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Nicaragua : la lutte sans fin contre le travail des enfants

La tentative d'arrêter le travail des enfants au Nicaragua n'est pas aisée, et la vidéo qui suit permet de mieux comprendre les raisons qui poussent encore de nombreux enfants à travailler malgré les nouvelles lois. Alors que quelques familles comprennent l'intérêt de scolariser et éduquer leurs enfants et répondent positivement aux campagnes de sensibilisation, pour d'autres le travail des enfants est le seul moyen de ne pas sombrer.

La loi oblige le gouvernement, les employeurs, les syndicats et les familles à éviter aux enfants tout travail qui porte atteinte à leur intégrité physique et psychologique et qui les empêche d'étudier et de se développer. Cependant la situation économique est très difficile au Nicaragua et les familles ont du mal à ne pas envoyer les enfants travailler ou à leur confier un travail domestique à la maison.

Children in Ometepe, Some rights reserved by Zach Klein

Jeunes vendeurs de fruits à Ometepe Nicaragua, CCby Zach Klein

 

Journeyman pictures (encyclopédie de documentaires vidéo) couvre le sujet dans un documentaire “Hard Labour” (sur YouTube) qui montre des enfants qui effectuent un travail dangereux, alors que les autorités nient la situation ou prétendent ne pas pouvoir renvoyer un enfant qui rapporte à la maison un revenu indispensable :

Un groupe d'enfants cassent des pierres pour en faire des petits cailloux, et risquent de devenir aveugles à cause des éclats de pierre qui volent dans l'air. Officiellement le travail des enfants est illégal au Nicaragua et le directeur de la carrière s'empresse de nier que des enfants travaillent ici. “Il est interdit aux enfants de travailler en tant que tailleurs de pierres. C'est beaucoup trop risqué. Les enfants doivent aller à l'école, pas au travail.” Mais, Anibal un jeune travailleur de 10 ans, raconte une histoire différente. Il a déjà passé un an à l'hôpital après s'être blessé en travaillant dans la carrière. “Un tas de déchets m'est tombé dessus de très haut et m'a blessé à la jambe”. Malgré les objections du gouvernement sandiniste, le Nicaragua est l'un des pays les plus pauvres d'Amérique Latine et laisse peu de choix aux familles. Diana Espinoza, la représentante de l'association Save the Children, admet que la situation est très complexe : “il y a tout un marché basé sur le travail des enfants à différents niveaux”.

Cependant, on assiste à des changements, principalement dans l'industrie du café. Les fermiers qui veulent que leur café soit labellisé Commerce Equitable doivent prouver que les enfants de la ferme vont à l'école au lieu de ramasser le café. Les ramasseurs de café ont été des enfants travailleurs eux-mêmes, et bien qu'ils soient conscients de l'importance d'envoyer leurs enfants à l'école au lieu de leur demander de rapporter un revenu, une femme précise que c'est un sacrifice nécessaire à la bonne éducation de ses enfants. Malgré tout, il n'est pas si facile d'obtenir qu'un enfant retourne à l'école, comme le montre l'histoire de Fabiola et de son fils José. Elle a voulu inscrire son enfant à l'école au lieu de le laisser travailler dans les rues et a dû affronter quantité d'obstacles, car, même si José peut s'inscrire, il faudra qu'il vive avec son passé d'enfant travailleur.

 

Les enfants argumentent leurs opinions sur le travail des enfants sur les deux vidéos suivantes. Les enfants de la région de Jinotega au Nicaragua, ont traité le sujet lors d'une formation à la vidéo de Xchange Perspectives :

Sur Abre Tus Ojos Nicaragua [es, en espagnol] (Ouvre les yeux Nicaragua), les adolescents traitent du problème à Matagalpa, au nord du Nicaragua. Au travers d'interviews d'enfants travailleurs comme de responsables d'organisations qui luttent contre le travail des enfants, on constate que les causes du travail des enfants sont sensiblement les mêmes. Par exemple, la cellule familiale peut n'être composée que de l'enfant et de sa mère, et les revenus supplémentaires sont indispensables pour joindre les deux bouts. En cas de maladie, ces enfants deviennent les seuls capables de rapporter un revenu pour nourrir leur famille et doivent devenir adultes en une nuit. Dans d'autres cas, les parents font travailler leurs enfants pour qu'ils apprennent ce qu'est le travail et ne traînent pas à ne rien faire. Bien qu'ils travaillent toute la journée et rentrent chez eux très fatigués, ces enfants et ces adolescents sont fiers de pouvoir aider leur famille et ne considèrent pas qu'ils “travaillent” ou que ce qu'ils font est contraire à leurs droits. Les actions entreprises associent éducation le matin et du temps pour aider leur famille, tout en développant une prise de conscience de leurs droits chez les enfants et les adolescents.

 

 

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