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Mexique : Réactions après la “démission” de l'ambassadeur américain Carlos Pascual

Carlos Pascual, l'ambassadeur des États-Unis au Mexique, a donné sa démission [en anglais] le 29 mars 2011. Cette décision a été prise quand le président mexicain Felipe Calderón a manifesté son irritation suite à la divulgation des télégrammes confidentiels de l'ambassadeur, Carlos Pascual, publiés sur Wikileaks.

La décision a été rendue publique par la secrétaire d'état Hillary Clinton, qui a salué le travail du diplomate au Mexique sur ‘de nombreuses questions vitales pour les relations bilatérales dans le commerce, l'énergie, les droits humains et la lutte commune contre les cartels de la drogue’ .

Carlos Pascual, photo sur Flickr des Archives nationales américaines (CC BY-SA 2.0)

Les blogueurs ont réagi à l'annonce de la secrétaire d'état Clinton. Jaime Alejandro Rosales D. [en espagnol] estime que la démission de Carlos Pascual est liée à la divulgation des documents par Wikileaks et demande ​​ce qui pourrait arriver si les documents secrets des fonctionnaires mexicains était rendus publics eux aussi :

El retiro del embajador de Estados Unidos en México, Carlos Pascual, anunciado ayer, es uno de los saldos de las revelaciones de Wikileaks. En ese sentido cabe preguntarse cuántos de nuestros funcionarios, incluido el propio Felipe Calderón, dejarían de ser confiables para la ciudadanía y tendrían que renunciar si la opinión pública conociera los análisis, motivaciones y maneras que utilizan para ejercer el poder y controlar, cuando no para manipular, a la población.

Le départ de l'ambassadeur des États-Unis au Mexique, Carlos Pascual, annoncé hier, est une conséquence des révélations de Wikileaks. Nous devrions donc nous demander combien de nos fonctionnaires, y compris Felipe Calderón, ne seraient plus considérés dignes de confiance par la population et devraient démissionner si l'opinion publique apprenait les analyses, motivations et méthodes utilisées pour exercer le pouvoir et le contrôle, sinon la manipulation, de la population.

Sur un autre site, plutôt que de tenter de juger si la démission de l'ambassadeur est directement liée à la divulgation de documents et à la pression du gouvernement mexicain, “immorfo” déclare sur le blog El Chahuistle [espagnol] qu'il s'agissait simplement d'une “action unilatérale” des États-Unis. Il estime qu'elle sera exploitée par les partis politiques mexicains qui tenteront de la faire passer pour le résultat de leurs déclarations ou de leur lobbying, qu'il qualifie d'inconséquents :

Descripciones que seguro provocaron la diminuta ira del paracaidista de Los Pinos pero sin la sustancia suficiente para provocar un despido como el de Pascual; al contrario, esto es una acción unilateral de Estados Unidos ante la cual los panistas tratan de hacerla un logro meritorio de sus gimoteos, pero el que Calderón haya considerado que es “difícil” trabajar con el ahora ex embajador es eso, un gimoteo hueco sin repercusión. [énfasis del autor]

Des descriptions qui ont sûrement quelque peu énervé l'occupant de Los Pinos [la résidence officielle du président du Mexique], mais qui ne sont pas suffisamment importantes pour conduire à une démission telle que celle de [l'ambassadeur] Pascual. Au contraire, il s'agit d'une action unilatérale des États-Unis que les membres du PAN [Parti Action Nationale, parti du président actuel] essaient de faire passer pour une conséquence de leurs jérémiades. Pourtant, alors que Calderón a estimé qu'il était “difficile” de travailler avec le désormais ex-ambassadeur, ce sont des plaintes vides et sans conséquence. [emphase de l'auteur]

Sur le même sujet, Martha Anaya [espagnol] admet qu'il est difficile de comprendre l'irritation du président Calderón lorsque l'on connait le contenu des documents divulgués. En effet, les ambassadeurs qui ont précédé Carlos Pascual ont pris des positions tranchées sur des sujets sensibles qui, à l'époque, étaient le reflet de la situation au Mexique. Certaines ont même été rendues publiques par les diplomates eux-mêmes, comme Jeffrey Davidow (qui a occupé le poste de août 1998 à septembre 2002). Anaya note :

Según le dijo Calderón al Washington Post, una de las cosas que más le molestó fue ver plasmado en los cables que en el Ejército Mexicano le tenían “aversión al riesgo”, o que no son suficientemente valientes, cuando han perdido probablemente unos 300 soldados.

¿Qué escribió Davidow al respecto en su libro “El oso y el puercoespín” (Grijalbo 2003)? Va un párrafo (las negritas y subrayados van por mi cuenta):

“Todos los días, oficiales policiacos, agentes del ministerio público y jueces son amenazados e incluso asesinados. Zonas enteras de ciertos estados están dominadas por los narcotraficantes donde el imperio de la ley no las afecta y las fuerzas del orden temen entrar en ellas .” [énfasis de la autora]

Calderón a déclaré au Washington Post que l'une des choses qui l'avait le plus irrité avait été de lire les documents officiels indiquant que l'armée mexicaine “avait peur du risque”, ou que ses soldats n'étaient pas assez courageux, alors qu'ils avaient probablement perdu environ 300 hommes.

Qu'est-ce que Jeffrey Davidow a écrit à ce sujet dans son livre “L'Ours et le Porc-Épic” (“El oso y el puercoespín“) (Editions Grijalbo, 2003) ? Voici un paragraphe (les mots en gras sont de moi) :

“Tous les jours, les fonctionnaires de police, les agents des ministères publics et les juges sont menacés, voire tués. Des régions entières de certains états sont dominées par les trafiquants de drogue qui sont à l'abri des lois et les policiers n'osent pas entrer.” [emphase de l'auteur]

Anaya continue :

Vuelvo a citar a Davidow:

“Para los políticos mexicanos ha sido tradicionalmente benéfico que los vean infligir cierto daño a Estados Unidos. Por lo general , la agresión –que suele ser muy retórica y rara vez real—se controla ; hay un puñetazo contundente en el ojo, más que un golpe en el cuerpo”.

Pedirle al Presidente Obama que retirara a su Embajador en México no cae precisamente en el campo de la “retórica”, pero sí resulta contraproducente en términos diplomáticos.

Así que sigo sin entender la ira de Calderón hacia Pascual. Al menos, no por las razones que esgrimió ante el Post. [énfasis de la autora]

Citant à nouveau Jeffrey Davidow :

“Il a toujours été bénéfique aux hommes politiques mexicains que les Mexicains les voient infliger quelques dégâts aux États-Unis. Dans l'ensemble, l'agression – qui est généralement rhétorique et rarement réelle – est contrôlée : un bon coup de poing dans l'œil, plutôt qu'un coup au corps”.

Demander au Président Obama de retirer son ambassadeur au Mexique ne rentre pas exactement dans la catégorie “rhétorique”, mais cela semble contre-productif au niveau diplomatique.

C'est pourquoi je ne comprends toujours pas l'irritation de Calderón à l'égard de Carlos Pascual. Du moins pas pour les raisons qu'il a mises en avant dans le Post. [emphase de l'auteur].

À cet égard, les réactions des blogueurs à l'annonce de Mme Clinton sont nombreuses et variées. Cependant, au moment de la rédaction de ce billet, le 29 mars 2011 (10 jours après l'annonce officielle de sa démission), Carlos Pascual est toujours au poste d'ambassadeur pour les États-Unis au Mexique et apparaît comme tel sur le site officiel [espagnol] de l'ambassade.

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