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Le pouvoir iranien ébranlé avant l'élection présidentielle

Ce billet fait partie de notre dossier central en anglais Relations internationales et Sécurité.

Le chef du pouvoir judiciaire Sadegh Larijani et le Président Mahmoud Ahmadinejad. Via Baztab.net (Photo utilisée avec son aimable autorisation)

Le 22 octobre 2012, le Président Mahmoud Ahmadinejad a adressé une lettre ouverte sans précédent au pouvoir judiciaire iranien, l'accusant de comportement anticonstitutionnel pour l'avoir empêché de se rendre dans l'infâme prison d'Evin à Téhéran où son conseiller médias, Ali Akbar Javanfek, est actuellement emprisonné.

Dans sa lettre, Ahmadinejad laisse entendre l'existence d'un communiqué “top secret” rédigé par le chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani, lequel déclarait que la demande du Président de se rendre à la prison d'Evin ne servait pas au mieux les intérêts du pays. Ahmadinejad affirme qu'il souhaite enquêter sur les conditions de détention des prisonniers.

Ce climat d'intense conflit entre factions a déclenché un certain nombre de débats chez les internautes iraniens et dans la société civile. Plusieurs sites d'opposition ainsi que des journalistes, par exemple, considèrent que la lettre d'Ahmadinejad n'a rien à voir avec la justice ou les droits de l'Homme mais est le signe de sa position affaiblie à l'approche de la prochaine élection présidentielle de 2013.

Iran Green Voice argue qu'il s'agit purement d'un conflit entre diverses factions du régime avant l'élection. Les anciens alliés d'Ahmadinejad sont maintenant devenus ses ennemis et font davantage pression sur lui.

Nooshabe Amiri, un journaliste qui travaille en Europe, indique sur Roozonline que c'est “une guerre entre loups” et qu'Ahmadinejad lui-même est un symbole de la violation des droits iraniens.

Azarak pense qu'Ahmadinejad est un président sans réel pouvoir qui cherche à gagner de la sympathie et du soutien en ses derniers mois de présidence alors que ses rivaux, tels que Larijani, refusent de lui accorder un répit. Le blogueur présente l'analyse suivante sur ce qui est en train de se passer :

1- Les autorités ne veulent pas lui donner une quelconque opportunité en ces derniers mois de présidence d'utiliser des questions sensibles, telles que le traitement des prisonniers politiques, pour se faire bien voir du peuple.

2- La situation des prisons est si mauvaise que même le président du régime ne devrait pas en être informé et l'utiliser comme un ticket gagnant contre ses adversaires.

3- Ahmadinejad veut montrer à ses supporters que leur sort lui importe mais que c'est le pouvoir judiciaire qui ne veut pas lui donner une possibilité de le démontrer.

4- C'est un jeu où le régime essaie de donner une impression d'opposition interne, de donner au peuple le choix entre le mauvais et le pire pour l'avenir. Les services secrets du régime et les groupes de réflexion travaillent sur un tel scénario.

Arman écrit :

La lettre d'Ahmadinejad à Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, est une déclaration de guerre contre le Chef suprême, l'Ayatollah Khamenei. Le chef du pouvoir judiciaire ne bouge pas le petit doigt sans chercher d'abord à en obtenir la permission de l'Ayatollah Khamenei. Il lui est totalement soumis.

Indubitablement, la raison de l'envoi sous forme de “communiqué top secret”  de la lettre de Larijani à Ahamdinejad était de faire connaître à ce dernier l'avis de Khamenei.

Mais Ahmadinejad n'a pas tenu compte de cela et a durement critiqué la lettre.

 

Dans un dessin humoristique publié sur Mardomak et les réseaux sociaux iraniens, Mana Neyestani montre Ahmadinejad qui se cache dans un buisson et appelle son conseiller de presse, en disant : “Hé, Javanfekr, ça va ? C'est moi, Mahmoud.”

Dessin humoristique de Mana Neyestani sur Mardomak (utilisé avec son aimable autorisation)

Moeni, un blogueur qui vit en Iran et use de fréquentes métaphores lorsqu'il parle de politique, dit que la lettre d'Ahmadinejad est étrange et mauvaise… “Même si nous ne remettons pas en question l'honnêteté d'Ahmadinejad, lequel vient seulement de penser à se rendre en prison quelques mois avant la fin de son mandat, une telle lettre ne fait que générer de la “fébrilité” et obscurcit l'”horizon” [la situation politique toute entière].”

ISN logoCe billet ainsi que ses traductions en espagnol, en arabe et en français ont été commandés par le Réseau de Sécurité internationale (ISN) dans le cadre d'un partenariat destiné à faire entendre les points de vue des citoyens sur les relations internationales et les questions de sécurité mondiales. Ce billet a été tout d'abord  publié sur le blog de l’ISN. Pour lire d'autres articles, veuillez cliquer ici.

 

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