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Panorama des médias citoyens lusophones en 2010

Pendant toute l'année 2010, la blogosphère lusophone a mis sur le tapis des sujets importants que les médias traditionnels ont tendance à ignorer. Global Voices a rapporté les réflexions des citoyens de quatre continents, sur une vaste région linguistique depuis Timor-Est en Asie du Sud-Est jusqu'au Portugal en Europe en passant par les pays parlant le portugais en Afrique sub-saharienne – Mozambique, Angola, Guinée-Bissau, Sao Tome & Principe et Cape Vert – et au Brésil en Amérique du Sud. Dans ce billet, nous allons traiter d'une sélection de sujets dont l'équipe Global Voices en portugais s'est occupé au cours de l'année.

Phénomène de médias citoyens

Les médias citoyens brésiliens ont traité de mouvements sociaux et phénomènes intéressants en 2010.

L'année a commencé avec une manifestation d'affection, lorsque Raphael Tsavkko a écrit un billet sur la préparation d'une soirée d'embrassades collectives à Sao Paulo. L'événement public organisé par des utilisateurs de twitter utilisant le cyber-activisme comme outil de changement social, est devenu une manifestation en défense de l'union entre des personnes du même sexe, de la criminalisation de l'homophobie, la légalisation de l'avortement et l'adoption homo-parentale :

L'idée est de montrer, joyeusement, que les gens sont différents les uns les autres, ils naissent, vivent, embrassent, aiment, tissent des relations avec qui ils veulent, indépendamment du fait que certains les regardent avec dédain, leur vie continue dans la sphère privée de leur résidence.

En juin, Debora Baldelli nous a expliqué comment une pop star authentique a atteint la notoriété en utilisant le web. Debora nous a raconté l'histoire de la chanteuse brésilienne Stefhany originaire d'une  région pauvre du Brésil, et a rapporté les propos d'un blogueur:

Le nouveau succès de Stefhany ne devrait pas faire l'objet de moquerie comme ces commentaires publiés sur Youtube dans l'intention de se montrer au-dessus de la mêlée, mais cela devrait être considéré comme un exemple brillant de l'utilisation d'Internet par des personnes de toutes les classes sociales.

The most widespread image of the CALA BOCA GALVAO joke. Unknown  author.
L'image la plus répandue de la blague CALA BOCA GALVAO . D'auteur inconnu.

Peut-être le phénomène social le plus curieux des médias citoyens a été démystifié par Raphael Tsavkko

CALA BOCA GALVAO veut dire  “Ferme-la Galvao”.

Galvão Bueno, un narrateur et présentateur renommé au Brésil a fait l'objet d'un phénomène gigantesque sur twitter lorsque des millions d'utilisateurs lui ont dit de la fermer pendant la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde de football, en juin. ALA BOCA GALVAO a fini par être une blague mondiale alors que les internautes non lusophones ne pouvaient pas comprendre la signification de ce thème persistant, ce qui les a conduits à penser qu'il s'agissait d'une toute autre chose que de dire à quelqu'un de se calmer.

Élections présidentielles brésiliennes

2010 était une année d'élections pour plus de 135 millions de citoyens brésiliens.

Dès avril, Paula Góes avait écrit un article expliquant comment une loi visant à empêcher les politiciens qui avaient commis des crimes sérieux de se présenter aux élections devenait virale dans le pays.

Quelques jours avant le premier tour de l'élection du futur président, des gouverneurs, des députés et des sénateurs le 3 octobre, Global Voices a identifié les infractions électorales, qui avaient été dénoncées par  les citoyens brésiliens utilisant Internet pour lutter pour des élections propres.

Les portes se sont ouvertes sur ce qui pourrait devenir un nouveau paradigme de participation citoyenne, où les citoyens pourront faire entendre leurs voix sur la manière dont la politique doit se dérouler au Brésil.

Lorsque Dilma Roussef est devenue la première femme élue Présidente du Brésil à l'issue du deuxième tour des élections, Paula Goes a décrit les réactions des blogueuses sur ce moment historique que certaines considèrent comme “un signe des temps qui changent et d'une magnitude incommensurable”.

Développement, gouvernance et politique

Les blogosphères du Mozambique et d'Angola ont eu leur mot à dire sur le développement, la gouvernance et la politique pendant toute l'année.

Au Mozambique, les pays donateurs ont suspendu brièvement l'aide budgétaire à cause de préoccupations sur la corruption, provoquant un débat sur l'aide, la corruption et la gouvernance, d'après un billet de Janet Gunter au mois de mai.

Le 1er et le 2 septembre, Maputo s'est réveillé dans des violences et des manifestations après la décision du gouvernement d'augmenter les prix des produits alimentaires, de l'eau et de l'électricité. Janet a décrit les réflexions des blogueurs sur les manifestations et les réactions du gouvernement, traitant des aspects économiques, politiques et sociaux. Les analyses critiques de la “société civile”, de la globalisation et du modèle économique du Mozambique ont été nombreuses.

En juin, Clara Onofre a écrit sur la décision du gouvernement angolais de fermer les “portes” du Marché Roque Santeiro pour les rouvrir dans un cadre plus moderne et propre appelé Panguila.

Roque Santeiro Market by Menina de Angola
Le développement enregistré par Luanda montre un des nombreux centres commerciaux dans la ville, qui génère des milliers de dollars par jour. Le Marché de Roque Santeiro par Menina de Angola

Énergie

La production et l'exploration du pétrole ainsi que leurs impacts sociaux et environnementaux ont été aussi des sujets de discussion parmi les internautes lusophones.

En janvier, Janet Gunter a écrit un billet sur l'annonce faite par le conseil des ministres du Mozambique de révoquer la grande concession de terres faites à la firme Procana pour la production de bio-carburants. Au début, il s'agissait de la gestion des terres nationalisées dans une région longeant le parc national du Limpopo où vivent 38 000 personnes. Après les protestations d'ONG, quelques mois plus tard, en juillet, Janet a rassemblé les réactions de la blogosphère contre un accord trilatéral entre le Brésil, le Mozambique et l'Union européenne pour promouvoir la production de l'éthanol au Mozambique pour le marché européen.

De l'autre côté de l'Océan Indien, les ressources naturelles de Timor ont aussi été au centre de l'attention. Janet a écrit un article sur l'utilisation du Fonds pétrolier sorti des champs pétrolifères de Timor – la plus grande source de revenus du pays – en nous donnant un aperçu sur la possibilité de créer une entreprise nationale du pétrole.

Flickr User United Nations Photo, CC
Un autre article révèle des tensions sérieuses entre les dirigeants de Timor, l'Australie et l'entreprise Woodside, une multinationale qui cherche à profiter des nouvelles ressources pétrolières sur le territoire de Timor. Photo sur Flickr des Nations Unies, CC

Des blogosphères en croissance

La blogosphère de Sao Tome & Principe est encore à ses débuts. Cependant, depuis le début de 2010, les blogueurs se sont réunis pour dénoncer un détournement de la fourniture d'eau du principal hôpital du pays pour pousser le gouvernement à prendre action.

La blogosphère de la Guinée-Bissau a été très animée pendant toute l'année par António Aly Silva du blog Ditadura do Consenso [Dictature du consensus, pt]. Dans une interview à Global Voices, Aly – considéré comme la personnalité la plus visible et la plus active de la scène en ligne du pays par de nombreux observateurs – nous a décrit les sensations de se trouver considéré comme blogueur subversif de la Guinée – Bissau.

Les peuples indigènes

Les peuples indigènes du Brésil ont fait aussi objet d'articles sur Global Voices en 2010.

En novembre, Raphael Tsavkko et Sara Moreira ont décrit les attaques constantes et la montée alarmantes des suicides enregistrées chez les Guarani Kaiowa. C'est l'un des trois groupes descendant du peuple originel des Guarani, qui représentent un des plus nombreux peuples indigènes du Brésil, bien qu'ils soient victimes de la perte presque totale de leur terre au cours du dernier siècle.

Photo by simpindigena, used with permission.
Photo de simpindigena, utilisée avec leur permission.

La technologie se révèle de plus en plus comme un outil précieux pour perpétuer le style de vie et la culture indigènes. En août, Elisa Thiago nous a raconté comment des instruments comme Google Earth et le GPS aident dans les efforts de reboisement et dans la lutte contre la déforestation.

Chicoepab Surui, du peuple Paiter Surui de l'Amazonie, a offert la couverture de la première rencontre de délégués de 16 communautés provenant de toutes les régions du Brésil pour débattre d’Internet, et de comment l'utiliser au bénéfice des peuples indigènes.

Aujourd'hui, nous peuples indigènes, utilisons cette technologie étrangère à notre culture comme un moyen pour chercher des améliorations pour nos communautés et pour lutter pour nos droits.

Dans le but de promouvoir de nouvelles voies au Brésil imaginées par les peuples indigènes visant une audience internationale, les débuts de Chicoepab dans Global Voices marquent le démarrage d'un projet pilote avec une communauté de Rondônia. En 2011, Repórter Surui traitera de sujets intéressant les peuples indigènes et d'informations à caractère général pour le groupe de langue portugaise de Global Voices, d'un point de vue des peuples indigènes.

Rendez-vous à 2011 pour écouter plus d'histoires racontées par des journalistes de pays de langue portugaise. Si vous êtes intéressés à vous joindre à notre équipe multiculturelle sur Global Voices et nous aider à rompre la barrière linguistique qui sépare les blogosphères, les peuples et les pays, merci de nous contacter.

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