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Angola : Des poèmes pour fêter la journée angolaise de la femme

Cet article a été traduit pendant l'année scolaire 2012 par Manon Chaix, Lucie Ghirardini, Mélody Sancassiani et Paulain-Norbert Tekunju Songwah, étudiants FTSK Germersheim, sous la direction de Catherine Chabasse dans le cadre du projet « Global Voices ».

Mars : un mois aux traits féminins dédié à toutes les femmes du monde [en anglais]. C’est aussi le mois de la femme angolaise. Il appartient à toutes les femmes courageuses qui souffrent, aiment et combattent le sourire aux lèvres. C’est le mois des „Zungueiras“, vendeuses ambulantes [en anglais] qui portent leurs marchandises sur la tête et leur bébé dans le dos. Le mois des femmes d’affaires qui se frayent un chemin dans une société machiste et impitoyable. En mars, les femmes. Le mois des épouses qui sont exploitées par leurs maris sans cœur. Mars : le mois dédié à ces femmes et à toutes les autres qui font de l’Angola un pays plus fort et plus chaleureux.

La journée angolaise de la femme est célébrée le 2 mars pour rappeler le courage de quatre femmes, Deolinda Rodrigues, Irene Cohen, Engrácia dos Santos et Lucrécia Paim, qui se sont battues pour l’indépendance de leur pays. On suppose qu’elles ont été attaquées dans le nord du pays par le FNLA (Front National de Libération de l’Angola) puis enlevées et exécutées. Et pourtant, les Angolais se souviennent toujours de leur nom.

Comme on pouvait s’y attendre, les blogueurs angolais ne sont pas restés inactifs à l’occasion de cette journée. Dans son blog Conde de Angola [en portugais], l’auteur parle des femmes angolaises et commence en citant un poème de Décio Bettencourt Mateus :

“O miúdo nas costas, faminto
O sol queimando
O sol assando
O miúdo nas costas, faminto de alimento
As moscas acariciando-o
E o lixo distraindo-o!
A zungueira zunga, cansada
Na cabeça, o negócio e o sustento
E nos pés empoeirados
O cansaço dos quilómetros galgados
O cansaço da distância percorrida
A zungueira zunga, o miúdo nas costas faminto!”

Este pequeno excerto do poema de Bettencourt retrata o “espírito guerreiro” das mulheres angolanas, também conhecidas por zungueiras. Começo assim o texto desta semana, dedicado a todas as mulheres de Angola, que no passado dia 2 de Março receberam homenagem com a comemoração do Dia da Mulher Angolana… e bem que elas o merecem, são umas autênticas leoas, especialmente as mulheres do pré-guerra. Gordas, magras, altas, baixas, convencem pela conversa transformando um perfume da Avon num perfume Channel. Em média têm sete filhos cada uma, há quem diga que este fenómeno se deva ao facto de só cerca de 6% usarem métodos contraceptivos, o certo é que a programação da TPA (Televisão Pública de Angola) também não ajuda a que este número baixe e por outro lado temos o ego masculino que pode ser rejeitado socialmente senão procriar. Enfim, é tudo a ajudar.

Longe estão os tempos em que o ganha-pão era responsabilidade só dos homens. Agora a sobrevivência passa a ser uma questão de igualdade, mas onde a mulher carrega tudo: carrega a criança às costas, muitas vezes carrega uma às costas e outra dentro da barriga, carrega as robustas cargas para a venda do dia, carrega o sol na cabeça quando sai e retorna com ele, carrega a ingratidão do marido com os copos, carrega as lamentações das crianças, carrega, carrega, carrega…”

“Sur son dos, un enfant affamé
Soleil brûlant Soleil de plomb
Sur son dos, un enfant qui a faim
Harcelé par les mouches
Il joue avec des ordures !
La marchande ambulante marchande,fatiguée
Tous ses biens sur sa tête
Ses pieds poussiéreux,
Fatigués par les kilomètres effectués
Fatigués par la distance parcourue
La marchande ambulante marchande, avec un enfant affamé sur le dos !
Ce court extrait du poème de Bettencourt montre l’esprit guerrier des femmes angolaises qu’on appelle aussi Zungueiras. C’est ainsi que je commence mon article cette semaine en rendant hommage à toutes les femmes angolaises que nous avons célébrées le 2 mars dernier. Ces femmes sont de vraies lionnes, notamment celles qui ont vécu avant la guerre et elles ont bien mérité notre reconnaissance. Qu’elles soient grosses, minces, grandes ou petites, leurs trucs et astuces transforment un parfum Avon en un Chanel. Elles ont en moyenne sept enfants ; certains disent que ce phénomène serait dû au fait que seulement 6% d’entre elles se protègent. D’une part, les émissions diffusées sur les chaînes publiques angolaises ne contribuent pas à améliorer ce chiffre. D’autre part, les hommes pensent que s’ils n’ont pas une nombreuse descendance, ils seront en marge de la société. Au bout du compte, l’addition est lourde.Il est loin le temps où seuls les hommes travaillaient pour rapporter le pain quotidien. La nécessité de survivre pose la question de l’égalité des sexes. Mais tout le poids pèse désormais sur la femme : elle porte son enfant sur le dos et souvent un autre contre sa poitrine, elle porte la marchandise à vendre durant la journée, porte le soleil, elle va et vient, fait des allers-retours, porte le poids de l’ingratitude de son mari et ses bouteilles quand elle rentre à la maison, supporte les jérémiades de ses enfants et recommence encore et encore…”

António Spíndola [en portugais] donne son avis sur ce jour en mettant en évidence l’importance du combat de la femme angolaise :

Em Angola as mulheres pretendem chamar a atenção para o seu papel e a sua dignidade, bem como levar a sociedade a ter uma consciência social do valor da pessoa, a perceber o seu papel e contestar e rever preconceitos e limitações que têm sido impostos à mulher. Como mães, esposas, filhas, ou simplesmente como mulheres, elas têm lutado pela sua emancipação, combatendo o analfabetismo e os actos de violência no género e na família. Elas estão, sobretudo, firmemente inseridas no processo de reconciliação e reconstrução nacional.

Les femmes angolaises veulent attirer l’attention sur leur rôle et leur dignité. Elles veulent tout autant que la société développe une conscience sociale sur la valeur de l’être humain, qu’elle comprenne leur rôle et qu’elle remette en question les préjugés et les restrictions qui leur ont été imposées. Elles se sont battues en tant que mères, épouses, filles ou simplement en tant que femmes, pour leur émancipation, contre l’analphabétisme, ainsi que contre les violences exercées contre les femmes également au sein des familles. Elles jouent surtout un rôle important dans la reconstruction et la réconciliation nationale.

Et pour clore cet article dédié aux femmes angolaises, voici un poème du blog Universal [en portugais]:

“Aguardo sempre a infinita espera da demora
Como na magia das margens do meu céu
desespera um anjo
Nunca esquecerei o meu gesto de ternura
Sempre dedicado ao meu filho
no longínquo abandonado
Por promessas que nunca serão cumpridas
Nunca esquecerei as esperas
das minhas incontáveis bichas
Filas humanas para conseguir o essencial
de todos os dias
Séculos e séculos desesperados
para me afirmar como mulher
Com dignidade de escrava
habituei-me a suportar
Os desprezos que sobre mim tem lançado
E nesta condição humana provocada
Renasce-me a negra existência
e medito, reafirmo:
Sou negra como o sol castanho
amarelecido das tardes
Como o luar das noites, naturais
Manchada das alvas amarelas do anual
malmequer
Porque sou bela, como o amanhecer
de todos os dias
Sou negra, digna descendente
da nobreza africana”

“J’attends continuellement l’attente sans fin du retard
comme un ange qui perd espoir
en les frontières magiques de mon ciel
Je n’oublierai jamais mes actes de tendresse
toujours à mon fils consacrés
exilé au loin
des promesses qui ne sont jamais tenues
Je n’oublierai jamais l’attente
de mes files d’attente sans fin
des files humaines qui attendent l’indispensable
chaque jour
des siècles et des siècles à désespérer
de m’affirmer moi-même en tant que femme
Avec la dignité d’une esclave
je m’habitue à tout supporter
Le dédain en moi grandit
Et dans cet état humain et bouleversant
s’éveille de nouveau en moi l’existence noire
et méditant, je proteste encore une fois :
Je suis aussi noire que le soleil brun
qui l’après-midi jaunit
quand la lumière de la lune des nuit naturelles
de la fleur jaune des soucis qui fleurissent chaque année
est teinte
Parce que je suis aussi belle que le lever du soleil
chaque jour
Je suis une descendante noire, digne
de la noblesse africaine “

Photo d’une femme angolaise nommée Eurídice, de l’utilisateur de Flickr ccarriconde, publiée avec l’aimable autorisation sur Global Voices.

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