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En Ethiopie, les blogueurs de Zone9 ne sont pas les seuls accusés de terrorisme

Zelalem, Yonatan, Bahiru et Abraham. Photo utilisée avec la permission de debirhan.com

Zelalem, Yonatan, Bahiru et Abraham. Photo utilisée avec la permission de debirhan.com

Parallèlement au désormais célèbre cas des blogueurs de Zone9 [fr],  de nombreux autres blogueurs éthiopiens, des militants en ligne, politiciens, dont les noms ne sont pas encore connus,  sont en prison.

L'année dernière, le 8 juillet 2014, l'Ethiopie a arrêté [fr] un certain nombre de dirigeants locaux de l'opposition, des blogueurs, des militants en ligne et des citoyens engagés. Certains ont été libérés après quatre mois de détention et d'interrogatoires. Cependant, dix ont été inculpés [fr] le 31 octobre 2014 en vertu de la loi éthiopienne contre le terrorisme [fr], accusés d'avoir des liens avec des groupes d'opposition de la diaspora tels que Ginbot 7 [fr], d'avoir exprimé le désir de se former sur la sécurité en ligne et d'être engagés dans l'activisme en ligne. Trois des 10 accusés ne sont pas membres d'un parti politique mais des citoyens ordinaires qui ont été arrêtés pour avoir voulu assister à un cours. Ce sont Zelalem Workagenegu, Yonatan Wolde et Bahiru Degu.

La controversée loi anti-terrorisme [fr] a été adoptée en juillet 2009. Les autorités éthiopiennes ont tendance à défendre la loi en faisant valoir que ses dispositions controversées ont été copiées à partir des lois existantes dans des pays tels que le Royaume-Uni. L'article 6 de la loi, qui a été utilisée pour restreindre la liberté d'expression, prévoit que:

quiconque publie ou fait publier une déclaration susceptible d'être comprise par certains membres ou tout le public auquel elle est destinée comme un encouragement direct ou indirect ou une incitation à la perpétration ou une instigation à commettre un acte de terrorisme [s'expose à une condamnation de 10 à 20 ans de prison].

M. Zelalem, le premier défendeur, est un universitaire et militant des droits de l'homme qui blogue sur DeBirhan. M. Yonatan et M. Bahiru, qu'on décrirait mieux comme des “citoyens engagés”, avaient présenté leur candidature en même temps que M.Zelalem pour une formation en sécurité sur les médias sociaux et Internet qu'un journaliste éthiopien vivant aux États-Unis avait porté à leur connaissance. Après qu'un courriel du journaliste éthiopien vivant aux États-Unis ait été trouvé en leur possession, ces jeunes hommes ont également été arrêtés et plus tard accusés de faire acte de candidature pour  “une formation en terrorisme”, alors qu'en fait la formation portait sur la sécurité en ligne.

Au mois d'aout dernier, un tribunal éthiopien avait acquitté Abraham Solomon, détenu pour avoir des liens avec le premier défendeur, M. Zelalem, en même temps que quatre autres politiciens de l'opposition, à savoir Abraha Desta, un fonctionnaire de l'Arena d'opposition Tigray Parti et activiste de médias sociaux, Yeshiwas Assefa, membre du conseil du parti Semayawi (Bleu), Daniel Shibeshi, dirigeant de défunt Unity for Democracy and Justice (Parti de l'Unité pour la démocratie et la justice (UDJ) et Habtamu Ayalew, ancien directeur des relations publiques du défunt UDJ. Cependant, jusqu'à aujourd'hui, ils n'ont pas été libérés parce que le Procureur aurait fait appel contre cette décision.

Un article de Electronic Frontier Foundation décrit le nombre croissant de tentatives de faire taire les militants en ligne et les internautes en Ethiopie. L'organisation a appelé l'Ethiopie à:

Libérer immédiatement tous les journalistes en prison, y compris le restant des bloggers de Zone 9, et de retirer toutes les accusations ponter eux our “crime”pour avoir publié des informations.

Mettre fin aux poursuites pour avoir fait des recherches pour leur formation en matière de sécurité et pour l'utilisation de technologies de cryptage; et libérer Zelalem Workagegnehu, Yonatan Wolde, Abraham Salomon et Bahiru Degu.

Cesser d'accuser des citoyens d'avoir cherché des formations sur la sécurité en ligne et à en apprendre les techniques

Cesser d'utiliser des technologies de surveillance intrusives comme  FinFisher et Hacking Remote Control System pour espionner des journalistes éthiopiens, la diaspora et les groupes d'opposition.

Alors que le cas du collectif Zone9 reste parmi les affaires éthiopiennes les plus connues, des histoires comme celle de Zelalem démontrent que les problèmes auxquels ces blogueurs sont confrontés dépassent de loin quelques individus. La prochaine comparution de Zelalem, Yonatan et Bahiru aura lieu du 7 au 9 novembre 2015.

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