Patrice Motsepe, milliardaire et candidat favori de la FIFA, prend les rênes du football africain

Patrice T. Motsepe, lors d'une réunion au Forum économique mondial de Davos, en 2009. Photo : swiss-image.ch/Monika Flueckiger (CC BY-NC-SA 2.0)

[Tous les liens renvoient vers des pages en anglais, sauf mention contraire, ndlt].

Les élections de la Confédération africaine de football (CAF), l'instance dirigeante du football en Afrique, devaient se tenir le 12 mars dernier. Mais tout [fr] a pris fin avant même le premier tour du scrutin, après que les autres candidats ont décidé de se retirer de la course afin de s’assurer de la victoire du premier Sud-Africain à ce poste d’influence.

Le vainqueur, Patrice Tlhopan Motsepe, est un milliardaire sud-africain de 58 ans, magnat de l’industrie minière et président, depuis 2003, du Mamelodi Sundowns Football Club. Il est l'un des hommes les plus riches d'Afrique et beau-frère du président d’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa.

Quatre candidats étaient en course afin de succéder au président sortant, Ahmad Ahmad, de Madagascar, lui-même en lice jusqu’à ce que sa candidature pour être réélu ne soit interrompue sur fond d'accusations de corruption en France. Augustin Senghor, du Sénégal, Ahmed Yahya, de Mauritanie ainsi que l'Ivoirien Jacques Anouma étaient aux côtés de Patrice Motsepe pour tenter de décrocher le titre suprême à la CAF.

La CAF représente les associations et les fédérations nationales de football qui concourent au niveau continental, national ou local. La fédération, dont le siège social se trouve actuellement au Caire, en Égypte, ne compte pas moins de 56 membres, lui conférant ainsi le statut de la plus grande fédération au sein de la FIFA [fr, Fédération internationale de football association, ndlt].

Peu avant les élections, la Fédération sud-africaine de football s’est exprimée avec enthousiasme, depuis son compte Twitter officiel, sur les chances de son candidat :

Patrice Motsepe sera élu président de la Confédération africaine de football (CAF) cette semaine, après la suspension de cinq ans dont a écopé Ahmad, réduite à deux ans lundi dernier par le Tribunal arbitral du sport.

Patrice Motsepe était le moins connu des quatre candidats. Cependant, plusieurs observateurs l’ont perçu comme étant le candidat favori de la FIFA.

L’un des magazines de football les plus influents d’Afrique, Soccerladuma, avait consacré début mars un article à propos du soutien présumé de Patrice Motsepe par les hauts dirigeants de la FIFA :

Reports in Kenya suggest that Patrice Motsepe has taken a step closer in his efforts to become CAF President with some help of FIFA President Gianni Infantino. The Mamelodi Sundowns owner is in the running for the highest seat on the continent against the likes of Ivory Coast’s Jacques Anouma‚ Senegal’s Augustin Senghor and Mauritania’s Ahmed Yahya. Now, according to Kenyan journalist Francis Gaitho of Kenya Football, Motsepe’s bid was boosted after FIFA President Infantino brokered an agreement which will see Senghor and Yahya step down their respective bids in support of Patrice Motsepe, with both candidates being offered vice president roles.

Des informations au Kenya semblent laisser penser que Patrice Motspe se rapproche du rôle de président de la CAF, avec l’aide du président de la FIFA, Gianni Infantino. Le propriétaire du club Mamelodi Sundowns est en lice pour l’une des places les plus convoitées du continent et est en concurrence avec Jacques Anouma de Côte d’Ivoire, Augustin Senghor du Sénégal ainsi qu’Ahmed Yahya de Mauritanie. Selon Fancis Gaitho, journaliste kenyan spécialiste du football kenyan, la candidature de Motsepe a reçu un coup de pouce après un accord passé entre Gianni Infantino, président de la FIFA, et MM. Senghor et Yahya, à qui les postes de vice-présidents sont offerts contre le retrait de leur candidature en faveur de Patrice Motsepe.

Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise de football a été le premier à se retirer de la course le 5 mars, suivi par Jacques Anouma et Ahmed Yahia le jour suivant.

Selon le site internet InsidetheGames.biz, la FIFA a laissé entendre que le marché conclu visait à garantir plus d'inclusion et moins de divisions entre les principaux dirigeants du football africain. Patrice Motspe a déclaré :

 African football needs collective wisdom, but also the exceptional talent and wisdom of every President of every country and every member association.

Le football africain a besoin d’une sagesse collective, mais également du talent exceptionnel et de la sagesse de chaque président de chaque pays ainsi que de chaque membre de l’association.

Le site internet InsidetheGames.biz cite également des rapports où la FIFA aurait conclu un accord en catimini avec les candidats afin de s’assurer la victoire de leur candidat favori. La FIFA aurait ainsi promis deux postes de vice-président ainsi qu'un autre de conseiller spécial, en contrepartie de leur retrait de la course. Augustin Senghor ainsi que Ahmed Yahya auraient accepté de devenir vice-présidents tandis que, dans cette nouvelle formation, Jacques Anouma serait le conseiller de Patrice Motsepe.

Reports have claimed Senegal’s Augustin Senghor and Mauritania’s Ahmed Yahya have agreed to end their campaigns to become CAF President. The duo will reportedly now back Motsepe, which will lead to the pair being named CAF vice-presidents.

Des rumeurs prétendent que le sénégalais Augustin Senghor et le mauritanien Ahmed Yahya ont accepté de mettre un terme à leur campagne pour devenir président de la CAF. D'après certaines informations, le duo soutiendra désormais Patrice Motsepe, qui les supervisera tous deux en tant que vice-présidents de la CAF.

Le site poursuit :

The reported agreement comes days after FIFA President Gianni Infantino returned home following a tour of Africa.

Le prétendu marché a été conclu quelques jours après le retour du président de la FIFA, Gianni Infantino, à la suite d’une visite en Afrique.

Construire le football africain

Des enfants jouant au foot sur une plage. Image de Sisi avec Pixabay

Lors de la présentation de son programme électoral intitulé « Bâtir le football africain pour en faire le meilleur qui soit », Patrice Motsepe a présenté son programme et déclaré qu’il ferait des éléments suivants une priorité :

good governance, global best practices, investment in African football infrastructure, increasing prize money and statutory reforms…

une bonne gestion, les meilleures pratiques au monde, un investissement dans les infrastructures du football africain, une augmentation des récompenses, ainsi que des réformes statutaires…

Il a également insisté, lors de son discours de lancement de programme de trois heures, sur l’importance de plus s’impliquer dans le secteur privé, notamment par la création de partenariats, en plus d'autres partenaires potentiels, et de sponsorings.

Patrice Motsepe avait tenu à convier amis et adversaires dans le but de véhiculer une nouvelle image sur le front continental.

Son élection va conférer à l’Afrique du Sud son tout premier titre à un poste de grande influence au niveau continental. Patrice Motsepe est également le premier président de la CAF originaire d’un pays où l’anglais est l'une des langues officielles, contrairement aux anciens présidents qui étaient tous originaires de pays francophones.

“I want to make my modest contribution in all circumstances to use sport to unite Africans,” Motsepe said at a press conference

Patrice Motsepe a déclaré lors d’une conférence de presse : « Je veux apporter ma pierre à l’édifice, en toutes circonstances, en vue d’utiliser le sport pour unir les Africains. »

Le Niger, la Sierra Leone et le Botswana lui ont accordé tout leur soutien. Danny Jordaan, le président de la Fédération d’Afrique du Sud a fait les louanges de Patrice Motsepe, en faisant référence à son « sens aigu des affaires » ainsi qu'à ses « connaissances en gestion et des affaires en général ».

Patrice Motsepe a garanti :

“We will succeed and we will make African soccer competitive at the international level.”

Nous relèverons le défi et nous réussirons à imposer le football africain à un niveau international.

La nouvelle direction de la CAF devra faire face à la gestion des tournois à venir, dont les éliminatoires pour la coupe d’Afrique des Nations qui ont eu lieu fin mars, et alors que les équipes se préparent pour le tournoi principal de janvier 2022.

La fédération devra également faire face au challenge de la « professionnalisation » du front continental ; ceci en raison des soupçons de corruption mis au centre de l'attention ces deux dernières années, et impliquant des officiels de matchs. Le nouveau président a également indiqué qu'il compte mettre en place un système VAR [assistance vidéo à l'arbitrage, ndlt] « pour tous les tournois seniors de la CAF ».

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