Toutes les langues dans lesquelles nous traduisons les articles de Global Voices, pour rendre accessibles à tous les médias citoyens du monde entier

En savoir plus Lingua  »

En Tanzanie, exprimer une opinion politique sur les médias sociaux est de plus en plus dangereux

Le signalement d'un café Internet en Tanzanie. La Tanzanie est l'un des 10 premiers pays ayant le d'utilisateurs d'Internet en Afrique. Photo Creative Commons par l'utilisateur Flickr Aslak Raanes.

Un café Internet en Tanzanie. La Tanzanie est l'un des 10 premiers pays ayant le plus d'utilisateurs d'Internet en Afrique. Photo sous licence Creative Commons par l'utilisateur Flickr Aslak Raanes.

Cinq citoyens tanzaniens, Dennis Temu, Suleiman Nassoro, Shakira Makame, Juma Mtatuu et Dennis Mtegwa, ont comparu devant un tribunal tanzanien le 14 septembre accusés d'avoir insulté le président John Magufuli sur les médias sociaux. Tous les cinq ont nié les accusations.

L'accusation soutient que les cinq ont partagé un contenu offensif ciblant le président et la police entre le 24 et le 30 août de cette année, en violation de l’ article 118 (a) de la Electronic and Postal Communications Act No. 3 [loi sur l'électronique et les communications postales n ° 3] de 2010.

Cette section condamne à une sanction pénale toute personne qui :

sciemment fait, crée, sollicite ou initie la transmission de tout commentaire, demande, suggestion ou autre communication considérée obscène, indécente, fausse, menaçante ou à caractère offensant avec l'intention de perturber, menacer ou de harceler une autre personne …

Parmi les cinq accusés, les procureurs de l'Etat allèguent que M. Mtegwa a publié un commentaire abusif et offensant dans un groupe WhatsApp appelé DSM 114U Mouvement en kiswahili. Traduit approximativement, le commentaire en question se lit :

Je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de JPM [le Président John Pombe Magufuli Tanzanie] … Il ne sait même pas comment s'excuser. Nous sommes à ce stade à cause d'une personne qui croit que ce qu'elle pense est toujours juste … il doit comprendre que la politique n'est pas un ressentiment et que l'opposition n'est pas une ennemie … il devrait apprendre à rivaliser avec l'opposition sur la base du débat, et non de la force.

Dans une autre affaire récente, Oscar Magava, un maître de conférences à la Faculté de l'éducation de l'université Mkwawa dans la région d'Iringa, a été arrêté pour avoir prétendument insulté le président.

Le chef de la police régionale, Julius Jengi Gava, a déclaré le 15 septembre que son service avait reçu des rapports selon lesquels le professeur utilisait les réseaux sociaux pour insulter le président. Il n'a pas précisé quel réseau social il utilisait et ce que M. Magava avait exactement dit à propos du président.

Depuis que le président John Magufuli a remporté l'élection présidentielle en octobre 2015,  déjà 14 personnes ont été arrêtées et inculpées pour insulte au président sur les médias sociaux. Jusqu'à présent, un seul citoyen, Isaac Abakuki Emily, a été reconnu coupable. Il a été condamné en juin 2016 pour insulte au président tanzanien John Magufuli sur sa page Facebook par la Arusha Resident Magistrate’s Court [Cour du magistrat résident d'Arusha].

Le citoyen tanzanien Leonard Mulokozi a été accusé le 22 juin sous la Loi électronique et des postes et communications de la Tanzanie pour un message sur WhatsApp que les autorités considèrent “déplacé” envers le président tanzanien, John Magufuli.

En octobre 2015, deux Tanzaniens sont devenus les premières victimes de la nouvelle loi. Benoît Angelo Ngonyani, un étudiant de 24 ans à l'Institut de technologie de Dar es Salaam, a été inculpé pour la publication d'informations “fausses ou non vérifiées par les autorités compétentes”. Il est allégué qu'il a publié un message sur Facebook affirmant que le chef des Forces de défense de la Tanzanie, le général Davis Mwamunyange, avait été hospitalisé après avoir mangé de la nourriture empoisonnée.

En novembre 2015, quatre Tanzaniens – Leila Sinare, Godfrey Soka, Deo Soka et Monica Gaspary Soka – ont été inculpés en vertu de l'article 16 de la loi sur la cybercriminalité pour la publication sur WhatsApp d'informations fausses liées aux élections. Les procureurs allèguent que les accusés ont audio-publié des informations dans un groupe WhatsApp appelé le “Soka Group”, qui étaient destinées à tromper le public pendant les élections générales tanzaniennes d'octobre 2015, entachées d'accusations de fraude.

La plupart de ces citoyens ont été inculpés en vertu de la relativement nouvelle et controversée Loi sur la cybercriminalité. Les autorités considèrent ce texte comme un outil important pour la lutte contre la pornographie enfantine, la cyber-intimidation, l'usurpation d'identité, la publication de contenus racistes et xénophobes en ligne ainsi que de messages non sollicités (spam), l'interception illégale de communications et la publication de fausses informations.

La loi controversée a été promulguée par l'ancien président Jakaya Kikwete en mai 2015, malgré les critiques des leaders de l'opposition, des utilisateurs des médias sociaux et les militants des droits de l'homme.

Commentez

Merci de... S'identifier »

Règles de modération des commentaires

  • Tous les commentaires sont modérés. N'envoyez pas plus d'une fois votre commentaire. Il pourrait être pris pour un spam par notre anti-virus.
  • Traitez les autres avec respect. Les commentaires contenant des incitations à la haine, des obscénités et des attaques nominatives contre des personnes ne seront pas approuvés.

Je m'abonne à la lettre d'information de Global Voices en Français
Non merci, je veux accéder au site