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Les jeunes leaders africains s'expriment haut et fort au Forum d'Obama

Lorsque le Président américain Barack Obama a souhaité la bienvenue au Forum de la Maison Blanche en disant à la délégation ghanéenne “nous vous donnons rendez-vous” pour un match retour à la Coupe du Monde 2014, les délégués ont accepté le défi avec plaisir [en anglais]. Ils en ont aussi relevé un plus significatif, celui du développement de leur pays, et par suite, du continent tout entier, qui repose essentiellement sur les épaules de la jeunesse africaine. Le rassemblement de trois jours à Washington DC a mis en évidence le dynamisme et l'intrépidité des jeunes délégués africains. La réunion a débordé de plaidoyers passionnés pour davantage de collaboration entre les nations africaines, d'appels à rendre plus responsables les directions politiques, à stimuler l'innovation, promouvoir la tolérance envers les idées politiques ou religieuses divergentes et le rôle d'internet pour la réalisation de ces objectifs.

Délégués de Madagascar et du Mali – photo sous licence CC 3.0 share alike

Tous les délégués étaient très au fait des arcanes de l'informatique, mais ils ont été nombreux à exprimer leur préoccupation que la plupart de leurs compatriotes étaient toujours privés d'accès à internet et de ce fait exclus de l'échange d'idées qui se déroule en ligne.
Halimatou Hima Moussa Dioula a grandi à Niamey, au Niger, et vient de terminer sa licence en relations et économie internationales à Wellesley College. Elle est membre de Harambe Endeavor Alliance [en anglais], une association d'étudiants et jeunes professionnels africains aspirant à pousser l'intelligentsia africaine mondiale à réinvestir dans le développement économique de l'Afrique. Elle affirme dans la vidéo ci-après ses espoirs pour son pays, les réformes qu'elle voudrait obtenir pour faire bouger les choses et sa déception devant le portrait lacunaire du Niger dressé par les médias internationaux :

“C’est vrai que l’on a la famine et que les retombées de l’uranium ne sont pas distribuées équitablement. Mais il y a tellement de gens qui essayent de faire bouger des montagnes au Niger mais on n'en parle pas parce que soit ils sont dans des régions éloignées, mais aussi parce que les médias ne sont intéressés que par le sensationel. [..] Nous avons besoin que les histoires positives sont mieux connues pour ne pas sombrer dans le pessimisme. Je pense que grâce aux resources naturelles, le Niger peut-être un des tigres de l’Afrique dans 20 ans et que l’on parlera du miracle nigérien. “

Mamame renchérit que son parent qui vend des tomates dans le sud du Niger n'a pas accès à internet.  Il vend ses tomates à de grandes entreprises qui profitent de ce qu'il n'est pas informé des derniers prix du marché pour ses produits, avec pour résultat des pertes conséquentes de revenus.
Au Tchad, Jareth Beain est chef de projet au Programme de gestion publique des ressources, groupe de recherche alternative et surveillance du projet pétrolier Tchad-Cameroun. Il affirme que les inventeurs africains gagneraient à être mieux soutenus et reconnus hors de leur pays. Il explique le principe d'une invention de son collègue Djerassem Bemadjiel à Ndjamena, visant à fournir l'électricité suffisante pour un village avec pas plus d'un litre d'essence :

“L'idée est de combiner une installation de forage pour creuser un puits à eau avec un système de pompage hydraulique qui créera un gradient de pression alimentant le générateur en énergie.”

L'invention fait en ce moment l'objet d'un dépôt de brevet et ses détails se trouvent ici [en anglais]. Djerassem Bemadjiel espère qu'un meilleur accès à internet facilitera la diffusion de leurs inventions locales et la collaboration avec les autres ingénieurs.

Des informations sur le Togo en temps réel et basées sur les faits, voilà essentiellement ce qui motive Eric Nopklim Kaglan et son agence Savoir News. Il défend que la liberté de la presse et un débat raisonné sont impossibles sans consensus sur les faits élémentaires. Il est conforté par le fait que tous les acteurs de la scène politique togolaise aussi bien que la communauté internationale ont reconnu l'intégrité de leur travail de journalistes.  Il s'enorgueillit aussi de ce que son agence est le seul fournisseur privé d'actualité en ligne du Togo, et elle assure sa durabilité en délivrant contre paiement à ses abonnés une information rapide et vérifiée.

Antoine Assalé Tiémoko de SOS Justice Cöte d'Ivoire et Eric Nopklim Kaglan, chef du bureau anglais de Savoir News

Pour le journaliste ivoirien Assale Tiemoko Antoine, gouvernance, transparence et liberté de la presse sont la clé du développement en Afrique. Assale le sait d'expérience personnelle. Non sans ressemblance avec ses confrères du Nouveau Courrier il y a quelques semaines, Assale a passé 12 mois derrière les barreaux de décembre 2007 à décembre 2008 pour son enquête sur la corruption gouvernementale [en anglais]. Il promeut la transparence à travers son association SOS Justice Côte d’Ivoire et son blog. D'autres activistes de la liberté de presse en Afrique sont mis en avant dans cet article de Mohamed Keita pour le Comité de Protection des Journalistes [en anglais].

Internet peut aussi être le véhicule d'une meilleure communication entre communautés parfois en conflit. Aminatou Daouda Hainikoye est catégorique sur la nécessité pour le mouvement féministe au Niger de certes prendre en compte l'importante spécificité culturelle de son pays, mais aussi d'adopter les principes élémentaires préconisés par les organisations internationales de droits humains :

Elle assure qu'un échange de vues entre chefs religieux, défenseurs de l'identité nigérienne et militants des droits humains doit se poursuivre de façon régulière pour que les droits des femmes progressent au Niger. En plaidant à la fois pour sa communauté de foi et la défense des droits des femmes, Aminatou Daouda Hainikoye espère être un pont entre les deux communautés.

Déclaration des Jeunes délégués africains au Newseum, lue par Marie Tamoifo Nkom du Cameroun, Nadja Gomes du Mozambique et Najma Ahmed Abdi de Somalie

Le forum s'est clos avec à-propos sur une déclaration lue par trois déléguées en portugais, français et anglais, par laquelle elles réaffirmaient qu'elles sont prêtes à prendre la tête et à changer l'histoire du continent africain [en portugais] :

De nombreux délégués ont également bien fait comprendre qu'ils voyaient les Etats-Unis comme un partenaire et non un sauveur dans leur tâche de conduire leur région à travers les 50 prochaines années de leur indépendance. Un groupe de délégués s'est spontanément rassemblé en un chant pour mettre la note finale à un voyage intense mais plein d'espoir.

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