Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

Un festival d'art urbain met en valeur un quartier de Porto Rico

[Les liens mènent à des pages en espagnol sauf mention contraire.]

Le quatrième festival annuel d'art urbain Santurce es Ley (Santurce est Loi), un événement pendant lequel des artistes plasticiens, de scène et musiciens se rassemblent pour créer de l'art de rue dans le quartier de Santurce, s'est tenu durant le week-end des 5-7 avril.

Dans les dernières décennies, ce qui était auparavant parmi les plus importants centres urbains de Puerto Rico—un centre de culture et de commerce bouillonnant—s'est graduellement détérioré en un des quartiers les plus délabrés de la capitale San Juan. Les bâtiments vides abondent ; les trottoirs sont en mauvais état ; et un coup d'œil même rapide révèle une profonde inégalité sociale.

Ces dernières années, des efforts ont été faits pour revitaliser Santurce, le plus connu d'entre eux étant probablement arteSanturce, une alliance d'institutions culturelles. Mais ces initiatives, qui incluent de tout, des activités communautaires de plein air à des projets commerciaux, culturels et immobiliers, sont pour la plupart centrées sur l'une des artères principales de Santurce, l'Avenue Ponce de León. De plus, le côté négatif de ces développements sont la gentrification et la relocation et l'élimination de communautés entières.

Santurce es Ley est la création de l'artiste Alexis Busquet [anglais]. Cette année, le point central était la Calle Cerra (Rue Cerra), une rue qui joue un rôle clé dans l'histoire de l'industrie musicale de Puerto Rico. Aujourd'hui, Calle Cerra accueille de nombreux membres de la communauté dominicaine, qui sont très marginalisés dans le pays. Pendant l'événement qui a duré tout le week-end, elle s'est transformée en Mecque de Porto Rico pour les peintures murales. Ci-dessous se trouvent quelques unes des photos prises par l'auteur en marchant le long de la Calle Cerra dans les jours suivant le festival.

Colectivo Fibra

Installation artistique de Colectivo Camiseta (La CoCa).

Sin agricultura, no hay comida

Cette année, le sujet de l'agriculture a fait écho tout au long de la  fête de Santurce es Ley.

Huerto urbano en la Calle Cerra.

Une ferme urbaine sur la Calle Cerra.

Mural en el huerto urbano creado para esta edición de Santurce es Ley.

Une peinture murale dans la ferme urbaine créée pour le festival de cette année.

Además de tener un mural atractivo, este espacio abandonado ahora cuenta con un vivero de plantas, algo bastante inesperado cuando lo descubrí.

En plus d'être une peinture murale attirant le regard, cet espace abandonné abrite désormais une pépinière, quelque chose que je ne m'attendais pas à trouver.

Colectivo Basta

Cette peinture murale, l'une des plus impressionnante de l'exposition urbaine, semble être une métaphore du capitalisme portoricain. Par Colectivo Basta.

Otro mural interesantísimo en la Calle Cerra.

Une autre peinture murale intéressante sur la Calle Cerra.

Un detalle de la fachada de un edificio con el símbolo de Santurce. (Antiguamente, Santurce se llamó San Mateo de Cangrejos.)

Détail de la façade d'un bâtiment avec le symbole de Santurce.  (Historiquement, Santurce était appelé San Mateo de Cangrejos, le mot espagnol pour crabes.)

Malgré l'accueil favorable du festival d’art de Santurce, il a aussi reçu des critiques. L'un des arguments les plus forts était que les gens qui vivent dans le quartier ne participent pas aux activités artistiques et ne sont pas représentés, la majorité étant des immigrants de la République Dominicaine. Daniel Nina, qui écrit pour El Post Antillano, s'exprime ainsi :

Tendríamos que pensar esta convocatoria de Santurce es Ley como un proceso a democratizar. Me pregunto, para la quinta edición en el 2014, ¿cuántos de los artistas serán dominicanos, de ahí mismo, de la comunidad de la pobreza y la desesperanza? A los organizadores les pedimos que tomen nota. Inventen un Santurce es Ley que sea representativo de la diversidad cultural de la región, y no exclusivo de unos afortunados que por razón de ser intocables, invaden comunidades a su predilección.

Nous devrions penser à Santurce es Ley comme une opportunité pour une plus grande démocratisation. Je me pose des questions à propos de la cinquième édition en 2014 ; combien d'artistes seront dominicains, vraiment de là, d'une communauté pauvre et désespérée ? Nous demandons que les organisateurs prennent note. Créez un Santurce es Ley qui soit représentatif de la diversité culturelle de la région et non pas seulement des quelques fortunés qui, parce qu'ils sont considérés irréprochables, envahissent les communautés à leur gré.

Les organisateurs ont répondu aux critiques sur Facebook. Le défi a été lancé, mais nous devrons attendre l'année prochaine pour voir si les organisateurs ont la volonté de le relever. Vous pouvez voir d'autres photos des peintures murales réalisées durant le festival ici et ici.

Toutes les photos sont de l'auteur.

1 commentaire

Ajouter un commentaire

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site