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Un documentaire sur la communauté musulmane de Buenaventura en Colombie

Buenaventura, the most important Colombian port on the Pacific Ocean, is home to the Shiite Muslim community which gives both refuge and meaning to a significant number of Colombians of African descent. This image was taken from Wikipedia and published under the licence of Creative Commons.

Buenaventura, le plus grand port colombien de l'Océan Pacifique, accueille une communauté musulmane chiite. Image issue de Wikipédia publiée sous licence Creative Commons.

Cette communauté musulmane est unique en son genre. Elle est constituée et renforcée par des descendants d'Africains convertis à l'islam, tous natifs de Colombie. Bienvenue à Buenaventura, où vivent près de 300 familles colombiennes d'ascendance africaine qui se sont converties à l'islam il y a 40 ans dans une démarche d'émancipation face à la marginalisation.

A  Buenaventura vit la troisième plus grande communauté musulmane du pays, après celles de Maicao et Bogota, et son existence « de près de quatre décennies en fait un point de référence obligatoire dans l'étude de la présence de l'islam en Colombie » écrit Diego Giovanni Castellanos sur son site web.

[La comunidad musulmana de Buenaventura] está conformada completamente por nativos [de Colombia]. Incluso dentro del islam colombiano, son la única comunidad predominantemente chiíta del país, siendo en el resto de lugares el sunismo la tendencia imperante”.

[La communauté musulmane de Buenaventura] est entièrement composée de natifs [de la Colombie]. Même au sein de l'Islam colombien, ils forment l'unique communauté de prédominance chiite du pays, la tendance dominante dans les autres lieux étant par ailleurs le sunnisme.

Environ 400 000 personnes résident à Buenaventura, dont 90% sont Afro-Colombiens. Bien qu'ils vivent et travaillent dans le port colombien le plus important sur le Pacifique, qui génère environ 1 million de dollars annuellement en revenus fiscaux, la plus grande partie de sa population vit dans la pauvreté selon le think tank latino-américain NACLA: “Soixante-cinq pour cent des ménages de Buenaventura n'ont pas accès au tout-à-l'égout, et 45% n'ont pas d'eau potable. L'espérance de vie à Buenaventura est de 51 ans, alors que la moyenne nationale est de 62.”

L'Islam est arrivé dans ce port à la fin des années 1960 avec Esteban Mustafá Meléndez, un Afro-Americain d'origine panaméenne. Dès son arrivée à Buenaventura, il a prêché la nécessité de défendre les droits des Afro-Colombiens, selon Castellanos.

Un documentaire, L'islam à Buenaventura, décrit la vie de ce groupe d'Afro-Colombiens qui prient à la mosquée de la cité du Prophète. Les aspects ethniques et religieux se mélangent et s'influencent mutuellement, et en font un cas unique en son genre, d'après le Centre d'études théologique et des religions.

Comment l'islam s'est il développé en Amérique Latine ? Existe-il une approche différente dans la pratique de l'islam entre les convertis latino-américains et les musulmans immigrés du Moyen-Orient ? Peut-on parler d'un islam « créole » unique et différent d'autres pratiques européennes ou nord-américaines ? Quelle est la réalité sociale des musulmans en Amérique Latine depuis le 11 septembre 2001 ? Comment les médias ont-il influencé la perception des musulmans en Amérique Latine ? Ce sont là quelques unes des questions auxquelles le documentaire L'islam à Buenaventura cherche à répondre.

Global Voices a échangé avec la réalisatrice, Mercedes Vigón, dont le travail est le résultat d'un projet intitulé L'islam en Amérique Latine, une collaboration entre l'université internationale de Floride, où elle enseigne, et la fondation Carnegie pour la recherche en sciences sociales.

Global Voices (GV) : Quel est l'aspect de cette communauté qui a le plus attiré votre attention ?

Mercedes Vigón (MV) : Los miembros se sintieron muy honrados cuando los primeros periodistas se interesaron por ella. Sin embargo, unos días antes de que llegáramos, recibieron “el premio” por la candidez con la que recibieron a los primeros periodistas. Y es que resulta que un reportaje que les hicieron advertía a la audiencia nacional que existía en Buenaventura un grupo chiíta que seguía las enseñanzas del Ayatola de turno, con escuela y todo.

Cortaron la entrevista del sheij (Munir Valencia) de tal forma que parecía un fundamentalista, dispuesto a todo. Así que salirse de la norma resultaba extremadamente peligroso en Buenaventura, que de facto estaba manejada por los paramilitares con un sentido de justicia muy peculiar y un tanto brutal.

Me sorprendió que todavía nos brindasen su confianza y creyeran nuestra promesa de que tan solo queríamos contar su historia y dejar que la verdad combatiera tanto sensacionalismo. Después de esta primera reunión en la mezquita, y del intercambio de ideas, de cómo lo íbamos a hacer diferente, y de por qué debían confiar en nosotros, recibimos acceso total… sobretodo a las mujeres (ya que nuestro equipo estaba compuesto por mujeres en su mayoría: dos productoras, una camarógrafa, yo) y un antropólogo musulmán -nuestra llave de entrada- que ya había trabajado con ellos.

Mercedes Vigón (MV) : Les membres ont été très honorés lorsque les premiers journalistes ont montré un intérêt pour eux. Malgré cela, quelques jours avant que nous n'arrivions, ils ont vu les conséquence de la candeur dont ils avaient fait preuve avec les premiers journalistes : un reportage prévenant l'auditoire national qu'il y avait un groupe chiite à Buenaventura qui suivait les enseignements d'un ayatollah, avec une école et tout.

Ils avaient monté l'interview du cheikh [Munir Vanlencia] de façon à ce qu'il apparaisse comme un fondamentaliste, prêt à tout. Sortir de la norme était aussi présenté comme extrêmement dangereux à Buenaventura, qui de fait était dirigé par des paramilitaires avec un sens de la justice très particulier et parfois brutal.

Cela m'a surprise qu'ils aient bien voulu nous faire confiance et croire notre promesse que nous voulions simplement raconter leur histoire et laisser la vérité vaincre le sensationnalisme. Après cette première rencontre et l'échange d'idées à la mosquée au sujet de comment nous allions être différents et pourquoi ils devraient nous faire confiance, ils nous ont donné un accès complet… par dessus tout aux femmes (étant donné que notre équipe était principalement composée de femmes : deux productrices, une photographe et moi-même) et à un anthropologue musulman — notre porte d'entrée — qui avait travaillé avec eux auparavant.

GV : Comment les femmes se sont-elles adapté à la religion ?

MV : Las mujeres afrocolombianas son las que reciben la tierra y tienen una función muy importante más allá de la procreación y el cuidado tradicional de la familia. Se encargan de la educación y la creación de comunidades económicas independientes. Con la evolución hacia el chiísmo perdieron la participación directa, algo que una de las fundadoras resentía, pero a cambio tienen buena educación y capacidad para ser independientes.

MV : Les femmes afro-colombiennes sont celles qui héritent de la terre, et ont une fonction très importante, au-delà de la procréation et des soins traditionnels de la famille. Elles sont chargées de l'éducation et de la création de communautés économiques indépendantes. Avec le passage au chiisme, elles ont perdu la participation directe, chose que certaines des fondatrices ont regretté, mais en échange elles ont une bonne éducation et la capacité d'être indépendantes.

GV : L'islam a été perçu comme motif de discrimination par nombre de personnes dans d'autres parties du monde. Cet à priori existe-t-il aussi en Colombie ?

MV: Para la comunidad afrocolombiana había tres factores de discriminación: ser negros, ser musulmanes y ser chiítas. La comunidad comenzó como Nación del Islam durante la época de reinvindicación de derechos civiles en Estados Unidos. Luego, tras conseguir la aceptación del valor de las culturas afrocolombianas y recibir influencias de otros musulmanes quisieron aprender más y pasaron a ser sunitas, pero donde recibieron más apoyo en becas de estudio del islam fue a través de organizaciones educativas sin fin de lucro de Irak y terminaron siendo chiítas

MV: Pour la communauté afro-colombienne il y avait trois facteurs de discrimination : le fait d'être noirs, musulmans et chiites. La communauté a débuté en tant que Nation de l'Islam pendant l'époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Par la suite, après avoir obtenu l'acceptation des valeurs de la culture afro-colombienne et avoir reçu l'influence d'autres musulmans, ils ont voulu apprendre plus et sont devenus sunnites, mais c'est à travers des organisations éducatives sans but lucratif irakiennes qu'ils ont reçu le plus de soutien, sous forme de bourses d'étude, et ils ont fini par être chiites.

D'après une étude de l'université de Rosario à Bogota, on estime qu'il y a autour de 10 000 musulmans dans le pays, et que cette pratique est relativement récente dans le pays.

Aunque Colombia también recibió la migración árabe de finales del siglo XIX, el bajo número de musulmanes no permitió el establecimiento de comunidades en las cuales se transmitieran los valores religiosos del islam. Esto sólo fue posible a partir de mediados del siglo XX, cuando la continua migración permitió a algunos pensar en el establecimiento de lugares de oración.

Bien que la Colombie ait accueilli une immigration arabe à la fin du XIXe siècle, le faible nombre de musulmans n'a pas permis d'établir des communautés dans lesquelles les valeurs religieuses de l'Islam se seraient transmises. Cela n'a été possible qu'à partir du milieu du XXe siècle, quand la migration continue a permis à quelques-uns de penser à fonder des lieux de culte.

Le blog Islam en Colombie relate que depuis que le cheikh Munir Uddin Valencia a pris la tête de la communauté chiite de Buenaventura, les progrès se sont fait sentir. Pour preuve de ces progrès, il prend la construction en 2000 d'une mosquée appelée Centre culturel islamique de la ville du Prophète ; la réouverture de l'institut éducatif Silvia Zaynab ; et la création d'une station de radio musulmane qui diffuse depuis la mosquée.

 

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