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Les familles des étudiants mexicains disparus manifestent

Familiares y compañeros de los 43 realizaron una marcha más, a 10 meses de la desaparición de los normalistas de Ayotzinapa. Foto: Francisco Cañedo, SinEmbargo

Les proches et camarades des 43 marchent à nouveau, 10 mois après la disparition des étudiants de l'École Normale d'Ayotzinapa. Photo : Francisco Cañedo, SinEmbargo.

Cet article de Sergio Rincón a été publié sur Sin Embargo et est reproduit ici avec leur accord dans le cadre d'un partenariat entre ce site d'investigation et Global Voices.

Des proches, étudiants et militants ont annoncé que deux caravanes allaient traverser le Mexique du Nord au Sud à compter du 31 juillet, avec pour objectif d'unir les Mexicains et de les inviter à se joindre à la recherche des 43 étudiants disparus de l'Ecole Normale Rurale Raúl Isidro Burgos d'Ayotzinapa (Guerrero).

Les étudiants ont disparu le 26 septembre de l'année dernière, et de forts soupçons pèsent sur la police municipale.

Depuis, les organisations nationales et internationales pour les droits de l'Homme ont mené leurs enquêtes et demandé à ce que le Procureur Général du Mexique élargisse son enquête sur les étudiants disparus et ouvre de nouvelles investigations en appelant notamment les militaires à témoigner.

Les familles et groupes d'avocats maintiennent qu'il devrait y avoir une enquête portant sur le personnel militaire dont la présence lors de la disparition a été avérée, mais l'armée mexicaine refuse aux parents et personnes enquêtant sur cette affaire l'accès à la base militaire. Les procureurs soutiennent que le manque de preuves quant à l'implication des militaires dans cette affaire ne leur permet pas de poursuivre l'enquête dans cette direction.

La Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme a nommé un groupe d'experts international afin de participer à l'enquête, et ce dernier a émis des directives précises en avril dernier. Cependant ils n'ont pas eu de résultat.

La semaine dernière, la Commission Nationale des Droits de l'Homme a relevé dans l'enquête ministérielle plusieurs failles et manquements concernant le Procureur Général du Mexique et le Procureur de l'État de Guerrero. José Larrieta, à la tête de l'unité spéciale s'occupant de l'Affaire Iguala, accompagné du Médiateur national Luis Raúl Pérez Gonzáles, ont conseillé aux autorités mexicaines de se pencher sur de nouvelles pistes d'investigation.

L'une des pistes serait que l'attaque perpétrée contre les étudiants ait eu lieu à Pueblo Viejo et à La Parota (localités à proximité d'Iguala), “étant donné qu'il y a des informations identifiant clairement un individu pouvant apporter des informations sur la disparition des étudiants”. Il y a aussi eu plusieurs allusions à d'autres individus, dont seul le nom de famille a été révélé, et qui n'ont toujours pas été interrogées dans le cadre de l'enquête.

Lors de la journée de protestation, des centaines de manifestants ont occupé la Paseo de la Reforma, une large avenue qui coupe le cœur de Mexico en diagonale, demandant le retour des étudiants sains et saufs. Les organisations civiles et syndicales avaient prévu une manifestation à 16h pour rappeler aux autorités qu'un jour comme celui-là, 10 mois plus tôt, après avoir été retenu par la police d'Iguala, les étudiants ont disparu.

Les manifestants ont rejoint le Hemiciclo a Juárez, un monument érigé à la mémoire de l'ancien président Benito Juárez et situé dans le cœur historique de Mexico, où ils se sont regroupés avec les proches des 43. Ils ont demandé justice, pour que les militaires impliqués dans les affaires d'Iguala, Tlatlaya et Ostula soient condamnés. On pouvait entendre dans la manifestation “L'armée se rend coupable d'exécutions sommaires”.

“L'armée mexicaine a tué un enfant à Michoacán. C'est cette même armée qui a pris nos enfants. Par conséquent, nous vous demandons d'ouvrir les bases [militaires] aux équipes d'experts argentines” a déclaré Felipe De La Cruz, le porte-parole des parents des étudiants.

De La Cruz a rappelé que la vérité historique du gouvernement était devenue “le mensonge historique du pays”.

Le mouvement demandant la recherche des 43 a annoncé le 31 juillet que deux caravanes informatives allaient être mises en place. La première parcourra les États du Nord en partant de Chihuahua et la seconde ceux du Sud en partant de Chiapas.

“Nous voulons lutter ensemble, et joindre à notre cause les associations et la société” ont-ils mis en avant.

La caravane nord couvrira les États de Coahuila, Durango, Zacatecas, Guanajuato et Jalisco. La caravane sud traversera Michoacán, Oaxaca, Puebla, Tlaxcala, Morelos, Estado de México, Distrito Federal et finira par Guerrero.

Tout au long du rassemblement, les parents des familles ont soutenu qu'ils avaient vécu l'enfer ces 10 derniers mois, mais que grâce au soutien de nombreux Mexicains, ils avaient trouvé la forcé de s'en sortir de demander justice, “parce que nous ne pouvons pas rester silencieux dans un pays où les autorités affirment qu'il ne s'est rien passé” a déclaré un proche des étudiants.

Ils ont aussi mis en avant qu'ils ne permettraient pas la tenue de nouvelles élections à Iguala, pas plus qu'ils ne toléreraient la présence de forces armée dans la ville.

“Il n'y aura pas d'élections tant que les casernes ne seront pas ouvertes aux experts” a déclaré une femme.

En amont du rassemblement et de la manifestation, une marche avait été organisée à “l'Anti-monument des 43″, lors de laquelle les parents des familles avaient avertis que s'il arrivait quoi que ce soit à leurs enfants, ils tiendraient le Président Enrique Peña Nieto pour responsable

Le jour des manifestations commémorant les 10 mois de disparitions des étudiants a débuté le 2 août dans l'État de Guerrero, avec des actions menées par des intellectuels, des proches et des camardes des étudiants.

Dans la capitale, Hemiciclo a Juárez a tenu une conférence où les manifestants demandaient le retour sain et sauf des étudiants, et où ils déclaraient que la rapport de la Commission Nationale des Droits de l'Homme paru il y a peu montre que la version officielle des événements a entraîné les actions des parents pour retrouver leurs enfants.

“Aujourd'hui ils nous demandent de rentrer chez nous et de surmonter la douleur. Nous leur répondons : nous ne retournerons pas chez nous sans nos enfants” a déclaré Vidulfo Rosales Sierra, avocat du Centre pour les Droits de l'Homme du Mont Tlachinollan.

Autre acte de solidarité ; des cyclistes ont roulé du Hemiciclo a Juárez jusqu'au bureau du Procureur Général du Mexique avec des banderoles et des photos des 43 étudiants.

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