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Guatémala : Maximón et autres traditions de la semaine sainte

Lorsqu'une culture empreinte de piété tombe sous la domination d'un autre peuple tout aussi profondément religieux, souvent la foi du conquérant est imposée au conquis. Les cultures n'en ont pas moins toujours trouvé des voies pour résister, et au Guatémala la religion a été en quelque sorte “piratée” pour incorporer dieux, déesses, rites et cérémonies des peuples autochtones tout en intégrant les éléments du catholicisme.

Maximón est le meilleur exemple d'une telle transmutation, comme l'explique le photoblog Mi Mundo [en anglais] :

Aq’ab’al Audelino Sajvín explique : “Dans la tradition orale, Maximón représente Kaji’ Imox, le dernier chef des Mayas Kaqchikel [pendant la conquête espagnole], qui fut ligoté, torturé et assassiné. L'épisode en entier est connu comme Xkiyüt Xkixïm/Ximon, raison certainement pour laquelle ils l'appellent Maximón: ma signifie homme en langue maya Kaqchikel, et ximón signifie celui qui est ligoté.” Selon Aq’ab’al Audelino Sajvín, le syncrétisme entre Maximón et Saint Simon commença lorsque “les chrétiens [les conquistadores] comprirent qu'ils ne pourraient pas éradiquer l'image du grand protecteur du peuple. Ils se mirent donc à favoriser l'idée que Maximón s'identifiait à Saint Simon, souvent lié à Saint Jude, un personnage de traître.”

Picture under a Creative Commons attribution license by Gustavo Jerónimo.

Photo sous licence Creative Commons attribution de Gustavo Jerónimo.

Les aspects différents et très particuliers de la religion au Guatémala font de la Semaine Sainte, ‘Semana Santa’ en espagnol, quelque chose de tout à fait unique, avec par exemple les “Cucuruchos“, des pénitents qui se réunissent pour confectionner avec des fleurs des tapis de la semaine sainte, et les dévots hommes et femmes qui portent sur leurs épaules des effigies datant de l'époque coloniale de Jésus-Christ et de la Vierge Marie, et arborent les costumes traditionnels sous le soleil de plomb.

La semaine de Pâques est une fête familiale où tout le monde est invité à participer, comme le raconte le photo-blog AntiguaDailyPhoto.com [en anglais] :

Comme je l'ai dit plus haut, la confection de tapis avec de la sciure, des aiguilles de pin, des fleurs et des légumes est une tradition qui crée les liens dans la communauté. Les gens se réunissent par îlot ou proche voisinage pour créer les tapis que fouleront les processions. Parfois la confection des tapis se fait la nuit, toute la nuit pour être prêts pour la procession du lendemain. La confection du tapis multicolore de procession occupe toute la famille, les amis proches, le voisinage et la communauté entière. Peu importe que ce soit seulement grand-mère qui jette un peu de corozo (des palmes de corozo) et de fleurs séchées pourpres pour composer une humble alfombra sur le seuil de sa maison ou une équipe d'habitants de la cuadra (le bloc), ou qu'un fils donne un coup de main à son papa pour mettre la touche finale à un tapis de sciure aux couleurs éclatantes, dévotion et bonne volonté sont là où qu'on tourne ses regards.

Holy week carpet making. Image by Rudy Girón www.Antiguadailyphoto.com (CC BY-NC-SA 2.0)

Confection d'un tapis de la semaine sainte. Photo Rudy Girón www.Antiguadailyphoto.com (CC BY-NC-SA 2.0)

Antologia del Desengaño [en espagnol] explique la célébration très différente de la Semaine Sainte à Santiago Atitlán :

En Santiago Atitlán, el Viernes Santo por la tarde, al igual que en el resto católico del país, da inicio la representatividad de la muerte de Jesucristo, pero a diferencia del mundo ladino, la celebración no tiene connotaciones ominosas. Al interior de la iglesia hay un tumulto de gente que participa en la preparación del cortejo procesional, con tambores y chirimillas, no hay pesadumbre; hay respeto al ceremonial, pero no hay tristeza, ni acongojamiento en el rostro y actitud de la gente .

A Santiago Atitlán, l'après-midi du Vendredi Saint, on célèbre comme dans le reste catholique du pays la représentation de la mort de Jésus-Christ, mais à la différence du monde hispanique, il n'y a pas de connotation lugubre. A l'intérieur de l'église il y un tumulte de participants à la préparation de la procession avec tambours et chirimías, il n'y a pas de chagrin, que du respect pour le cérémonial, mais les visages et attitudes ne dénotent ni tristesse, ni bouleversement.

La semaine pascale au Guatémala est riche de couleurs, senteurs et dévotion. c'est une expérience culturelle, spirituelle et gastronomique pour les locaux et les visiteurs dans ce pays divers aux vingt-quatre langues et plus nombreux encore groupes ethniques autochtones. Le meilleur des différents univers se rencontre pour trouver la beauté et s'en réjouir, dans le mélange plutôt que l'imposition de leurs cultures.

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