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Netizen Report : batailles sur Internet à l'approche des élections en Arménie et Équateur

“Nos rêves ne rentrent pas dans des urnes” Création au pochoir, Wisconsin, États-Unis. Photo de David Drexel, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le Netizen Report de Global Voices offre un aperçu des défis à relever, des victoires obtenues et des tendances émergentes en matière de libertés numériques dans le monde.

[Article d'origine publié en anglais le 5 avril] En période électorale, le cyberespace devient particulièrement vulnérable à la censure, au harcèlement et à la désinformation. L'an dernier, les réseaux de médias sociaux ont été bloqués en Ouganda et au Monténégro lors des élections nationales. En Gambie et au Gabon, c'est l'accès à Internet qui a été complètement interrompu.

Le harcèlement des candidats et militants politiques a marqué les élections législatives en Macédoine, l’élection présidentielle américaine et l'élection du Chef de l'exécutif à Hong Kong. À l'approche des élections en Iran, les partisans de la ligne dure font pression sur l'administration Rohani pour qu'elle bloque l'application de messagerie Telegram. Enfin, on observe une hausse du cyber-harcèlement en Russie et en France, alors que les deux pays s'apprêtent à choisir leur prochain dirigeant.

La semaine dernière, les élections en Arménie et en Équateur n'y ont pas échappé. Les préparatifs en vue des élections générales en Arménie ont été entachés par d'apparentes tentatives visant à bâillonner les activités en ligne des journalistes, et par au moins un incident de désinformation. Une figure éminente de la société civile a rapporté que des pirates informatiques, soutenus par le gouvernement, ont tenté d'accéder à son compte de courrier électronique. Plusieurs journalistes arméniens ont également constaté la suspension de leur compte Twitter juste avant le scrutin. Depuis, les comptes ont été rétablis.

Les observateurs électoraux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont estimé que les élections en Arménie, qui ont abouti à la victoire du Parti Républicain au pouvoir, s'étaient généralement bien déroulées, mais restaient écornées par des accusations crédibles concernant des achats de votes et la pression exercée sur les fonctionnaires et les employés d'entreprises privées.

En Équateur, les comptes de nombreux candidats et partisans du parti de l'opposition ont été suspendus sur les médias sociaux, tout comme ceux des ONG qui défendent les droits de la presse. Des sites web pro-opposition et quelques ONG publiant des informations pour éduquer l'électorat ont remarqué une forte baisse du trafic sur les fournisseurs de services Internet locaux le soir du scrutin, avivant les soupçons d'ingérence. Le site Web du groupe Usuarios Digitales, qui défend l'accès à Internet, a également été la cible d'une attaque par déni de service distribué quelques jours avant le scrutin, tout comme le site du candidat de l'opposition Guillermo Lasso.

LiveJournal conclut avec la Russie et interdit la « sollicitation politique »

La plateforme de blogs LiveJournal, acquise en 2007 par l'entreprise russe SUP Media, a déménagé ses serveurs de données de la Californie vers la Russie. En d'autres termes, les données de la plateforme seront désormais entièrement accessibles à la police russe, conformément à la loi antiterroriste récemment promulguée en Russie. Parallèlement à d'autres restrictions, LiveJournal a mis à jour un contrat d'utilisation qui interdit la « sollicitation politique », sans toutefois définir le sens du terme.

Google séduit la communauté scientifique chinoise

Google Scholar sera peut-être le premier service de Google à faire son retour en Chine, selon une déclaration faite par le législateur chinois Liu Binjie. « La Chine a été en contact avec Google par le biais de divers canaux  », a déclaré Liu Binjie, annonçant l'espoir qu'une partie de l'activité de Google puisse reprendre en Chine. Ce retour progressif comprendrait, dans un premier temps, les fonctions que Liu Binjie qualifie de « fonctions de service n'impliquant pas d'informations [politiquement] sensibles ». Elles seraient ensuite suivies par d'autres. Depuis son retrait du marché chinois en 2010, en raison d'un conflit concernant les règles de censure très strictes de Pékin, Google a exprimé son désir d'y revenir. Le législateur n'a toutefois pas précisé si la censure s'appliquerait à l'un des services de Google.

La commission de réglementation des télécoms du Bangladesh refuse d'interdire Facebook la nuit

La Bangladesh Telecommunication Regulatory Commission (BTRC) [Commission de réglementation des télécommunications du Bangladesh] a rejeté une proposition visant à bloquer Facebook entre minuit et 6 h. Une mesure proposée par les législateurs qui prétendent que Facebook « réduit les capacités de travail des jeunes » et doit donc être inaccessible pendant les heures de sommeil. La BTRC recommande plutôt d'utiliser le contrôle parental et les paramètres de confidentialité et de sécurité pour atteindre cet objectif. La décision définitive est donc entre les mains du gouvernement.

Des intellectuels et des militants des Émirats arabes unis sont l'objet de menaces, judiciaires et en ligne

Le Dr Nasser Bin Ghaith, un éminent universitaire, a été condamné par un tribunal des Émirats arabes unis (EAU) à dix ans de prison pour avoir « publié sur Twitter de fausses informations » sur les dirigeants des EAU Twitter « dans le but de nuire à la réputation et aux intérêts de l'État ». Selon Amnesty International, Bin Ghaith aurait déclaré sur Twitter ne pas avoir été jugé équitablement lors d'un procès antérieur. Lui et quatre autres militants étaient alors accusés, en référence à des commentaires publiés en ligne, d'avoir « publiquement insulté » les dirigeants du pays dans ce qui a été appelé l'affaire « UAE Five » [Les cinq des EAU]. Il peut interjeter appel d'ici 30 jours. L'accusation contre Dr Bin Ghaith suit celle d'Ahmed Mansoor, un autre membre des « UAE Five », arrêté une semaine plus tôt.

Les partisans d'Ahmed Mansoor qui ont écrit sur Twitter à propos de son arrestation ont été attaqués pour avoir défendu « un traître qui mérite de mourir ». Des bénévoles de Global Voices ont analysé les échanges entre les partisans d'Ahmed Mansoor et ceux qui les ont attaqué, ils ont constaté que les tweets les plus critiques à l'endroit d'Ahmed Mansoor provenaient de comptes qui semblent appartenir à des employés du gouvernement ou de sociétés affiliées .

Des dispositifs de surveillance Stingray sont repérés au Canada

Une enquête menée par la Société Radio-Canada a révélé que des capteurs IMSI, ces appareils de surveillance utilisés pour intercepter le trafic des communications mobiles à l'intérieur d'une zone donnée, ont été utilisés autour de la Colline du Parlement à Ottawa. Également connus sous le nom de « Stingray », les capteurs IMSI agissent comme une tour de transmission de téléphonie cellulaire pour capter les données disponibles de tous les appareils se trouvant dans un rayon d'environ un demi-kilomètre. Bien que des journalistes de CBC aient confirmé que des capteurs IMSI étaient constamment utilisés autour du Parlement, ils n'étaient pas en mesure de déterminer qui les utilisait.

Des concepteurs de logiciels indiens s'attaquent aux « fausses nouvelles » sur WhatsApp et Facebook

Deux technologues indiens, Bal Krishn Birla et Shammas Oliyath, travaillent à la construction d'un site Web check4spam.com, qui aidera à détecter les messages factices diffusés par le biais de WhatsApp et Facebook. L'initiative vise à freiner la propagation d'informations fausses et malveillantes et à « faciliter la vie des usagers réguliers et compliquer celle des spammeurs ».

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