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“Ici, on ne siffle pas les femmes”, disent des ouvriers du bâtiment au Pérou

“Ici, on ne siffle pas les femmes et nous sommes contre le harcèlement dans la rue.” Photo prise par l'auteure.

Voici une vérité mondialement connue : une femme évitera de marcher près d'un chantier de construction, surtout si elle est seule. Si une femme ose défier cette règle globalement acceptée, il est fort probable qu'elle finisse par recevoir des commentaires désagréables et grossiers et des sifflets de la part des hommes travaillant sur ce chantier.

Mais le Pérou laisse entrevoir une lueur d'espoir.

À Miraflores, quartier traditionnel de classe moyenne de Lima, la capitale péruvienne, où abondent les chantiers, un groupe d'ouvriers a décidé de dire ce qu'ils pensent et agissent différemment. Et la réponse se révèle positive.

Autre prise de vue du panneau. Image de l'auteure.

Une photo de leur panneau a été publiée sur Facebook, sur la page de Ni una menos Perú [Pas une de moins], a déjà été partagée plus de 300 fois et a obtenu plus de 3300 “J'aime”. Les commentaires sont en grande partie positifs :

Lu Necochea grand début …woww c'est encourageant, ne plus avoir à subir le harcèlement, bonne initiative

Gisella Laynes Très bien… j'applaudis parce que je n'aurai plus peur de passer par là…

Adriana Lucia J'adore ! Je me souviens que nous devions toujours traverser la rue pour ne pas passer par un chantier

D'autres ont tenté d'expliquer les causes du phénomène :

Tito Surf Rock Les ouvriers des chantiers civils, dont la grande majorité vient de foyers à problèmes (c'est souvent la faute de parents irresponsables, pas la leur) […] manquent de respect aux femmes en général, en oubliant que nous venons tous d'une femme (notre mère).

D'autres personnes se sont montrées moins compréhensives :

Eduardo Antonio Cesti haha mais quand ce sont elles qui harcèlent, personne ne dit rien.

Liler Vasquez hahaha encore un peu et on interdira de regarder les femmes dans la rue

Global Voices s'est entretenu brièvement avec Juan Enrique Huamaní, en charge des questions de sécurité sur les chantiers de construction et qui nous a dit :

Dans le secteur de la construction, on nous apprend à bien nous comporter. On nous fait voir que nous avons tous des mamans, des filles, des sœurs, et qu'aucun n'aimerait apprendre que d'autres hommes leur disent des grossièretés pour la simple raison qu'elles marchent dans la rue. C'est alors que nous prenons conscience de tout cela et nous voulons que tous le sachent.

Cette lueur d'espoir arrive en plein milieu d'une période difficile pour les droits des femmes au Pérou. Une des plus récentes affaires de violence de genre date du 27 février 2017, quand Evelyn Corahua Fabian, maman de deux filles et avocate, est morte étranglée chez elle par son ex-conjoint. Un mois auparavant, elle avait déjà dénonce une tentative de strangulation mais les autorités avaient sous-estimé sa plainte. Malheureusement, les féminicides ont augmenté de 13 % entre 2015 et 2016, où 95 femmes sont décédées et 198 ont été blessées.

Mais alors que le pays continue à affronter la violence de genre, les ouvriers de chantiers de Miraflores sont en train de donner l'exemple en matière de respect.

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