasir, copyright Demotix (16/9/2011).

Faisal commente les conséquences de cette catastrophe :

De larges étendues de terre de chaque côté de la route étaient complètement noyées sous les eaux. J'ai participé aux opérations de secours durant les inondations depuis 2010, et je dois avouer que je n'avais jamais vu autant d'eau de ma vie. L'inondation est tellement forte qu'à certains endroits, il est même impossible de voir le sol. En fait, j'avais l'impression de rouler au milieu de la mer, c'était à la fois terrifiant et affligeant.

Beena Sarwar, une journaliste et activiste pakistanaise estimée, compile les initiatives de secours, qu'elle publie ensuite sur son blog [en anglais]. Les associations qu'elle met en avant comprennent la Pakistan Medical Association, l’Indus Foundation Trust, et IRC. Un de ses articles publiés récemment nous informe de la situation à Khairpur, une région du Sind.

Il n'y a aucune infrastructure médicale, ni du gouvernement, ni des ONG.

Diverses maladies commencent à se manifester, comme la grippe, la gastro-enterite, la malaria et des maladies cutanées.

Des gens boivent de l'eau stagnante et demandent à avoir de l'eau potable.

Des toilettes provisoires n'ont pas encore été installées, et les toilettes des écoles sont insuffisantes et inutilisables.

L'un des problèmes majeurs reste celui de la protection des plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.

Millions have been affected by floods across Pakistan with thousands forced to vacate their homes. Image by Rajput Yasir, copyright Demotix (7/9/2011).

Des millions de pakistanais ont été affectés par les inondations, des milliers d'entre eux se retrouvant sans toit. Photo de Rajput Yasir, copyright Demotix (7/9/2011).

Mais le plus fâcheux dans cet épisode dramatique, c'est que les médias et la blogosphère pakistanais semblent bien peu préoccupés par les inondations. Il y a bien sûr quelques exceptions, mais comparé aux réactions massives de l'année dernière, les internautes pakistanais paraissent bien silencieux.

Tazeen, une blogueuse pakistanaise active, parle de cette apathie dans son article intitulé “Le sud est sous les eaux, et le Pakistan s'en fout” :

“Cette année, des districts du Sind et du Balouchistan ont été dévastés par une nouvelle inondation, mais cette fois ni les médias ni les citoyens ne la prennent au sérieux… Je n'ai vu aucun camp, que cela soit à Rawalpindi ou à Islamabad, recevoir des dons pour l'aide aux sinistrés… Je trouve cela incroyablement cruel que des parties du Sind et du Balouchistan soient inondées et que le reste du Pakistan n'en ait rien à faire. Je serais surprise que cette situation n'entraîne pas mécontentement et contestations.”

À l'heure actuelle, des milliers de sinistrés attendent des secours et de la nourriture. Femmes et enfants dorment à l'air libre, attendant que les autorités s'aperçoivent de leur détresse. Malheureusement, cela ne semble pas être une priorité du gouvernement.

Chowrangi fournit une excellente liste d'agences qui travaillent activement à secourir des victimes de l'inondation.

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