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Les #SaudiCables révèlent comment l'Arabie Saoudite a vécu le soulèvement de Bahreïn en 2011

The Saudi Cables, released by Wikileaks, includes a treasure trove of information in secret exchanges between Saudi diplomats on restive Bahrain

Les “Câbles Saoudiens” divulgués par Wikileaks renferment les échanges secrets entre diplomates saoudiens sur la contestation à Bahreïn

Les ingérences de l'Arabie Saoudite dans les affaires intérieures de Bahreïn apparaissent au grand jour dans les documents top secret publiés depuis le 20 janvier par le site de lanceurs d'alerte WikiLeaks.

Wikileaks a commencé à rendre publics les Câbles Saoudiens, une masse d'un demi-million de correspondances et de documents confidentiels entre le gouvernement saoudien et ses ambassades à travers le monde.

Ce n'est pas un secret que le gouvernment saoudien a soutenu sans faiblir le régime bahreïhni et a envoyé les forces du Bouclier de la Péninsule écraser le soulèvement populaire de 2011.

Le mouvement de protestation contre le régime avait envahi les rues de Bahreïn le 14 février 2011, appelant à une démocratisation et plus de libertés. La contestation a hérissé le pouvoir bahreïni et le voisin saoudien, qui ont agi rapidement et d'une main de fer, déjà instruits des leçons du Printemps Arabe ailleurs dans la région.

Certains des câbles révèlent que le gouvernement saoudien surveillait de très près la couverture médiatique internationale sur Bahreïn, en contrôlant les organes de presse qui rendaient compte des manifestations et en enregistrant tous les reportages.

A partir des nombreux tweets en circulation avec des photos de différents documents, un utilisateur a tweeté cette une note saoudienne au sujet d'un article écrit par le chroniqueur du New York Times Nicholas Kristof pour Shorouk News en 2012. Il y indique que les autorités bahreïnies ne laissaient pas les journalistes et témoins observer la répression à Bahreïn :

Certains des documents divulgués des Câbles Saoudiens sur WikiLeaks sont les analyses de l'ambassade et des Renseignements saoudiens sur la révolution à Bahreïn.

Un autre câble décrit l'unité de la communité chiite de Bahreïn contrastant avec la fragmentation des groupes sunnites.

Le Renseignement saoudien suit la faiblesse et la fragmentation des forces sunnites par rapport aux forces chiites dans les événements de Bahreïn

Le document ci-dessus indique aussi que les fonctionnaires et hauts-responsables non apparentés à la famille royale du Bahreïn se plaignent d'être endettés, peu appréciés et que le pouvoir est prêt à les virer en échange d'un avantage politique.

Il mentionne ensuite que la tentative du gouvernement bahreïni de ralentir l'internet n'a servi à rien car les activistes chiites ont d'autres moyens de communiquer, tandis que les collaborateurs d'organisations internationales disposent de téléphones professionnels.

Le document du gouvernement saoudien qualifie les procédures de visa de très laxistes, facilitant l'obtention par les ressortissants iraniens, irakiens et libanais de visas d'entrée, ce qui leur permet d'offrir aide et conseils à l'opposition chiite. La note appelle le gouvernement bahreïni à resserrer ces procédures et à colmater la brèche.

Un autre document, qui montre aussi l'action de l'Arabie Saoudite pour approfondir la fracture confessionnelle, est consacré à l'ayatollah Issa Qassim, principal dignitaire religieux chiite de Bahreïn et guide spirituel de la Société Islamique Nationale Alwefaq, le plus grand bloc politique à Bahreïn.

Rapport du Renseignement saoudien sur la révolution du peuple bahreïni, qui excite contre Sheikh Issa Qassim.

Le télégramme suivant, appelé “Evaluation de la situation dans le pays hôte” émane de l'ambassade saoudienne à Manama. L'analyse affirme que la famille régnante de Bahreïn s'est divisée sur la réponse à donner à l'escalade des manifestations menées par les chiites pour le premier anniversaire de la révolution du 14 février.

Le télégramme décrit une situation sécuritaire et un environnement politique encore très dangereux dans le pays, un an après le déclenchement des événements du 14 février. La note indique que l'opposition chiite traîne les pieds et essaie de gagner du temps en ce qui concerne les mesures sécuritaires du gouvernement.

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L'analyse mentionne aussi la pression des loyalistes du pouvoir sunnite, qui se plaignent de la méthode douce adoptée face aux manifestations de rues des chiites et de l'indulgence pour les suspects de participation à la “tentative de coup d'Etat”.

Le gouvernement saoudien a également envoyé une lettre au Ministre britannique des Affaires Etrangères William Hague, avec copie à la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton, leur demandant d'intervenir en levant l'embargo sur les armes à Bahreïn, au motif que le pays est confronté à de graves problèmes de sécurité et à des actes de violences avec l'appui d'autres puissances de la région.

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Le Ministère saoudien des Affaires étrangères a appelé la divulgation des documents sur Wikileaks ces derniers jours une “attaque électronique“, et a mis en garde les Saudiens sur Twitter de ne pas chercher à aller sur le site de Wikileaks :

Cher citoyen averti,
Evitez d'aller sur des sites internet dans le but d'accéder à des documents ou de l'information fuitée, qui peuvent avoir été forgés de toutes pièces, dans le but de nuire à la sécurité nationale.

Nous vous tiendrons informés sur les prochains documents relevés par notre équipe. Voyez aussi nos articles sur Checkdesk Global Voices [en anglais], où nous suivons les réactions des internautes aux Câbles Saoudiens.

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