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Free Basics, le projet controversé de Facebook pour un accès gratuit limité à internet, est déjà présent dans 47 pays

Capture d'écran de la vidéo présentant Free Basics sur YouTube. Via internet.org

Capture d'écran de la vidéo présentant Free Basics sur YouTube. Via internet.org

Partant du principe que la majorité de la population mondiale vit dans des zones couvertes par un réseau de téléphonie mobile, mais que ces services étaient coûteux pour un accès à internet, Facebook a lancé Free Basics, en s’associant à des opérateurs mobiles locaux dans le monde entier.

Le programme Free Basics a été lancé le 20 Août, 2013 sous le nom d'Internet.org. C'est le résultat d'une collaboration de Facebook et les entreprises opérant dans le domaine de la technologie mobile Samsung, Ericsson, MediaTek, Opera Software, Nokia et Qualcomm.  Ce projet permet de naviguer gratuitement avec une carte SIM de tout opérateur mobile qui y participe.

Thierry Barbaut analyse l'impact de cette application sur la vie des personnes à travers le monde en citant quelques exemples sur le site Afrique Technologie: 

Ce programme a un véritable impact sur les vies humaines en fournissant un accès gratuit à la santé, à l’éducation, et aux informations économiques. SmartBusiness, par exemple, est un site qui apprend aux gens à lancer et à gérer une entreprise, avec désormais 5 services de recherche de plus par jour depuis son lancement en Afrique du Sud au mois de juillet, ce qui signifie qu’un plus grand nombre peut accéder aux informations économiques importantes.

BabyCenter et MAMA atteignent des millions de personnes dans le monde en proposant des informations de santé primordiales pour la grossesse et l’art d’être parent et, rien qu’à travers les services Free Basics Internet.org, 3,4 millions de personnes sont informées. «Dès que les gens sont connectés, ils peuvent réaliser des choses extraordinaires aussi bien en tant que communauté qu’individus. La connectivité offre des opportunités aux peuples du monde entier, notamment, en Afrique où nous avons commencé ce voyage, » déclare Ime Archibong, directeur des partenariats stratégiques au sein de Facebook.

Depuis Bukavu, la ville où il étudie, à l’est de la république démocratique du Congo, le blogueur Olivier Ntanama, qui utilise le pseudonyme Smach, fondateur du blog Tech in Congo, a recensé lesTop 80 sites web gratuits avec Free Basics de Facebook

L'application Free Basic ne se limite pas aux utilisateurs des réseaux sociaux ordinaires. Elle s'adresse aussi aux développeurs. En effet, lors de la Conférence F8, Facebook a annoncé:

Aujourd’hui, lors de la conférence F8, nous allons annoncer deux nouveaux outils destinés aux développeurs Free Basics. Nous avons lancé la plate-forme Free Basics en septembre pour tous les développeurs dont le service répond aux critères techniques et aux critères de participation de base. À l’heure actuelle, plus de 500 services sont proposés dans le monde. Les développeurs qui intègrent la plate-forme Free Basics jouent un rôle fondamental dans l’élaboration des expériences offertes aux personnes lorsqu’elles accèdent à Internet par le biais de Free Basics.

Dans un billet paru en juin sur blastingnews.com intitulé “Free Basics à Madagascar: l’internet gratuit de Facebook à quel prix ?” la blogueuse,  a analysé les avantages de l'application dans son pays, à l'occasion de la visite d'une mission de Facebook à Madagascar pour la présentation du projet, a écrit:

En mai 2015, Free Basics était déjà accessible dans 47 pays d'Afrique, d'Asie-Pacifique et d'Amérique latine. En Afrique, des opérateurs de téléphonie mobile de 22 pays offriraient ce service, dont entre autres en Afrique du sud, au Nigeria, au Kenya, au Ghana, au Sénégal, en Zambie, au Rwanda et la Guinée.

Selon un sondage effectué par Facebook, au total 79 632 utilisateurs ont exprimé leur jugement après utilisation. Sur une échelle allant de 1 à cinq, 47 951 avaient donné le maximum de la note, soit près de 70 pour cent, 11 757 ont jugé qu'il méritait 4, soit environ 15 pour cent, pour 7 410 utilisateurs lui ont attribué 3, soit un peu moins de 10 pour cent. Ce qui porte le total des utilisateurs qui ont une opinion positive à 95 pour cent.

D'autre part, le site info.internet.org informe que des résultats d'un sondage effectué en Inde:

Lors d’un sondage réalisé auprès de plus de 3 000 personnes en Inde, 86 % des participants ont soutenu Free Basics après avoir pris connaissance des avantages et des inconvénients du service.

En outre, plus de 80 % des participants sont favorables à l’idée d’un « accès gratuit à un ensemble de sites web utiles sur Internet”.

D'après The Guardian, Facebook est en pourparlers depuis des mois avec des responsables gouvernementaux américains et des opérateurs de téléphonie mobile pour élaborer une version américaine de Free Basics. Cette version adaptée au public américain ciblerait les classes à faible revenu et les zones rurales qui ne peuvent pas se permettre l'accès à Internet haut débit fixe ou sur les smartphones.

Malgré l'appréciation de tant d'utilisateurs et l'offre gratuite de ces services, il y a de la résistance, qui a abouti à la suspension de Free Basics en Inde et en Égypte.

Depuis mai 2015, des ONG de défense des droits numériques font circuler une lettre adressée à Mark Zuckerberg, dans laquelle  ils dénoncent le programme sous prétexte de menaces pour la neutralité d'Internet et des atteintes à la vie privée et à la sécurité des internautes. Ils lui attribuent l'intention de construire un clos numérique dans lequel enfermer les gens les plus pauvres du monde, en leur servant un ensemble limité de sites et services sans sécurité. Cette pétition a recueilli plusieurs milliers de signatures du monde entier.

Parmi les associations qui sont à l'origine de cette pétition, il y a quelques unes basées en Afrique: Paradigm Initiative Nigeria, RIght 2 Know Campaign – Afrique du sud Africa, Unwanted Witness (Ouganda), Zimbabwe Human Rights NGO Forum – Zimbabwe, Centre Africain D'Echange Culturel (CAFEC) R. D. Congo, i freedom Uganda, KICTANet (Kenya) Just Associates Southern Africa – Africa.

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