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Les Nigérians célèbrent la libération de 82 écolières enlevées par Boko Haram à Chibok

Un site artistique public de l'artiste nigériane Sarah Peace dédié aux filles de Chibok kidnappées [Image publiée dans le domaine public]

Un site artistique public de l'artiste nigériane Sarah Peace dédié aux filles de Chibok kidnappées [Domaine public]

Les Nigérians ont célébré la libération, samedi 6 mai 2017, de 82 jeunes filles par les djihadistes de Boko Haram. L'enlèvement en 2014 des jeunes filles de Chibok, une ville  du nord-est du Nigeria, avait fait les manchettes des médias au niveau mondial et le hashtag #BringBackOurGirls lancé alors avait été repris par des millions de personnes à travers le monde, y compris par l'ancienne Première Dame des États-Unis, Michelle Obama.

Les jeunes filles ont été libérées suite à des négociations entre le gouvernement du Nigeria et Boko Haram, qui, en échange, a obtenu la libération quelques uns de ses membres détenus par les autorités nigérianes, selon un communiqué de la Présidence.

En avril 2014, 276 collégiennes d'une école secondaire publique à Chibok avaient ​​été enlevées par Boko Haram, un groupe qui, depuis sept ans, mène une insurrection violente contre le gouvernement nigérian, provoquant des milliers de morts et le déplacement de deux millions de personnes. À l'époque, 57 des filles capturées par les insurgés ont réussi à s'échapper. En octobre, 21 autres avaient été libérées. Pourtant, même après la libération de ce dernier groupe, 113 jeunes filles de Chibok, comme on on a fini par les appeler, n'ont toujours pas été retrouvées.

Les personnalités de renommée internationale n'étaient pas les seules à sensibiliser le monde sur ces enlèvements. Les militants locaux, tels que Obiageli “Oby” Ezekwesili et d'autres, avaient organisé des manifestations dès le début, “exigeant une action accélérée du gouvernement pour la libération” des écolières. Le travail des autorités a enfin porté ses fruits.

Samedi, selon un communiqué officiel du gouvernement les négociations avec Boko Haram “ont donné des résultats” :

Après de longues négociations, nos services de sécurité ont récupéré ces filles, en échange de quelques suspects de Boko Haram détenus par les autorités. Les #FillesDeChibok libérées devraient arriver à Abuja demain dimanche 7 mai et seront reçues par le président. Le président Muhammadu Buhari exprime sa profonde gratitude à tous ceux qui ont contribué à assurer le succès de cette opération : les services de sécurité, l'armée, le gouvernement suisse, le Comité international de la Croix-Rouge et les ONG locales et internationales.

Le Comité international de la Croix-Rouge a servi d'intermédiaire dans les négociations :

En tant qu'intermédiaire neutre, nous @ICRC avons remis les 82 #Filles deChibok au gouvernement du Nigeria

Oby Ezekwesili exultait :

C'est vrai!
C'est une réalité!!
Un nouveau groupe de NOS # FillesDeChibok SONT DE RETOUR !
NOUS NOUS REJOUISSONS ET LOUONS DIEU avec leurs parents !

La journaliste Stephanie Busari a félicité le Dr Ezekwesili et son groupe pour leur “persévérance et fermeté” dans leur lutte pour obtenir la liberté des écolières enlevées :

Je salue la persévérance et la fermeté de @BBOG_Nigeria dirigé par @obyezeks. Sans eux, les #FillesDeChibok.

Aisha Yesufu, une collaboratrice du Dr Ezekwesili dans le Groupe Bring Back Our Girls, a tweeté:

Le message de félicitations le plus réconfortant est venu de ma fille de 15 ans Aliyyah
Comment pourrais-je abandonner nos #FillesDeChibok ? Comment?

D'autres utilisateurs de Twitter ont partagé leur émotion tout de suite après la libération des jeunes filles :

Je pense à la communauté Chibok ce matin et aux célébrations qui auront duré depuis la nuit dernière!

Gloire à Dieu!!

Contre toute attente 82 #FillesDeChibok libérées – Je suis impressionné !

Il n'y a pas assez de mots pour exprimer la joie que je ressens suite à l'info que les 82 filles de Chibok ont été relâchées par Boko Haram !!

Malgré cette bonne nouvelle, certains utilisateurs des médias sociaux ont été peu convaincus par l'action des gouvernements successifs dans cette affaire. Ikhide, critique littéraire, a dénoncé sur Facebook l'absence de transparence dans l'ensemble du processus“:

… Sur Chibok, notre gouvernement a refusé de nous informer. Toutes les questions légitimes ont été ignorées et toute personne pensante qui ose poser des questions est diabolisée comme négationniste. Qu'est-ce qui s'est passé à Chibok ? Notre gouvernement ne nous le dira pas. Parce que personne ne le rendra responsable. Pouvez-vous imaginer que cela puisse se passer ailleurs dans le monde ? Comment pouvez-vous faire cela à votre propre peuple ?

Pourquoi les gens devraient-ils croire au récit sur Chibok lorsqu'il n'y a aucune transparence dans l'ensemble du processus. Personne ne sait vraiment ce qui s'est passé et le gouvernement a choisi le mensonge et la propagande. Pouvez-vous imaginer que cela puisse se passer au Royaume-Uni ? J'ai beaucoup de questions à propos de cette pagaille de Chibok ; toutes ont été ignorées. Ce gouvernement ne répond à aucune question mais exige un respect et une obéissance aveugles. Pourquoi les filles “libérées” n'ont-elles pas été remises à leurs parents ? C'était il y a des mois ? Quel genre de pays est-ce ????

Ikhide faisait peut-être allusion au sort du groupe libéré en octobre, qui a été initialement retenu par le gouvernement. À l'époque, un ministre a déclaré que c'était parce que “une équipe de médecins, de psychologues, de travailleurs sociaux, d'experts en traumatisme” les examinaient. “Surtout parce qu'elles ont été en captivité depuis si longtemps”, avait déclaré le ministre. “Nous contactons maintenant leurs parents dans le cadre de l'exercice de vérification nécessaire”.

En décembre, cependant, elles avaient été réunies avec leurs familles pour Noël. Il y avait des informations selon lesquelles certaines des filles “avaient été gardées dans la maison d'un politicien et empêchées de retourner chez elles, selon la BBC. Néanmoins, elles étaient retournées à l'école en janvier “pour leurs examens finaux“.

En ce qui concerne les dernières jeunes filles libérées, Amnesty International a exhorté le gouvernement nigérian à respecter leur vie privée. Osai Ojigho, directeur d'Amnesty International au Nigeria, a déclaré:

Il est vital maintenant qu'elles reçoivent un suivi médical ainsi qu'un soutien physique et psychosocial adéquat afin qu'elles puissent réintégrer complètement leurs communautés … Le gouvernement devrait également respecter leur vie privée et veiller à ce que les filles libérées se retrouvent avec leurs familles et ne soient pas longtemps retenues pour des raisons de sécurité; ce qui ne pourrait qu'ajouter aux souffrances et à la peine déjà subies.

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