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Mozambique : émeutes contre la chèreté de la vie à Maputo

Mardi 31 aout, une rumeur de grève générale s'est répandue dans tout le Mozambique par le bouche à oreille, les SMS et même Twitter. La raison : le coût “injustifié” de la vie, les augmentations du prix du pain, de l'eau et de l'électricité. Nos lecteurs pourraient se rappeler qu'une augmentation du prix du transport en minibus avait provoqué des émeutes en février 2008 [en anglais]. Les habitants de la ville sont donc allés tôt au lit.

Le mercredi matin, des blogueurs et des utilisateurs de Twitter conversaient déjà en ligne sur cette rumeur. Eduardo Castro de Elefante News écrit [en portugais] :

Ouvi na Antena Nacional e li nO País (primeiro pública, segundo privado) que a polícia não “recebeu nenhum pedido de manifestação popular” para hoje aqui em Maputo.

Mas a cidade está visivelmente mais policiada. E já teve bloqueio em Benfica, Xiquelene e Chopal.

Tem pouco chapa (vans) circulando por Mahotas. Já recebi telefonema de gente que voltou pra casa depois de esperar por transporte desde cedo, sem sucesso.

A preocupação é que se reedite 2008: os chapas fizeram uma manifestação que convulsionou a cidade.

Na manchete dO País, o motivo da agitação: Água e luz com novos preços a partir de hoje em todo país”.

J'ai entendu à la radio nationale et lu sur O País (la première est publique et le second privé) que la police n'a “reçu aucune demande d'autorisation pour une manifestation publique” à Maputo aujourd'hui.

Mais la police est visible et exerce une surveillance. Il y avait un barrage de la police à Benfica,  Xiquelene et Chopal.

Il y a peu de chapas [minibus] qui circulent autour de Mahotas. J'ai reçu un appel de personnes qui revenaient à la maison après avoir attendu un moyen de transport depuis le matin, en vain.

La crainte est une répétition de 2008 : les chapas avaient organisé une manifestation qui avait provoqué des troubles dans la ville.

Le titre d'ouverture du journal  O País, explique les raisons de la nervosité : les nouveaux tarifs de l'eau et l'électricité dans tout le pays.

Le sociologue Carlos Serra, qui fut une importante source d'informations en 2008, écrit :

Com voz calma, um representante do Governo esforçou-se no programa “Café da manhã” da Rádio Moçambique (7:30/8:00) por mostrar que o governo tudo tem feito para evitar que o preço do pão (mais caro a partir do dia 6, estável desde 2008) fique mais oneroso… Ouvintes do programa enviaram mensagens queixando-se da carestia de vida e lamentando a subida do preço do pão, “alimento do pobre”, escreveu um deles. O representante apelou aos ouvintes para procurarem substituir o pão por outros produtos, por exemplo pela batata doce.

pelos relatos que me vão chegando de vários pontos da cidade (Avenida de Moçambique, por exemplo), penso que esta é uma situação que vai exigir muito bom senso e grande prudência na gestão.

D'une voix calme, un représentant du gouvernement a fait un effort au cours de l'émission “Petit déjeuner” sur Radio Mozambique (7:30/8:00) pour démontrer que le gouvernement avait tout fait pour éviter que l'augmentation des prix du pain (renchérissement de 6 fois, alors qu'il était resté le même depuis 2008) soit un problème plus grave … Les auditeurs du programme ont envoyé des messages protestant contre le coût élevé de la vie et se plaignant de l'augmentation du prix du pain, “la nourriture du pauvre”, a écrit un parmi eux . Le représentant du gouvernement a invité les auditeurs à remplacer le pain par d'autres produits, comme par exemple les patates.

D'après les informations qui me parviennent de plusieurs côtés de la ville (Avenue Mozambique par exemple), je pense que c'est une situation qu'il faudra gérer avec beaucoup de sang-froid et une grande prudence.

L'utilisateur de Twitter BarataJorge rapporte :

Linhas de telefonia móvel congestionadas, na cidade de Maputo.

Le réseau de téléphonie mobile est surchargé dans la zone de Maputo.

Un autre, TeknikNineMilli, a dit :

#Greve em maputo. É o q dá abusar das pessoas. A parte má, é q há gente a pilhar, vandalizar e etc.

#Grève à Maputo. C'est ce qui arrive lorsque vous maltraitez les gens. Les conséquences sont que des gens vont piller et vandaliser, etc.

Le prolixe  Katembe a annoncé sur Twitter des tirs, des caillassages et du vandalisme dans les bas quartiers de la ville, comme ici :

Na EN4, carros e autocarros a ser atacados com pedras” / “isto está mal, nem dá pra pôr um pé fora de casa (Chamanculo)”

Sur la EN4, des voitures et des bus sont attaqués avec des pierres”/”c'est très mauvais, on ne peut même pas sortir de la maison (Chamanculo)”

La journaliste freelance Nastasya Tay a envoyé ce message par Twitter :

Des émeutes dans les banlieues. Tir de balles en caoutchouc. Des incendies de pneus sur les routes et de la fumée qui monte au-dessus de Maputo de pneus brulés.

Mise à jour - mercredi, 12:15 heure de Maputo:

Une carte de suivi de crise sur la plateforme Ushahidi a été lancée par le journal  Jornal A Verdade (@verdademz). Des incidents ont eu lieu dont certains mortels,  deux enfants ont été blessés par balles sur l'Avenue Acordos de Lusaka.

Mise à jour – mercredi, 18:44 heures de Maputo:

A Verdade [La Vérité] a publié un communiqué du gouvernement mozambicain invitant les citoyens à rester calmes, pendant la nuit.

Mises à jour de Paula Góes et Sara Moreira

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