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Donald Trump ne croyait pas si bien dire : les Iraniens jouent avec le feu

La photographe de Téhéran Fatemeh Behboudi saisit les festivités de Chaharshanbeh Suri dans les rues de la capitale iranienne le 16 mars 2016. D'autres images sur sa  page Instagram.

L'antique fête du feu iranienne, dont le nom est Chaharshanbe Suri, prouve que Donald Trump a eu totalement raison — bien qu'involontairement — quand il accusait le mois dernier l'Iran  de “jouer avec le feu”.

Début février, le Président américain a tiré une salve de tweets incendiaires sur l'Iran, dans la foulée de son ordre exécutif d'interdiction aux citoyens iraniens [parmi ceux de sept pays à majorité musulmane] de se rendre aux Etats-Unis.

L'Iran joue avec le feu – ils ne se rendent pas compte combien le Président Obama a été “gentil” avec eux. Pas moi !

Trump critiquait la politique de rapprochement avec l'Iran de son prédécesseur, qui a abouti à un accord sur le nucléaire militaire et a retiré une partie des sanctions contre l'Iran.

Fin janvier, l'Iran a procédé au lancement-test d'un missile qui a parcouru 900 kilomètres, avec l'intention apparente de jauger la tenue par le Président Trump de ses promesses relatives à l'accord nucléaire iranien, qui laisse à l'Iran une certaine latitude pour effectuer des essais de missiles.

L'Iran a reçu un avertissement officiel pour avoir tiré un missile balistique. Au lieu de dire merci pour le mauvais accord que les USA ont passé avec eux !

En ligne, l'expression trumpienne “jouer avec le feu” a amusé beaucoup des connaisseurs de Chaharshanbe Suri, la “fête du feu persane”, que les Iraniens célèbrent traditionnellement la veille du dernier mercredi précédant le Nouvel An iranien.

Trump se trompe sur l'Iran qui joue avec le feu, Chaharshanbe Suri c'est pas avant mars.

@realDonaldTrump espèce d'enfoiré, entendu parler de chaharshanbe suri ?

Pour une fois dans ta vie tu as tweeté vrai ! Nous jouons VRAIMENT avec le feu ! Ça s'appelle chaharshanbe suri, et c'est une belle et ancienne tradition.

L'année du calendrier iranien commence au printemps de l'hémisphère nord, le 21 mars. Les festivités du Nouvel An débutent cependant le soir qui précède le dernier mercredi de l'année, quand on construit des feux de joie pour sauter au-dessus des flammes et on lance des de feux d'artifice.

Les fêtards prononcent ces mots en sautant au-dessus du feu :

زردی من از تو ک سرخي تو از من

Prends mon jaune, donne-moi ton rouge.

Autrement dit, “Fais disparaître ma faiblesse et donne-moi ta force”. Une formule qui exprime l'espoir d'une bonne fortune dans la nouvelle année.
En gros, les Iraniens “jouent avec le feu” pour se purifier des lourdeurs de l'année passée, dans l'espoir d'un nouveau départ. Avec le nouveau pouvoir installé à Washington, gageons que Chaharshanbe Suri aura un succès particulier en Iran cette année.

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