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Egypte : Bras de fer entre Frères Musulmans et pouvoir militaire

“Un million d'hommes défilent pour exiger la chute du cabinet Ganzouri” titre l'organe de presse officiel du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ, affilié aux Frères Musulmans) après un enchaînement qui a sidéré les Egyptiens. “Comment en est-on arrivé là ?” était la question [en anglais] sur toutes les lèvres. Qu'est-ce qui a fait dérailler l'étroite relation entre le Conseil suprême des forces armées (CSAF, SCAF en anglais) et la majorité politique quasi absolue jusqu'à la rupture ?

Les accusations ont débordé avec la publication d'un manifeste par le PLJ :

Les raisons pour lesquelles le Parti Liberté et Justice s'oppose au gouvernement actuel.

Pourquoi nous refusons le gouvernement Ganzouri
– Le maintien du gouvernement va éveiller les soupçons sur l'honnêteté des élections et du référendum sur la constitution
– Le CSFA veut-il contrecarrer la révolution, désespérer le peuple, et truquer les élections ?
– Le CSFA a menacé de dissoudre le parlement en faisant appel contre le Président de la Cour Constitutionnelle Suprême.
– L'insistance du CSFA à garder en fonction un gouvernement déficient signifie qu'ils veulent bloquer la révolution, faire désespérer les gens et truquer les élections

La riposte du CSAF a été aussi provocatrice que la déclaration de la confrérie, rappelant les événements de 1954 [en anglais], lorsque les Frères Musulmans avaient été accusés, interdits, jetés en prison et torturés. Le CSFA a déclaré que les accusations de trucage des élections étaient outrageuses, et avec un sous-entendu menaçant a demandé à “certaines forces politiques” de retenir les leçons du passé. L'opinion reste perplexe devant cette épreuve de force entre ceux qui sont au pouvoir et ceux qui doivent encore le recueillir. Iront-ils au conflit ouvert, ou n'est-ce qu'une des péripéties du théâtre politique que se joue en ce moment l'Egypte ?

Simultanément, les Frères Musulmans ont voulu renforcer leur jeu et ont annoncé dans un revirement qu'ils allaient présenter à l'élection présidentielle Khairat Al Shater, ancien vice-guide suprême de la confrérie et homme d'affaires multi-millionnaire. La décision a choqué, même à l'intérieur de la confrérie et du parti Liberté et Justice. Pour beaucoup c'est une erreur, et certains prétendent même que cela annonce “le commencement de la fin”. D'autres voient dans les Frères Musulmans un nouveau PND, où autoritarisme et finance deviennent les facteurs de contrôle dominants.

Les utilisateurs de médias sociaux se sont convertis en analystes et s'appliquent à donner leurs opinions et interprétations sur ce choix inattendu :

Khaled El Baramawy a comparé Shater à Aboul Fotouh ([en anglais], un Frère de premier plan, exclu après avoir annoncé son intention de briguer la présidence) et ironise sur Twitter :

@Egypress : مره واحد رشح نفسه اتفصل … قام اللي فصله رشح نفسه سبــــــــــــــــحان الله.. يعنى قاله ماعنديش وهو كان عنده جوة ! ‎‬#Egypt‪‏ ‎‬#Ikhwan‪

Il était une fois quelqu'un qui s'est auto-désigné et a été exclu, puis celui qui l'a exclu…s'est désigné lui-même

Taqadum El Khatib tweete :

@Taqadum : الإخوان ..كاذبون كاذبون كاذبون كاذبون كاذبون كاذبون …إلى شباب الإخوان استقيلوا يرحمكم الله واتركوا القيادات الكذابة ‎‬#ikhwan‪

Les Frères Musulmans sont…des menteurs menteurs menteurs menteurs menteurs. Aux jeunes Frères : démissionnez et laissez tomber vos chefs menteurs

Wael Eskaner a un avis plus modéré :

@weskandar: Si Al-Shater est le candidat de consensus alors le #SCAF est l'#Ikhwan (NdT : la confrérie des Frères musulmans). Ce qui est très improbable.

Ahmed Aggour tweete :

@Psypherize: Les opprimés sont devenus les oppresseurs. #Ikhwan

Hassan El Shater, un des 10 enfants de Khairat El Shater, n'était pas ravi de la désignation de son papa, et le dit dans ce tweet :

@Hassan_elShater : Hélas papa est candidat à la présidentielle ! :s

Nul ne saurait dire quel sera l'épilogue du jeu politique en Egypte, mais une chose est sûre : les Egyptiens vivent une époque passionnante et c'est eux seuls qui détermineront leur histoire.

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