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Les Kurdes accusent les réfugiés arabes de l'attentat-suicide mortel dans leur capitale Erbil

"#BREAKING — Suicide car-bomb explodes outside of the governor's office in #Erbil — Tahir Abdullah, official confirms," tweets @RadawEnglish

“#Dernière minute — une voiture piégée explose devant les bureaux du gouverneur à  #Erbil — Tahir Abdullah, un officiel confirme,” tweete @RudawEnglish

Un attentat-suicide à la voiture piégée a fait au moins 5 morts et 29 blessés mercredi à Erbil, capitale de la région autonome du Sud-Kurdistan dans le nord de l'Irak, a confirmé le Ministère de la Santé lors d'une conférence de presse. L'attentat a eu lieu devant le siège du gouvernorat, là où les véhicules sont fouillés avant d'y pénétrer.

Un calme relatif règne au Kurdistan, surtout comparé à Bagdad, la ville voisine qui connaît des attentats-suicides quotidiens, notamment dans les quartiers à dominante chiite. L'attentat a généré de vifs débats en ligne entre utilisateurs kurdes des médias sociaux au sujet de l'afflux de réfugiés dans leur région.

On estime que 1,4 million de réfugiés et de déplacés se trouvent actuellement dans le Kurdistan irakien. La région s'est montrée disposée à accueillir les réfugiés et à donner aux minorités religieuses comme les Arabes chrétiens un havre de sécurité.

après l'attentat-suicide d'Erbil, les autochtones sont plus nombreux à contester la politique du gouvernement régional kurde d'ouvrir la porte aux déplacés arabes – la tension et la méfiance sont grandes

Malgré l'hospitalité du Kurdistan envers les réfugiés dans la région, beaucoup ont contesté la politique du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) envers les réfugiés. Les Kurdes locaux ont réclamé une sécurité renforcée pour contrôler le flux entrant de réfugiés, avec l'argument que des radicaux appartenant à l'organisation E.I., un rejeton notoirement brutal d'Al Qaida responsable de massacres de soldats irakiens et syriens, de travailleurs humanitaires et de journalistes ainsi que de l'enlèvement, du viol et des mariages forcés de femmes, pouvaient se faire passer pour des réfugiés.

Après l'attentat, politiciens, dirigeants et militants kurdes ont tenus à détourner l'attention donnée aux réfugiés et déplacés vers la menace régionale que constitue l'EI et sur les sacrifices des forces de sécurités kurdes.

Le président de l'Institut de Recherche du Moyen-Orient récemment crée au Kurdistan, Dlawer Ala'Aldeen, s'est joint au débat en ligne sur la nécessité pour la direction kurde aux côtés de la direction arabe de reconnaître leur responsabilité dans l'incapacité actuelle à renforcer la sécurité et donner un coup d'arrêt à l'expansion des radicaux de l'EI.

Les terroristes tuent sans pitié des innocents et meurent sans hésitation. Personne n'y échappe. Pour les vaincre les dirigeants doivent gagner le soutien du public et rester unis 

Le Haut-représentant du gouvernement régional du Kurdistan au Royaume-Uni, Bayam Sami Rahman, dont le père a été tué dans un attentat-suicide en 2004, à réagi à l'explosion d'Erbil en insistant sur l'hospitalité et la communauté multi-religieuse croissantes de la région.

Erbil, capitale du Kurdistan, cité de la coexistence pacifique entre chrétiens et musulmans, continuera à vivre en paix, à résister à la terreur

Dans leurs commentaires sous les articles de la principale agence de presse locale sur les suites de l'attentat, beaucoup ont demandé l'expulsion des Arabes hors de la région, tandis que d'autres répliquaient à ces voix ultra-nationalistes en les critiquant et les accusant de fanatisme, racisme et discrimination.

Niroj Dosky a commenté sur la page Facebook de l'agence Rudaw News par les mots “pas d'Arabes au Kurdistan.” “Voilà ce qui arrive quand vous laissez entrer des Arabes dans votre pays”, a écrit Kaso Shottas.

La réponse la plus impartiale est celle de Wazi Aziz, qui a dit : “L'ignorance n'est jamais la réponse. Je suis Kurde, et comme des milliers d'autres j'ai dû fuir mon foyer à cause du régime de Saddam, mais si j'ai appris une chose, [c'est de] ne jamais juger quelqu'un sur sa couleur ou son pays d'origine […] Ceux qui disent chassez tous les Arabes, ne comprenez-vous pas qu'en disant cela nous ne sommes pas meilleurs qu'eux ?”

La réponse réactionnaire à l'attentat suicide place les étrangers, les déplacés et les réfugiés au centre de l'attention. Cela reflète le sentiment anti-Arabes dans la région, ceux-ci étant perçus comme aussi inactifs que leurs dirigeants face aux radicaux de l'EI.

D'un autre côté, l'EI représente pour la région du Kurdistan une menace réelle, qu'il faut traiter par des mesures appropriées. Si rien ne justifie le racisme et la fermeture des frontières aux réfugiés, mettre en place un mécanisme assurant que les hommes de l'EI ne s'infiltrent pas dans la région en se faisant passer pour des réfugiés est essentiel.

Malheureuse explosion à Erbil aujourd'hui qui aura des conséquences sur la façon dont les habitants considèrent les non-Kurdes au Kurdistan.

Pendant ce temps, le Conseil des Ministres du gouvernement régional du Kurdistan a publié un communiqué appelant la population à “rester fermes dans son haut niveau de vigilance partagée et de responsabilité pour la sécurité”.

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