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Amérique latine : Les chiffonniers se fédèrent sur les réseaux sociaux

[Liens en espagnol]”Conscient de l'importance des réseaux sociaux , nous nous les approprions. Ainsi , tu te seras rendu compte, si tu es un de nos abonnés, que nous sommes déjà sur Twitter”. Ceci est une déclaration de la Red Latinoamericana y del Caribe de Recicladores, Red LACRE (Réseau Caraïbe et latino-américain des recycleurs) adressée au 500 abonnés inscrits depuis l'ouverture il y a trois mois du compte @redlacre. C'est bien, mais on en souhaite plus : le défi est d'arriver très vite à 1000 et de continuer à  grandir pour développer un réseau de contacts qui mettra encore plus en lumière l'importance de leur travail.

Qu'est-ce qu'un recycleur ? Ce sont des personnes dont le travail consiste à sélectionner, récupérer, transformer, commercialiser, réutiliser les déchets solides collectés à leur source et de  faire de cette activité leur principale source de revenus.

Dans le quotidien de nos pays en Amérique du sud, ils portent des noms divers : cartoneros au Chili et en Argentine, pepenador (charognard) à Mexico, buzo (plongeur) au Nicaragua, et bien d'autres appellations dont ils souhaiteraient être débarrassés pour être simplement reconnus comme “recycleurs”. Le portugais utilise le mot catador (collecteur),  l'anglais waste picker (ramasseur de déchets).

Recicladores en Guatemala por Exequiel Estay Facebook Red Lacre

Recycleurs au Guatemala. Photo Exequiel Estay sur la page Facebook Red Lacre, utilisation autorisée.

Il s'agit aujourd'hui d'un réseau structuré, Red LACRE, qui regroupe 15 pays du continent et accueillera bientôt quatre autres nations.

Le but qu'ils se donnent est un recyclage officiellement intégré dans l'économie de telle sorte que chaque pays garantisse et reconnaisse officiellement cette activité. Dans cette optique, Internet et les réseaux sociaux sont  les meilleurs instruments de prise de conscience qu'il ont trouvés  pour les aider à progresser plus vite vers leur but.

Ce sont bien ces réseaux qui nous permettent de mieux comprendre ce qu'est un “recycleur” et l'importance de son travail.

On peut ainsi se rendre compte sur Wikipedia espagnol que l'expression“Reciclador de base est récente (enregistrée sur ce site le 23 octobre 2011). On y trouve des éléments et descriptions qui aident à mieux comprendre la notion de recyclage. On y fait la distinction entre différentes sorte de recycleurs : il y a ceux qui travaillent dans les lieux où on dépose les ordures (ce que l'on nomme habituellement décharges), ils effectuent la sélection des résidus solides et les transportent vers des lieux où l'on affine le tri et où on les conditionne pour une vente ultérieure. La sélection fine est la séparation entre matériaux de différente qualité, permettant d'en obtenir un meilleur prix.

Campagne d'informations en 140 signes

Bordado del logo de Recicladores de Chile. Fotografia por Recicladores Chile 

Broderie du logo des recycleurs chiliens, provenant de Recicladores chile

Le compte Twitter des recycleurs organisés en réseau nous offre l'occasion de participer à un campagne  d'information et de prise de conscience sur ce type de travail. “Nous vivons grâce au recyclage” ou bien “Le RedLacre lutte pour que cette activité soit organisée et que les conditions de travail actuelles soient améliorées “apparaissent souvent dans ses messages, d'autres sont plus frappants, comme : “Tu savais que plus de 4 millions de personnes  en Amérique latine vivent du recyclage ?” “Nous sommes une source d'économies pour les budgets municipaux, nous recyclons les déchets de ton quartier et nous créons des emplois”. Tout ceci donne la mesure de l'importance sociale de ce travail.

La campagne qui se déroule ne se limite pas seulement à décrire ce travail, mais commence aussi à décrire les caractéristiques et la réalité du terrain dans chaque pays  et le regard que l'on porte sur lui.

.Alvaro Alaniz (@alaniz_a) :

On peux voir, au Brésil, sur les cannettes de Coca Cola, la photo et l'histoire du leader des recycleurs de Rio ! (Tiao dans le film Waste Land). Intégration !

Exequiel Estay Tapia (@RECICLADORESYA) :

Les recycleurs chiliens se battent pour  que leur activité soit intégrée dans l'avant projet de loi sur les déchets. Intégration réelle ! Siiiiiiiiiiiii

Francisco Pollak (@panchopollak), parle également du Chili :

J'ai appris aujourd'hui trois histoires sur ceux que l'on appelle les cartoneros, transformés en recycleurs et entrepreneurs. Une seule matière première : la volonté !

PLACC (@cclimatico) : les recycleurs du Pérou s'organisent et créent des PME #cambioclimatico #Gestiónderesiduos.

CiViSOL (@civisol). En Colombie, un tribunal modifie la légalisation du service de nettoyage des rues de Bogota pour y intégrer les recycleurs, voici l'article : larepublica.co//archivos/ECON…

Des amis sur Facebook

Autre réseau où le réseau REDLACRE est présent : Facebook. Ce réseau social enregistre une forte activité des diverses coopératives de recycleurs du continent sud américain. L'écran des ordinateurs se substitue au traditionnel affichage mural ; c'est aujourd'hui une encyclopédie commune virtuelle, un laboratoire d'actions et d'initiatives. On peut y trouver des vidéos, des liens,  diverses information comme les horaires d'atelier de formation, les procédures pour l'obtention de subventions, les dates des formations et des informations utiles pour gérer une association.

Les photos murales de recycleurs de Inside Out Montevideo. Photo Jorge Meioni, utilisée avec permissionLes photos murales de recycleurs de Inside Out Montevideo. Photo Jorge Meioni, utilisée avec permission

Le site rassemble plus de 700 “amis” et permet de rejoindre d'autres groupes comme par exemple Cooperativa Reciclando Sueños de Montevideo Uruguay (Coopérative qui recycle les rêves de Montevideo en Uruguay)

Présent sur votre mur est par exemple l'initiative d'un groupe de recycleurs dont on voit apparaitre les visages sur des affiches immenses en plusieurs endroits de la ville de Montevideo, dans le cadre d'un projet international Inside Out financé par le Prix TED .

Les artistes qui ont réalisé ce travail, Magdalena Gurmendez et Agustin Fernandez, expliquent que les images sont une manière de rendre visible le travail essentiel que réalisent les recycleurs dans la ville.

Le tri  des déchets est un des premiers stades du recyclage. Il est réalisé en général dans les pires conditions de travail qui soient, en parcourant la ville avec des chariot pour fouiller dans les conteneurs. Le travail en coopérative rend possible une autre dynamique, le travail sous un toit, sur des déchets pré-triés.

Pour résumer, la lutte pour la reconnaissance sociale et professionnelle des recycleurs de rue trouve son expression dans les réseaux sociaux. De la tournée dans les rues jusqu'au réseaux sociaux, les travailleurs ont trouvé un nouvel espace d'expression  pour ne plus être invisibles, faire reconnaître leur travail comme une profession et le légaliser. Internet, qui permet par un clic de redécouvrir ce travail de l'ombre, est au service du recyclage, de l'environnement et génère de nouvelles économies.

Gerardo Espíndola Rojas est chef de projet chez Red Mi VOZ. Lire notre article sur notre partenariat avec Mi VOZ.

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