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Côte d’Ivoire : terreur à Abidjan.

Ce billet fait partie du dossier spécial de Global Voices sur les événements de Côte d'Ivoire 2011 (en anglais ; la plupart des articles existent en version française)

Abidjan a connu  avant le début de la guérilla qui sévit depuis quelques jours une série de violences inédites, des attaques contre les domiciles privés des adversaires politiques de Laurent Gbagbo.

Thiery Latt dresse la liste non exhaustive des résidences des cadres RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix) pillées et incendiées :

Amichia François, maire de Treichville et son père, Adama Toungara, maire d’Abobo et ministre des Mines et de l’Energie, Charles Koffi Diby, ministre de l’Economie et des Finances, Albert Mabri Toikeusse, ministre du Plan et du Développement, Adama Bictogo, Amadou Koné, Zemogo Fofana, Sidy Diallo, Sidiki Konaté, Meité Sindou, Mme Constance Yaï, le général François Konan Banny,la maison familiale de Jean-Baptiste Ekra,

Et ajoute dans le même article :

Joint au téléphone par ONUCI FM, le ministre Albert Mabri Toikeusse explique que c’est le jeudi dernier [3 mars] dans la matinée, que plus de deux cents jeunes armés de gourdins, ont fait irruption à sa résidence. En pleine journée, ces jeunes, selon lui ont pillé sa maison avant d’être dispersés par le CeCOS (Centre de commandement des opérations de sécurité).

Sur le site Abidjan.net, le billet Des maisons de ministres et alliés de Ouattara cibles de pillages donne plus de précisions :

Amadou Coulibaly, haut conseiller d`Alassane Ouattara, a accusé la police de recruter des jeunes pour participer à ces pillages qui ont commencé jeudi. “Ils tentent d`instaurer une atmosphère de terreur”, a-t-il affirmé. “Mais ils ne peuvent pas faire plus que ce qu`ils ont déjà fait, tirer sur des femmes désarmées“, …

Un témoin a rapporté avoir vu un camion transportant des membres des forces d'élite du CeCOS (Centre de commandement des opérations de sécurité), quitter samedi la maison du ministre des Finances d`Alassane Ouattara, Charles Koffi Diby. Un réfrigérateur avait été chargé dans le camion, selon ce témoin, qui a dit avoir vu le véhicule revenir et repartir une seconde fois de la résidence, cette fois en emportant un coffre.

Des dizaines de jeunes adolescents ont fracassé les portes et fenêtres de la maison, avant de s`en aller, portant costumes et robes et emportant plats et autres biens, a ajouté ce témoin, qui a requis l`anonymat dans la crainte de représailles.

Mais que valent les maisons des cadres pro Ouattara pillées et saccagées s’interroge C.K.

Quand les gens meurent, quand les vies sont détruites, faut-il s’apitoyer sur les biens matériels ? Faut-il parler des maisons détruites et pillées ? Que vaut le pillage des domiciles … devant les femmes tuées à Abobo, Treichville, les jeunes et les enfants blessés, les victimes de Daoukro, Duekoué et d’ailleurs? … Même en Septembre 2002 ou Novembre 2004, les crises ivoiriennes n’avaient pas atteint un tel degré de destruction et d’autodestruction. Mais nous ne devons pas pleurer les biens matériels. Il faut pleurer les morts, les victimes, les éclopés, les handicapés à vie.

Il y aurait eu des victimes lors de ces pillages, d’après Sindou Cissé qui écrit un article intitulé Descente de ‘’jeunes patriotes’’ chez Touré Ahmed Bouah – Un enfant tué, deux autres enlevés :

Les jeunes pro-Gbagbo qui pillent depuis quelques jours des domiciles à Abidjan sont arrivés, lundi, chez Touré Ahmed Bouah. Le bilan est dramatique… Après avoir saccagé la villa et pris des biens, ils ont enlevé deux fils … et abattu un troisième qui se débattait pour ne pas être emporté. Selon le père …, le gamin tué était l’un de ses jumeaux de 12 ans. Il se nomme Touré Losséni. C’est son frère jumeau, Touré Lacina, et leur cadet de 8 ans, Touré Seydou, qui ont été kidnappés. Une visite guidée des lieux a permis aux journalistes de constater les dégâts causés par les malfaiteurs, arrivés, selon les témoins, autour de 17 heures, à bord d’une vingtaine de véhicules 4X4.

Anzoumana Cissé poursuit Après le pillage de la résidence de Touré Ahmed Bouah : Son enfant de 12 ans assassiné par des miliciens et la Fesci et l'enlèvement de ses enfants jumeaux:

…les ravisseurs seraient à la cité Rouge. Et ils exigent une rançon de 250 millions FCFA…

Y.DOUMBIA dit avoir recueilli – le témoignage du père, Monsieur Hamed Bouah

« …, je n'ai jamais été un animateur du front politique. Je suis un opérateur économique et je suis étonné que je sois la victime aujourd'hui », s'est lamenté Touré Hamed Bouah.

À Abidjan les “rebelles” subissent également le supplice du pneu le nom de code de ce lynchage est “ARTICLE 125″ c'est-à-dire 100FCFA pour le pétrole servant à asperger la victime et 25FCFA pour les allumettes servant à mettre le feu.

Le 8 mars @StevenJambot envoyait ce message :

Brûlés vifs en CIV, voilà la vidéo insoutenable http://on.fb.me/gGruhv On ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. #civ2010.

Le 14 mars, le site Koaci.com mettait en ligne la lapidation d'un jeune homme qui allait voir un ami à Yopougon dans le quartier millionnaire (celui de Blé Goudé) juste derrière le “groupement foncier” devant le garage Dosso, pris pour un rebelle le CeCOS lui aurait tiré dans la jambe pour l’empêcher de s’enfuir puis des pro-Gbagbo, l’ont achevé à coups de pierres.

Les tueurs ne se cachent même pas  http://yfrog.com/h7188dp http://yfrog.com/gyhbpep http://yfrog.com/h82z8vp http://yfrog.com/h75kzsp

lynchage youpogon

Lyncheurs présumés de Youpogon. Image via @N2_language

Dans ce contexte, il y a évidemment des enlèvements :

Où se trouve le Colonel Major DOSSO Adama, ex-pilote d'houphouet boigny, enlevé à un barrage près de l'ambassae US a Abidjan ?

demande @diabymohamed.  Sur Facebook un communiqué de presse nous retrace les faits : l’enlèvement du Colonel Dosso et ses significations profondes survenu le samedi 12 mars.

Ce billet fait partie du dossier spécial de Global Voices sur les événements de Côte d'Ivoire 2011 (en anglais ; la plupart des articles existent en version française)

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