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Venezuela : L'intention du gouvernement de contrôler Internet préoccupe les internautes

Les discussions s'enflamment au Venezuela après une série de décrets et de déclarations du président Hugo Chavez, qui s'est interrogé sur l'usage qui est fait d'Internet dans le pays. Beaucoup interprètent ces déclarations et ces propositions de lois à l'Assemblée comme une volonté du gouvernement de contrôler le web vénézuélien.

Après une année de débats centrés sur un décret qui posait la question de la priorité de l'Internet [dans les dépenses publiques] [en français], les inquiétudes réapparaissent sur la toile. La plupart des craintes du gouvernement [sur le danger de l'internet] se sont révélées fondées lorsqu'a été annoncé sur le forum du site Noticiero Digital [tous les liens suivants sont en espagnol], un journal en ligne vénézuélien, le prétendu décès de Diosdado Cabello, le ministre des travaux publics et du logement. D'autres blogs ont repris cette fausse information, qui est restée deux jours en ligne avant que les administrateurs du site la retirent et publient un démenti.

C'était l'exemple de trop pour le gouvernement d'Hugo Chavez, qui a déclaré que devrait s'exercer un contrôle sur les publications en ligne. Il a annoncé à la télévision que l'Internet ne devrait pas être une place publique où chacun peut publier ce qu'il désire, sans aucun contrôle. Il a ajouté que tous les pays devraient édicter des normes et des règles pour éviter que se répandent des fausses rumeurs et que se crée un climat malsain.

C'est désormais une coutume, dans la vie politique du Venezuela, d'essayer de deviner les conséquences probables des desseins du gouvernement et de prévoir les réactions des citoyens. Le but des initiatives créées en ligne est ainsi de révéler au grand jour les objectifs gouvernementaux, voire de les combattre. Pour certains, c'est la manipulation dans les médias qui est à l'origine de cette hostilité envers Internet. Pour d'autres, il s'agit de l'apparition de l'ombre menaçante de la répression déjà vue à Cuba et en Iran, deux des plus proches alliés du gouvernement vénézuelien.

Selon Reporters Sans Frontières, la mise en place de restrictions ne résoudra pas le problèmes des fausses informations sur la toile. RSF ajoute qu'il s'agit d'un prétexte pour contrôler un espace que le gouvernement n'a pas su contrôler dès le départ.

Pour répondre aux stratégies législatives mises en œuvre, le groupe Tod@s en Red (Tout le monde en ligne) a créé un document en ligne dans lequel sont proposés plusieurs arguments soulignant l'importance primordiale de l'accès à l'Internet. Leur motivation principale est de faire circuler ce document sur la toile et de générer des discussions. Ils suggèrent aussi de promouvoir ces positions à travers [le service] Twitter et [le réseau social] Facebook, et de faire des commentaires sur leur site. Certains des points qu'ils soulignent sont :

* Reivindicar la info-alfabetización como un derecho social, dado que el desarrollo de destrezas informáticas que le dan al ciudadano mayores posibilidades tanto para aprender autónomamente, como para colaborar en proyectos colaborativos o colectivos.

* Demandar los aportes del Estado y la contribución del sector privado para el desarrollo de infraestructura de red y ampliación del acceso a la conectividad para superar la brecha digital que aún persiste en Venezuela.

* Reconocer que Internet no es un lujo sino un recurso clave para el combate de la pobreza y el logro de los objetivos nacionales de desarrollo.

* Promouvoir la maîtrise de l'information comme un droit social, puisque le développement des compétences informatiques donne aux citoyens de nouvelles possibilités d'être autoditacte et aussi de participer à des projets collectifs.
* Demander à l'état et au secteur privé de contribuer aux développements des infrastructures afin d'améliorer l'accès aux technologies et réduire la fracture [technologique] qui existe toujours au Venezuela.
* Faire admettre que l'Internet n'est pas un produit de luxe, mais un outil-clé pour combattre la pauvreté et pour atteindre les objectifs nationaux en terme de développement.

Sur le blog Webarticulista, Juan Páez Avila commente l'affaire de la fausse information :

(…no se puede) responsabilizar a la red de redes que se utiliza en el mundo civilizado no sólo para informar de lo que pueda interesarle a un forista bien o mal intencionado, sino para impulsar el desarrollo integral de las naciones. (…)

Y aunque el caso podría limitarse a la investigación del forista, porque la Constitución Nacional prohíbe el anonimato, lo grave del mismo es que el Comandante en Jefe adelantó opinión y solicitó que además de investigar al noticiero se piense en regular el funcionamiento de Internet en nuestro país, lo cual, según la experiencia conocida constituye una orden para que se proceda a censurar al medio o a provocar la autocensura.

Il est impossible de rendre la toile responsable de cela. Cet outil est non seulement utile pour informer celui qui participe à un forum en ligne, quelles que soient les intentions de celui-ci, mais aussi pour favoriser le développement des nations.
Alors que l'affaire pourrait se limiter à une enquête sur l'auteur qui a publié la fausse nouvelle (puisque la Constitution interdit l'anonymat), je trouve inquiétant que le président s'y implique et que non seulement il suggère [l'ouverture] d'une enquête, mais qu'il pense aussi à réguler le fonctionnement de l'Internet dans notre pays. Si l'on se rappelle des expériences passées, il s'agit d'ordonner la censure d'un média précis ou d'inciter à l'auto-censure.

D'un autre côté, Pascual Serrano discute des réelles implications du discours du président :

En realidad el presidente venezolano denunciaba informaciones falsas (…). Chávez afirmó que los medios “no pueden ser libres para decir lo que te de la gana, hay que cumplir las leyes y la Constitución”, y pidió que la fiscalía actúe contra los medios que difundan falsedades en internet, tal y como sucede en países como Estados Unidos, España o Colombia.

La corresponsal de El País en Caracas, Mayte Rico, tituló “Chávez dice que Internet ‘no puede ser libre’”, en un claro ejemplo de manipulación. Hagamos el siguiente ejercicio. ¿Pensamos que los ciudadanos pueden ser libres para asesinar a sus vecinos que no les caigan bien? Evidentemente, responderíamos que no. ¿Eso quiere decir que pensamos que “los ciudadanos no pueden ser libres”?

Ce que le président vénézuelien a en fait condamné est la publication d'une fausse information. Il a argumenté que les médias “ne peuvent être libres de dire n'importe quoi, ce qui [leur] chante. Il est nécessaire de respecter les règles de la Constitution.” Il a aussi demandé au bureau du procureur d'agir contre les médias qui publient de fausses informations en ligne, comme cela s'est déjà produit aux États-Unis, en Espagne ou en Colombie.

(Pourtant), le correspondant du journal espagnol El País à Caracas, Mayte Rico, a titré son article sur le sujet “Chavez a déclaré que l'Internet “ne peut pas être libre“. C'est une preuve évidente de manipulation. Réfléchissons à cet exemple : pensons-nous que les citoyens sont libres de tuer leurs voisins s'ils ne les aiment pas ? Bien sûr que “non” sera la réponse. Cela signifie-t-il que nous pensons que les “citoyens ne sont pas libres” ?

Pour préciser son argumentation, Pascual donne le lien d’une vidéo dans laquelle Hugo Chávez explique ses motivations.

Mercedes Chacín affirme aussi que les manipulations sont nombreuses et ajoute :

Hasta ahora, ningún país del mundo se había llevado una sola línea en la prensa internacional por implantar este tipo de soluciones. Sin embargo, Venezuela ha conseguido incluso portadas y primeras páginas (…) solamente por tomar las mismas decisiones que otros países, absolutamente justificadas y encaminadas a aumentar la eficiencia y la seguridad en sus comunicaciones.

(Según la prensa, Chávez) No solicita, no declara, no pide, no opina, el Presidente “ataca”.

Jusqu'à présent, pas un seul pays dans le monde n'a fait les gros titres de la presse internationale quand il a mis en œuvre de telles solutions. Pourtant, le Venezuela a fait la une des journaux (…) alors qu'ils ont fait ce que d'autres nations ont décidé de faire, de manière totalement justifiée et dans le but d'améliorer l'efficacité du partage de l'information [sur Internet].

(Selon la presse, Chavez…) ne demande pas, ne pense pas, ne dit pas ; le président “attaque”.

De son côté, César Carrillo souligne combien Internet et des connections gratuites sont essentiels pour la politique de Chavez dans son article “Revolution et Internet : Faire coup double” :

(En internet) no existe la primera figura del actor, allí todos somos protagonistas, pero eso no quita que aquellos que hacemos vida de internauta en las redes interlazadas de alcance global, estemos exentos de una buena cuota de responsabilidad de orden jurídico (…)

Se especula sobre un supuesto sensor (sic), mordaza o filtro a Internet dentro de la jurisdicción soberana de parte de nuestro gobierno revolucionario, de materializarse sería un craso error. Esta medida para nada favorece a nuestro proceso y eso antes de sumar, resta.

(Sur Internet), il n'y a pas un acteur unique. Nous sommes tous le personnage principal. Mais cela ne signifie en aucun cas que tous les internautes qui, connectés à d'autres, participent activement à un projet à dimension internationale, ne sont pas responsables au regard de la Loi.
Certains spéculent sur l'inscription dans la loi souveraine par notre gouvernement révolutionnaire de la possibilité de censurer, de contraindre ou de filtrer. Si cela se produit, ce sera une terrible erreur. Cette mesure ne favorisera pas notre projet. Cela n'apportera rien, bien au contraire.

Enfin, Tomás Horacio Hernández réagit à la déclaration de l'un des porte-paroles du gouvernement :

Que la defensora del Pueblo, Gabriela Ramírez afirme que: “Los portales web que se generen para la libre opinión deben estar plenamente apegados a la Constitución y la ley, a fin garantizar que no atenten contra la paz y el estado de derecho” es tan absurdo y tan contradictorio como decir que uno como ser humano es libre ser, siempre y cuando el estado te lo permita. ¿Por que alguien me tiene que obligar a leer algo, imponerme lo que debo pensar al respecto y responsabilizar al medio si uno dice lo contrario al libreto?

La médiatrice des citoyens Gabriela Ramírez a déclaré que “les sites Internet permettant l'expression d'opinions libres devraient respecter scrupuleusement la Loi pour éviter de remettre en cause l'harmonie [du pays] et la primauté du droit”. Dire cela est aussi absurde et contradictoire que dire que les êtres humains sont libres, tant que l'état le permet. Pourquoi devrait-on m'obliger à lire quelque chose, m'imposer ce que je dois penser et faire du média [qui me permet de m'exprimer] le responsable si je ne respecte pas les règles ?

Le site du groupe Todos en Red a mis en ligne un espace dédié intitulé “Papeles para el debate (Documents pour débattre) dans lequel on peut trouver les principaux documents, comme les sources de la plupart des débats, auxquelles ont été ajoutés les textes des projets et des décrets.

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