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Gambie : une lettre de M. Obama au président détournée à des fins de propagande ?

Le Président de la Gambie Yahya Jammeh s’adressant à l'Assemblée générale des Nations Unies le 24 septembre, 2013. UN Photo par Erin Siegal. Utilisée sous licence Creative Commons BY-NC-ND 2.0.

Le Président de la Zambie Yahya Jammeh s’adressant à l'Assemblée générale des Nations Unies le 24 septembre, 2013. UN Photo par Erin Siegal. Utilisée sous licence Creative Commons BY-NC-ND 2.0.license BY-NC-ND 2.0.

Un responsable américain aurait nié qu'une lettre envoyée au Président zambien Yahya Jammeh soit une reconnaissance de son régime dans ce minuscule état ouest-africain. La lettre qui assure que les Gambiens ont “beaucoup à célébrer”, a été envoyée par le Président Barack Obama à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance de la Gambie.

Le journal progouvernemental Daily Observer a rapporté que “Barack Obama le président des États-Unis d'Amérique a félicité le président gambien, S. E. Sheik Professeur Alhaji Dr. Yahya AJJ Jammeh.”

Cependant, un fonctionnaire de l'administration a dit à l'agence d'informations AFP, “Nous avons seulement félicité le peuple zambien, et non Jammeh.”

Le fonctionnaire a déclaré, “Nous continuons à avoir de sérieuses divergences avec le gouvernement de la Gambie sur une série de questions, y compris sur son bilan en matière de droits de l'homme.”

Le Président Jammeh est connu pour la répression de l'opposition et des médias. Dans son rapport sur l’Examen périodique universel (EPU) de la Gambie [fr], l'organisation des droits humains Amnesty International a déclaré [fr], “Depuis le premier examen périodique universel de la Gambie (EPU) en 2010, la situation des droits de l'homme dans le pays s'est détériorée. Le gouvernement continue d'étouffer la liberté d'expression et à commettre d'autres violations des droits humains en toute impunité “.

Le journal nigérian The Vanguard a cité Jeffrey Smith du Robert F. Kennedy Center pour la justice et les droits de l'homme à Washington DC qui soutient que M. Jammeh a longtemps essayé de redorer son image par des déclarations étrangères.

Il a dit “(M. Jammeh) est très impopulaire dans son propre pays, et dans la région, alors il cherche souvent à légitimer son pouvoir en soutenant d'une certaine manière que le monde, y compris aux États-Unis, approuve la brutalité qu'il utilise pour se maintenir au pouvoir. “

Les internautes ont immédiatement recouru aux médias sociaux pour ridiculiser le Président Jammeh et le journal pro-gouvernemental, certains accusant leur président d'essayer de profiter d'une “popularité bon marché”.

Sulayman Makalo, un journaliste gambien en exil, a écrit sur ​​son mur Facebook:

Honnêtement, Jammeh est une honte non seulement pour la #Gambia, mais aussi pour l’#Africa dans son ensemble; il arrive au point de détourner les intentions d'une lettre sans vergogne juste pour l'amour d'auto-célébration – aux yeux d'un peuple qu'il maltraite continuellement. 

Sam Phatey, un Gambien vivant aux États-Unis, a publié sur son mur Facebook sa “lettre d'invitation d'Obama”, en disant:

Depuis qu'Obama écrit une lettre de félicitation (toux discrète) à tout le monde, il m'a écrit aussi et il l'a publiée sur ma page Facebook LOL! Si vous n'avez pas reçu votre lettre, faites le moi savoir et je vais contacter la Maison Blanche et vous obtiendrez la vôtre immédiatement. Rejoignez la campagne sur twitter pour dénoncer la fausse publication de Jammeh d'une lettre que M. Obama n'a jamais écrite. #RealLetterFromObama (#lavraielettred'Obama).

Une capture d'écran de Sam Phatey page Facebook de "lettre d'invitation" d'Obama à un citoyen gambien Sam Phatey.

Une capture d'écran de Sam Phatey page Facebook de “lettre d'invitation” d'Obama à un citoyen gambien Sam Phatey.

Fatu Camara, une journaliste radio gambienne basée aux Etats-Unis, a également tweeté sa “lettre d'invitation” dans laquelle le président Obama dit qu'il est impatient de manger de petits gâteaux avec elle:

Merci Je ne vois pas l'heure de manger de petits gâteaux avec vous

Sainey MK Marenah a lui aussi publié sa “lettre d'invitation” d'Obama. Il a écrit:

Même un garçon du village de Kudang est invité par le président américain Barack Obama à la Maison Blanche pour une brève discussion sur l'état de la liberté des médias en Gambie. Voici ma lettre d'Obama!

Faisant référence aux affirmations de M. Jammeh de guérir le VIH / sida, James Chikonamombe s'est demandé:

Allons Yahya… comment quelqu'un qui a trouvé le médicament contre le SIDA peut-il tomber si bas.

Fatu Camara a relevé que:

Un grand succès! La “lettre d'Obama à  #Jammeh n'a pas été citée par la TV nationale, elle aurait été le titre No.1, si nous ne l'avions pas dévoilée.

Alors que Foday Justice Darboe a adressé son tweet à la Première Dame de Gambie:

s'il vous plait dites à votre dictateur de mari d'arrêter de mentir aux gambiens. 20 ans de mensonges, ça suffit

Jeffrey Smith a noté que le hashtag #RealLetterFromObama a attiré l'attention:

Heureux que #RealLetterFromObama a attiré l'attention. Les dictateurs comme celui de la #Gambia font ou disent des choses parce qu'ils profitent du fait que personne n'y prête attention. Pas cette fois-ci!

Certains militants sont allés jusqu'à accuser le journal pro-gouvernement de publier une lettre falsifiée de M. George W. Bush. Selon certaines sources, suite à la publication de la vraie lettre de M. Obama, ce sont des militants qui auraient contrefait une lettre, probablement du Président Bush, et qui l'auraient envoyé à M. Jammeh.

Le Daily Observer a publié la lettre attribuée à l'ancien président américain remerciant M. Jammeh pour son “engagement en faveur du peuple gambien et pour vos efforts pour assurer un avenir prospère à votre pays.”

Alors que le débat fait rage sur les médias sociaux, il n'y a pas de doute que les autorités gambiennes envisagent leur prochaine action, y compris l'option de ne pas y répondre. Quant au journal Daily Observer, l'option la plus raisonnable est simplement de supprimer la “lettre” en mettant à jour son site Web.

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