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Balkans : Le succès d'une chanson en ligne décrit l'état d'esprit de la diaspora

En avril, la chanson qui a eu le plus de succès sur la toile auprès des ressortissants de l'ex-Yougoslavie, et en particulier dans leur diaspora, a été “Kuća, poso” (en français “Maison, boulot”) par celui que l'on nomme dans ce public la “star du Canada et des États-Unis”, Ekrem Jevrić Gospoda, originaire de la région Plav-Gusinje [en français] au Monténégro.

Ici je vis dans la ville de New York
j'y vis et j'y travaille, mais surtout j'y travaille
Maison, boulot
Maison, boulot
Boulot, maison
Voici ce que je sais
Je ne sais rien
Et où puis-je savoir

Oh New York, que les ténèbres te tuent
Parce que tu as laissé une femme diriger
Tu recelles des tas et des tas de chiens
Beaucoup de béton
Et des bataillons de femmes marchent dans les rues

Mais New York deviens une ville de lumière
Débarrasse-toi des femmes qui travaillent
Elles ont perdu les enfants, le plus important des trésors
Hey New York, toi ville formidable

La version officielle de la vidéo a été regardée plus de 1.8 million de fois sur YouTube dans le mois qui a suivi sa sortie, atteignant un total de plus de 2.3 millions si l'on compte les différentes versions, copies et remix.

Par comparaison, la vidéo officielle de la chanson sur la ville de New York “Empire state of mind”, de Jay-Z et Alicia Keys, qui fût un succès mondial, a été regardée 39 millions de fois dans les six mois après sa sortie – une moyenne de 7 millions par mois.

Les utilisateurs de Facebook et Twitter des pays de l'ex-Yougoslavie ont fait circuler le lien (comme en Slovénie, en Croatie et en Macédoine), faisant du titre de la chanson un mème. Le titre de la chanson est une expression familière et ordinaire qui désigne la routine incessante du travail quotidien dans une vie dépourvue de sens. Le groupe de Sarajevo Zabranjeno Pušenje (“Interdit de fumer” en français) l'utilisa en 1999 dans sa chanson “Pos'o, kuća, birtija” (en français “Boulot, maison, bar”) à propos d'une vie morne, gâchée après un amour perdu.

On pourrait objecter que la chanson a des connotations misogynes, mais elle exprime aussi l'angoisse existentielle ressentie par les immigrants nostalgiques ou les travailleurs immigrés qui ne connaissent ni Camus ni Socrates [en français]. Lors de son premier concert, l'auteur a dit qu'il avait écrit la chanson pour expliquer à son peuple des choses que les Américains ne pouvaient pas comprendre.

Le style d'interprétation et l'apparence unique du chanteur ont provoqué différents types de réactions, qui vont des louanges aux insultes – comme des comparaisons avec les hurlements de Croc-Blanc dans un commentaire à propos de la vidéo officielle – et jusqu'à l'attribution du surnom de “Borat des Balkans” dans une copie d'un reportage vidéo [en croate] fait lors d'un concert à Queens.

Pendant ce concert, M. Jevrić a chanté en première partie de la star lascive d'un autre genre de musique, le turbo-folk bosnien : Selma Bajrami. Sur Youtube,  MegaMotika écrit dans un commentaire à propos de cette vidéo :

Cet homme est vraiment une star : tout le monde ne peut pas atteindre 1.5 million de visiteurs en 15 jours.  Il est devenu célèbre et le fait que tout le monde en rit est une autre histoire. Cet homme est un as du showbiz.

Cette toute nouvelle célébrité a généré des bénéfices palpables : dans cette vidéo, on peut le voir recevant des honoraires en  liquide.  Mais elle ne contient pas de déclaration directe de la part du chanteur – il aurait demandé 1000 dollars US pour une interview.  Le surnom de Gospoda signifie “noblesse.”

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